La commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport a engagé une mission d'information sur l'enseignement français à l'étranger, dont les rapporteurs sont Yan Chantrel, Claude Kern, Georges Naturel, Mathilde Ollivier.
La mission a rendu ses conclusions mercredi 1er juillet 2026.
Pourquoi ce contrôle ?
L’enseignement français à l’étranger poursuit un double objectif :
assurer en faveur des enfants de nationalité française résidant à l’étranger les missions de service public relatives à l’éducation
contribuer au rayonnement de la langue et de la culture française, notamment à travers l’accueil d’élèves étrangers ainsi que par le renforcement des coopérations entre le système éducatif français et ceux d’autres pays.
Dans son discours prononcé le 20 mars 2018 à l’Institut français, le Président de la République a fixé des objectifs ambitieux de développement de cet enseignement : doublement des élèves accueillis au sein du réseau français entre 2018 et 2025 et développement du label France éducation, pour fédérer le réseau des sections bilingues francophones afin de porter leur nombre à 500 en 2022 (on en dénombrait 209 en 2018). Afin de mettre en œuvre ces annonces, le ministère des affaires étrangères et européennes a lancé quelques mois plus tard la politique « Cap 2030 ».
Huit ans après le lancement de cette politique publique et au moment où le réseau des établissements français à l’étranger est secoué par une crise systémique, cette mission d’information vise à :
- dresser un bilan de « Cap 2030 »;
- analyser l’équilibre entre l’objectif d’un service public d’enseignement pour les Français résidant à l’étranger et une politique publique de rayonnement culturel;
- réfléchir à l’avenir de l’enseignement français à l’étranger.
Quels constats et recommandations ?
En extension constante depuis 2018, le réseau connait pourtant une grande vulnérabilité, en raison des carences structurelles de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) : les évolutions attendues n’ont pas été engagées.
Au contraire, la politique publique Cap 2030 annoncée par le Président de la République en 2018, prévoyant un doublement du nombre d’élèves scolarisés dans le réseau en sept ans, a relégué ces changements nécessaires au second plan. En outre, le développement très voire trop rapide du réseau interroge sur les capacités de l’AEFE à garantir le maintien de l’excellence pédagogique et la spécificité française du réseau qui font son attractivité.
La situation de l’AEFE est devenue explosive à l’automne dernier obligeant son conseil d’administration à voter dans l’urgence une nouvelle contribution demandée aux établissements conduisant à des augmentations significatives de frais de scolarité pour de nombreuses familles.
Malgré ses faiblesses, l’enseignement français à l’étranger dispose d’atouts qu’il convient de consolider à travers 7 axes d’actions :
- Clarifier les ambitions de l’enseignement français à l’étranger
- Assurer la pérennité financière de l’AEFE et revoir sa gouvernance
- Permettre une meilleure gestion des personnels
- Garantir un enseignement de qualité et attractif
- S’adresser à l’ensemble des familles françaises
- Accompagner les élèves issus du réseau dans la poursuite de leurs études supérieures en France
- Accroitre le rayonnement de l’enseignement français à l’étranger