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2. Les radiocommunications terrestres

Comme s'en était inquiété, en 1992, le rapport rédigé, pour le compte de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, par le Sénateur Loridant, ces projets ont été accueillis avec scepticisme par l'Europe, qui a accumulé un certain retard, à tous points de vue, dans ce domaine (initiatives tardives, absence de lanceurs adaptés, retard dans l'étude des technologies de commutation à bord...).

Le projet national de satellite expérimental de télécommunications Stentor, décidé conformément aux recommandations de l'office, tente de remédier à cette situation, de même que le programme Skybridge d'Alcatel dont il faut espérer que les options raisonnables (appel à des technologies éprouvées, coût modéré...) seront couronnées de succès.

Les exemples des tubes à onde progressive de TDF1 et TDF2 ou des déconvenues du trop ambitieux programme de satellite météorologique américain GoesNext, montrent en effet que l'excès d'audace ne paie pas toujours en matière spatiale.

Mais, à condition de les maîtriser, les techniques d'interconnexion de satellites présentent de nombreux avantages (économies sur le coût des stations au sol, possibilités de communications directes entre les mobiles, sans passer par les infrastructures terrestres).

Les ambitions de Teledesic (37(*)), véritable Internet dans le ciel, ayant été réduites (de 840 à 240 satellites), c'est le programme Celestri, le plus cher (13 milliards de dollars), qui apparaît désormais comme le plus hardi (les utilisateurs, individus, PME et grandes entreprises, pourront recevoir et envoyer des informations allant du transfert de données multimédia à la vidéo en temps réel, en passant par la voix à des vitesses très élevées).

Motorola estime que le déploiement d'un réseau équivalent sur terre serait revenu à au moins 1.000 milliards de dollars.

Des solutions sans fil très attractives sont également proposées au sol : elles présentent le triple avantage :

Ø d'autoriser, pour certaines d'entre elles, de hauts débits ;

Ø de permettre de contourner "la boucle locale" qui constitue le bastion des opérateurs historiques ;

Ø enfin, d'économiser, par rapport aux systèmes entièrement filaires, les coûts de travaux de génie civil (en partie seulement, cependant, notamment dans le cas de la téléphonie cellulaire et sans fil, où le raccordement à des infrastructures fixes est inévitable pour assurer la fonction de commutation).
Les propositions se multiplient :

Aux Etats-Unis, une variante évaluée du MMDS (Microwave Multimedia Distribution System, offre un assortiment de services multimédia véritablement interactifs (accès à Internet, vidéoconférence,...).

Ce nouveau système, dénommé LMDS (Local Multipoint Distribution Service) est actuellement testé, selon Business Week, par CellularVision, auprès de 12 500 personnes, à Brooklyn.

Outre l'interactivité et la variété de l'offre de services, susmentionnés, les atouts en sont nombreux :
n fortes capacités (jusqu'à 200 chaînes vidéo) comparables à celles de la fibre optique, autorisant des débits d'accès à Internet (54 Mbits/s) plus élevés que ceux du câble ;

n utilisation d'une gamme d'hyperfréquences (dans les 28 gigahertz) offrant de vastes disponibilités, sans interférences (contrairement au MMDS dont la transmission des signaux, aux Etats-Unis, peut être gênée par celle du téléphone mobile) ;

n rapidité et faible coût de déploiement ;

n possibilité, en milieu urbain, d'atteindre, grâce à des répéteurs, des points inaccessibles à la télédiffusion directe par satellite.
De tels dispositifs de régénération du signal devraient cependant être multipliés car celui-ci, et c'est apparemment le seul point faible du système, a tendance à s'affaiblir ou à s'évanouir par mauvais temps. Mais la qualité de l'image est, dans des conditions normales, meilleure que celle procurée par le câble coaxial.

Le LMDS et le MMDS constituent ainsi des solutions séduisantes de diffusion ou d'échanges sans fils de données diversifiées (Télévision, Internet, sans oublier le téléphone,...) à haut débit et dans des fréquences particulièrement élevées.

Dans des gammes de fréquences moins hautes et pour des exigences de débits moins fortes, et des applications plus interactives, de nombreuses propositions nouvelles sont également avancées, s'agissant de technologies cellulaires (mobiles) ou sans fil (entre points fixes).

Les unes comme les autres ont en effet souvent été initialement conçues sans tenir compte du phénomène Internet, ni de l'augmentation des besoins en débit liée à l'essor du trafic de données (visiophonie sur micro-ordinateurs, etc.).

