CONCLUSION

Des contraintes particulières justifient un traitement spécifique : pour votre rapporteur, la prise en compte des données propres à la situation des zones périurbaines constitue le point de départ obligé d'une réflexion sur le rôle et les missions de la gendarmerie dans les banlieues. Elle justifie une action prioritaire dont le contenu se décline en trois volets :

- un renforcement des effectifs ;

- une organisation plus efficace des structures ;

- une amélioration des conditions de vie et de travail pour les gendarmes affectés dans les zones périurbaines.

La gendarmerie a pris la mesure des adaptations nécessaires. Il faut citer de nouveau le travail exemplaire de la commission nationale de réflexion de la gendarmerie dans les zones périurbaines.

Une grande partie de ses propositions a été reprise par la direction générale ou, du moins, fera l'objet d'une réflexion approfondie. Parmi les mesures les plus significatives, il convient de citer ainsi les directives relatives à une plus grande spécialisation au sein des brigades, les incitations apportées aux services dans les zones périurbaines, l'effort dévolu à la formation ou encore la sécurisation des informations. En outre, plusieurs des adaptations nécessaires s'inscrivent désormais dans le cadre des priorités fixées par le plan d'action « gendarmerie 2002 » qu'il s'agisse des redéploiements, du renforcement de la prévention de la délinquance juvénile ou enfin des opérations de rénovation des locaux d'accueil. En outre, la politique de la sécurité dans les zones périurbaines constituera l'une des dimensions de cette capacité d'anticipation sur le long terme dont la gendarmerie souhaite se doter à travers la création d'une structure permanente de réflexion.

Cette politique volontariste ne risque-t-elle pas cependant de se heurter, à terme, à l'absence de moyens financiers ? Certes, une partie des changements nécessaires repose sur une organisation plus efficace des services à coût constant. Cependant les besoins en matériel, en infrastructures, ne pourront être satisfaits sans financement supplémentaire.

Compte tenu du rôle joué par la gendarmerie dans les banlieues, l'arme devrait bénéficier de la priorité budgétaire accordée à la politique de la ville, même si l'étroitesse des marges de manoeuvre budgétaires n'ouvre guère des perspectives très prometteuses.

L'efficacité de la gendarmerie se jugera de plus en plus à l'aune de son action dans les zones périurbaines ; par ailleurs, une sécurité alliant proximité et prévention décidera de la qualité de vie dans des zones destinées à connaître une croissance démographique importante au cours des prochaines années. Ce double enjeu doit aujourd'hui nous conduire à faire prévaloir l'intérêt général sur la résistance au changement et le souci de maintenir les situations acquises.

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