La commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées a lancé une mission d’information sur la reconstruction de la Syrie après la chute de Bachar el-Assad. Dans ce cadre, une délégation conduite par M. Olivier Cigolotti (UC – Haute-Loire) et composée de M. Étienne Blanc (Les Républicains – Rhône), Mme Nicole Duranton (RDPI-Eure) et Mme Michelle Gréaume (CRCE-K – Nord) se rendra en Syrie au début du mois de septembre 2026. 

Pourquoi ce contrôle

La Syrie de Bachar el-Assad était le seul État à faire partie de « l’axe de la résistance » qui constituait une forme de défense avancée pour l’Iran face à Israël, incluant une partie des milices irakiennes, le Hezbollah au Liban, le Hamas et le Djihad islamique dans les territoires palestiniens, les Houthis au Yémen. Son effondrement militaire en 2024, rendu possible par l’affaiblissement de son principal soutien, le Hezbollah, a entièrement rebattu les cartes. L’État paria solidement arrimé à l’Iran a été mis à bas par un mouvement islamiste dirigé par un ancien djihadiste, Ahmad al-Sharaa. Celui-ci a, dès ses premiers pas, mené une politique résolue d’intégration régionale et internationale. Extrêmement prudent vis-à-vis d’Israël, considéré avec bienveillance par les puissances occidentales – en particulier par la France, Emmanuel Macron ayant reçu Ahmad al-Sharaa à l’Élysée dès mai 2025 – le nouveau régime est soutenu par les principales puissances de la région (Turquie, État du Golfe).

Aspirant à s’insérer à l’avenir dans un ordre régional apaisé, en paix avec ses voisins, ce pouvoir est cependant confronté à la réalité d’un pays et d’une société dévastés par dix ans de guerre civile, où les haines confessionnelles et ethniques restent vivaces.

Le régime lui-même n’est pas exempt de contradictions. Ses apparences - déclaration constitutionnelle et institutions partiellement démocratiques – recouvrent la réalité d’un pouvoir concentré dans les mains d’Ahmad al-Sharaa et de ses proches. Le régime tient un discours d’apaisement et d’unité nationale qui n’a pas empêché le massacre de plus d’un millier d’alaouites en mars 2025, puis de druzes en juillet. Il a officiellement renoncé au djihadisme mais compte dans ses troupes des éléments extrémistes qui se rendent coupables de nombreuses exactions. Enfin, la question du Nord-Est syrien, gouverné par les Kurdes, reste ouverte malgré un accord de cessez-le-feu signé le 30 janvier 2026, et le discours d’inclusion tenu par le régime, incluant certains gages vis-à-vis des institutions et de la culture kurde, sera mis à l’épreuve des faits. Enfin, l’avenir de la communauté chrétienne, frappée par un exode massif, est en question.

La Syrie se trouve aujourd’hui à un carrefour ; cette mission s’attellera, à travers un ensemble d’auditions et d’entretiens sur place, à dessiner des pistes pour l’avenir de ce pays et de la relation franco-syrienne.

Auditions

Mardi 17 février 2026 : 

  • M. Jean-Francois Guillaume, envoyé spécial du Président de la République pour la Syrie et Mme Zélie Ducret, rédactrice Syrie à la sous-direction Egypte/Levant du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (ANMO/EL).

Mardi 24 février 2026 : 

  • M. Patrick Haenni, chercheur spécialiste de la Syrie.

Mardi 10 mars 2026 :

  • Mme Stéphanie Labarthe, sous-directrice des relations et partenariats économiques (REP) au Services des affaires bilatérales, de l’internationalisation des entreprises et de l’attractivité (SABINE) et M. Florian Jarry, adjoint au chef du bureau REP 1 au SABINE, à la DG Trésor.

  • M. Wassim Nasr, journaliste chez France 24.

Mardi 17 mars 2026 :

  • M. Thomas Pierret, chercheur spécialiste de la Syrie à l’Université d’Aix-en-Provence.
  • M. Cyrille Bellier, directeur du département Orients de l'Agence française de développement (AFD), M. Xavier Cousquer, directeur du département « Paix Stabilité Sécurité » de l’AFD, Mme Marie Osmont, responsable adjointe du pôle stabilisation et résilience et Mme Véronique Vouland-Aneini, directrice du département des géographies de l’AFD.

Mardi 24 mars 2026 :

  • Colonel Cyrille Crisnaire, adjoint au chef de département ANMO de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS).

Jeudi 7 mai 2026 :

  • M. Boris James, maître de Conférence en histoire à l'Université de Montpellier Paul-Valéry - rédacteur en chef du projet « Le lexique vivant de la révolution en Syrie » ;
  • Monseigneur Hugues de Woillemont, directeur, MM. Vincent Cayol, directeur des opérations et Vincent Gelot, directeur pays Liban/Syrie (Œuvre d’Orient).

Audition à venir

Jeudi 25 juin 2026 :

  • M. Firas Kontar, essayiste et militant des droits de l'homme