Mardi 19 mai 2026, l’Assemblée nationale a transmis au Sénat le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense.

Ce texte a été examiné par la commission des affaires étrangères et de la défense le mercredi 27 mai, puis le sera en séance publique du mardi 2 au jeudi 4 juin 2026

Les explications de vote des groupes politiques et le scrutin public solennel sur l’ensemble du texte auront lieu le mardi 9 juin à 14h30.

Pourquoi ce texte ?

La loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030, promulguée le 1er août 2023, prévoyait son actualisation avant la fin de l’année 2027. Cette actualisation fait suite à celle de la Revue nationale stratégique (RNS), publiée le 14 juillet 2025. 

Le rapport annexé au projet de loi fixe les orientations de la politique de défense dans l’hexagone et en outre‑mer pour les quatre prochaines années (de 2026 à 2030). Il actualise les orientations en matière d’équipement des armées à l’horizon 2030 et 2035, avec pour objectif de porter l’effort national de défense à 2,5 % minimum du produit intérieur brut en 2030, et d’atteindre 3,5 % à l’horizon 2035.

Afin d’accélérer l’effort de réarmement dans un contexte de multiplication des conflits armés, le projet de loi prévoit 36 milliards d’euros de ressources supplémentaires réparties sur la période 2026‑2030, pour s’élever à un total de 436 milliards d’euros courants de crédits budgétaires pour la mission "défense" sur la période 2024‑2030

Il actualise également la trajectoire permettant de faire passer les effectifs du ministère de la défense à 275 000 équivalents temps plein en 2030.

Au-delà de ces aspects financiers et humains, le projet de loi tel que transmis par l’Assemblée nationale comprend également des dispositions normatives dans différents domaines de la politique de défense nationale. Il crée un régime d’état d’alerte de sécurité nationale, il instaure une réserve sanitaire mobilisable en cas de catastrophe ou de menace sanitaire grave, il prévoit la désignation d’un correspondant défense parmi les conseillers municipaux et met en place un nouveau service national pour les Français volontaires de 18 à 25 ans, avec un objectif de 10 000 appelés en 2030.

Les apports du Sénat

La commission des affaires étrangères et de la défense a considéré que le risque d’un choc avec la Russie avant 2030 et la trajectoire dans laquelle la France s'est engagée, à savoir atteindre 3,5 % du PIB de dépenses de Défense en 2035, nécessitaient plus d'investissements. 

Elle a ainsi proposé d’ajouter 14 milliards d’euros de crédits supplémentaires sur la période 2027-2030, pour porter à 450 milliards d’euros les crédits budgétaires de la LPM 2024-2030 et à 83,9 milliards d’euros les dépenses de Défense, soit 2,7 % du PIB en 2030.

La commission a également décidé de renforcer plusieurs segments capacitaires, en lançant dès 2026 des études pour le développement d’un char succédant au char Leclerc, en affectant 20 Rafale supplémentaires à l’Armée de l’Air et 10 autres à la Marine nationale d’ici 2035 et en prévoyant l’acquisition de 3 frégates supplémentaires d’ici 2035.

Enfin, elle a prévu la création d’un catalogue national des drones et des dispositifs de lutte anti-drones de confiance, afin d’en faciliter l’acquisition.

Revoir la conférence de presse et la séance publique