La commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport a décidé de conduire une mission d'information sur la gestion des monuments historiques.
Ses rapporteures Nathalie Delattre (Rassemblement Démocratique et Social Européen), Else Joseph (Les Républicains) et Paulette Matray (Socialiste, Écologiste et Républicain) travailleront au cours du premier semestre 2026 à dresser un état des lieux et à identifier des pistes d'amélioration du cadre actuel de la gestion des immeubles inscrits et classés par leurs propriétaires publics et privés.
Pourquoi ce contrôle ?
Alors que, selon le dernier bilan sanitaire établi par le ministère de Culture, près d'un quart des monuments historiques français sont en mauvais état ou en péril, leur préservation se heurte à des obstacles croissants sur l'ensemble du territoire. Les collectivités territoriales, premières propriétaires publiques de monuments historiques (dont la moitié sont situés dans des communes de moins de 2000 habitants), ne disposent pas toujours de l'ingénierie nécessaire à leur conservation, sans que le relais soit suffisamment assuré par les services déconcentrés de l'Etat. L'indispensable entretien courant des édifices, de même que la modification de leur usage, sont insuffisamment ancrés dans les pratiques. L'adaptation des édifices à l'évolution climatique ainsi qu'aux enjeux de sécurité et de sûreté font enfin l'objet d'une prise de conscience très progressive.
Sur le plan financier, un effort d'investissement colossal sera nécessaire au cours des prochaines années pour assurer la préservation de nombreux édifices, parmi lesquels de nombreux monuments emblématiques. Dans le contexte budgétaire contraint, cet effort ne pourra être intégralement soutenu par la puissance publique, alors que les montants alloués aux monuments historiques par le programme 175 du budget de l’État connaîtront une baisse importante à partir de 2026. Si l'essor du financement participatif a permis de mettre en lumière la question patrimoniale auprès de nos concitoyens, il ne suffira pas à couvrir l'intégralité des besoins ; et si de nombreux outils financiers ont été développés au cours des dernières années, il peut être malaisé pour les petites collectivités comme pour les propriétaires privés d'identifier les aides disponibles. Enfin, de nombreux propriétaires privés peinent à développer un modèle économique permettant de financer les travaux indispensables à la préservation des monuments.
Face à ces difficultés, plusieurs pistes ont récemment émergé dans les pratiques et le débat public. L'idée d'une transposition en France du National Trust britannique, souhaitée par l'ancienne ministre de la culture Rachida Dati, n'a cependant pas été envisagée au-delà d'un rapport de préfiguration non rendu public à ce jour. Le développement des recettes de billetterie ne concerne pas les édifices religieux, et notamment la cathédrale Notre-Dame de Paris. Si de nombreuses collectivités ont mis en place avec succès des délégation de gestion permettant de développer la fréquentation de leurs monuments, et de dégager ainsi de nouvelles ressources, cette mise en tourisme doit être organisée selon un cadre respectueux de l'intégrité des monuments.
L'ensemble de ces éléments seront étudiés par la mission d'information, qui émettra des recommandations visant à permettre aux différents gestionnaires de monuments historiques de disposer d'outils adéquats pour assurer leur mise en valeur et leur préservation.