Les technologies cellulaires actuellement disponibles offrent en outre une qualité de voix insuffisante tandis que les autres technologies sans fils, mieux adaptées aux milieux plus denses, conviennent moins bien aux appareils mobiles.

Mais les solutions nouvelles préconisées n'ont pour la plupart été ni normalisées ni éprouvées.

A cet égard, dans le domaine du cellulaire, les premières expérimentations de réseaux utilisant le CDMA (38(*)) semblent prometteuses mais leur fiabilité reste à démontrer.

Le CDMA est censé présenter un meilleur potentiel d'évolution vers de plus hauts débits mais d'autres suggestions n'en sont pas moins avancées (39(*)).

Concernant les systèmes sans fil, les européens ont conçu une nouvelle norme numérique dite "DECT" (Digital European Cordless Telephone).

Malgré de nombreuses incertitudes techniques (quant au caractère opérable des solutions proposées), juridiques (disponibilité des fréquences) et commerciales (détermination des besoins et de l'offre de services), la boucle locale radio représente, pour les nouveaux entrants, un moyen privilégié de participer à la concurrence sur le marché des télécommunications.

Certes, la connexion des concurrents aux réseaux locaux des opérateurs historiques constitue, partout, une obligation de principe mais des problèmes peuvent surgir dans la pratique (délais d'élaboration des réglementations, mauvaise volonté des anciens monopoles, tarifs d'interconnexion incluant, comme en France, une participation au financement de la recherche ou du service public universel...).

C'est pourquoi aux Etats-Unis, ATT, après avoir acheté aux enchères des fréquences lui permettant de couvrir 93 % de la population, a élaboré le projet DINO tendant à développer une technologie radio capable d'offrir aux abonnés résidentiels un accès à la téléphonie fixe et à des services de transmission de données.

Un transmetteur radio sert de relais vis-à-vis d'une vingtaine de maisons pourvues chacune d'un boîtier de réception de la taille d'un emballage de pizza. Chaque abonné peut brancher son téléphone ou son ordinateur sur une prise raccordée à ce boîtier.

Un autre opérateur américain de téléphone sur longue distance, Sprint, a également conçu son propre système numérique sans fil (PCS : Personal Communications Service), qu'il comptait utiliser en combinaison avec les réseaux de trois câblo-opérateurs auxquels il s'était associé (TCI, Cox et Comcast). Mais il s'est heurté à un certain nombre de problèmes techniques (défauts logiciels notamment) et à une forte compétition, qui l'ont amené à rabaisser ses ambitions (il envisage de couvrir 9 cités sur les 15 à 20 initialement prévues).

Le dimensionnement de réseau sans fils est moins difficile que celui d'infrastructures cellulaires mais les problèmes d'ingénierie, les difficultés techniques (interférences,...) et les coûts correspondants ne doivent pas être sous estimés.

Les investissements annuels sont considérables et les dépenses de recherche et développement représentent de 15 à 20 % du chiffre d'affaires, la rentabilité, par rapport aux solutions filaires, dépend de la densité d'abonnés et les parts de marché occupées ont une importance décisive.

Enfin, la radio numérique ambitionne de devenir la composante hertzienne des autoroutes de l'information. La norme DAB (Digital Audio Broadcasting), adoptée par l'Europe, permet de diffuser, en même temps que le son, des données associées.

Europe 1 expérimente par exemple la diffusion d'informations visuelles pendant les matches de football (photos des joueurs, affichage des résultats,...). Mais les applications les plus hardies nécessiteraient des écrans plats en couleur, d'une dimension suffisante (10 centimètres carrés environ), dont le coût demeure actuellement prohibitif. Les modèles les plus sophistiqués ne permettent, pour le moment, que la présentation de graphiques (cartes de trafic routier,...) ou de messages (limités à 5 lignes de 20 caractères).

Mais il s'agit surtout de diffusion, sans véritable interactivité. Cette dernière est procurée, sur Internet, par de nouveaux instruments de plus en plus variés et sophistiqués : navigateurs, moteurs de recherche (Yahoo, Altavista, Hotbot, Lykos et, bientôt, Yukan de Microsoft) et agents intelligents.

Ainsi, l'ouverture à la concurrence des télécommunications, l'augmentation des débits liée au multimédia, les succès prodigieux d'Internet et du téléphone mobile constituent autant de facteurs d'accélération de la diversification des offres de technologie, avec, semble-t-il, actuellement, une prime aux solutions sans fils.

Mais la recherche de gains de performances n'en est pas pour autant négligée.

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