L'ESSENTIEL

Le 12 novembre 2025, la Commission européenne a présenté, conjointement avec la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, une communication intitulée « bouclier européen de la démocratie ». Cette initiative entend apporter une réponse européenne coordonnée aux défis croissants que soulèvent la désinformation et les autres tentatives de manipulations de l'information, notamment en ligne.

L'espace public informationnel est aujourd'hui en effet articulé autour de l'activité de quelques très grandes plateformes numériques, dont les modèles économiques et les algorithmes, opaques, conduisent à brouiller la frontière entre vraie et fausse information.

Dans cet écosystème complexe, des puissances étrangères ou des entités privées malveillantes instrumentalisent les outils numériques pour conduire des activités d'ingérence. Or les ingérences numériques étrangères (INE) vont croissant ; elles s'inscrivent de plus en plus dans des stratégiques hybrides, numériques, mêlant parfois d'autres leviers d'attaque ciblant les infrastructures critiques tels les câbles sous-marins, les ports, les aéroports ou encore les réseaux énergétiques. Ces stratégies hybrides exploitent largement les vulnérabilités numériques : utilisation de l'intelligence artificielle -IA- (hypertrucages ou deepfakes, contenus synthétiques, etc.), de comptes fictifs ou inauthentiques sur les réseaux sociaux et effet d'amplification algorithmique de contenus polarisants.

Les ingérences numériques étrangères ciblent surtout de manière accrue les processus électoraux, aux fins de déstabilisation des institutions démocratiques. Outre les exemples européens récents fortement médiatisés, telles les ingérences russes à l'occasion de l'élection présidentielle en Roumanie en 2024, la menace apparaît d'ores et déjà matérialisée en France, comme le démontre un récent rapport du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (VIGINUM).

Dès lors, le bouclier européen de la démocratie apparaît comme une réponse bienvenue pour lutter contre les manipulations de l'information et les ingérences étrangères (FIMI) mais la solidité de ce bouclier résiste mal à l'analyse. La commission des affaires européennes formule donc plusieurs recommandations pour le renforcer.

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