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COURRIERE Antoine

Ancien sénateur de l'Aude

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 23 septembre 1962
  • Réélu le 26 septembre 1971
  • Fin de mandat le 20 septembre 1974 (décédé)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation
  • Membre du Groupe Socialiste

Travaux parlementaires

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

COURRIÈRE (Antoine)

Né le 23 janvier 1909 à Cuxac-Cabardès (Aude)

Décédé le 20 septembre 1974 à Toulouse (Haute-Garonne)

Conseiller de la République, puis Sénateur de l'Aude de 1946 à 1958

Fils d'un couple d'instituteurs, Antoine Courrière fait ses études secondaires au lycée de Carcassonne, puis s'inscrit à la faculté de droit de Toulouse. C'est là qu'il fait ses premières armes politiques, avec son adhésion aux jeunesses socialistes. Militant actif, il se présente aux législatives de 1936 à Castelnaudary, où il recueille au premier tour 4 435 voix sur 14 508 suffrages exprimés contre 6 749 au radical-socialiste sortant, Mistler, qui est réélu au second tour, auquel Antoine Courrière ne participe pas.

Puis, il est élu conseiller général du canton de Mas-Cabardès dès 1937 ; c'est le début d'une longue carrière élective, qu'il mène de front avec sa profession de notaire.

Mobilisé au 116e régiment d'artillerie lorsque la guerre éclate, il combat sur la ligne Maginot, et tombe aux mains de l'ennemi le 22 juin 1940. Il est alors interné en Allemagne jusqu'en 1942.

A la Libération, il reprend le combat politique, avec, d'abord, son élection au conseil municipal de Cuxac - dont il sera maire de 1953 à sa mort -, puis sa réélection au conseil général, dont il préside la commission des finances.

Candidat aux deux Constituantes dans l'Aude, sur la liste SFIO, respectivement en troisième puis deuxième position, puis aux législatives du 10 novembre 1946, en troisième position, il est élu au Conseil de la République le 8 décembre 1946 : avec 221 voix sur 617 suffrages exprimés, il remporte le siège attribué sur le plan départemental.

Il est réélu au premier tour, le 7 novembre 1948, en tête de la liste SFIO qui remporte les deux sièges à pourvoir ; il recueille alors 481 voix sur 829 suffrages exprimés. Membre du groupe socialiste, qu'il présidera de 1957 à sa mort, il siège tout au long de son mandat à la Commission des finances, et également à celles de la justice, de la défense nationale, puis de la presse.

La diversité de ses intérêts le porte à participer à tous les grands débats qui marquent l'activité du Conseil de la République, avec une assiduité particulière en matière financière ; mais il intervient également avec constance dans les domaines économique, social et éducatif. Rapporteur des budgets de la marine marchande, il s'intéresse également de près aux divers aspects de la gestion des collectivités territoriales.

Son sens de l'initiative le poussent à déposer de nombreuses propositions de loi, et de multiples questions écrites et orales qui visent à un contrôle attentif de l'action des gouvernements successifs.

A ces diverses responsabilités locales s'ajoute le rôle actif qu'il joue au sein de la Fédération socialiste de l'Aude, et qui s'exprime notamment par ses éditoriaux dans le quotidien l'Indépendant.

Ce dévouement est récompensé par une notoriété sans égale dans le département, qui lui assure de faciles et constantes réélections dans ses différents mandats municipal, cantonal et sénatorial ; ainsi les élections du 19 juin 1955 au Conseil de la République lui permettent-elles d'améliorer encore son score : il est réélu au premier tour, en tête de la liste SFIO, par 561 voix sur 830 suffrages exprimés.

Lors des votes des 2 et 3 juin 1958, il se rallie aux positions de Guy Mollet, et s'exprime en faveur tant des pleins pouvoirs que de la révision constitutionnelle.

Il est réélu aux sénatoriales d'avril 1959.

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Ve République

COURRIERE (Antoine)

Né le 23 janvier 1909 à Cuxac-Cabardès (Aude)

Décédé le 20 septembre 1974 à Toulouse (Haute-Garonne)

Conseiller de la République, puis sénateur de l'Aude de 1946 à 1974

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome III, p. 216)

Maire de Cuxac-Cabardès et conseiller général du canton de Mas-Cabardès, Antoine Courrière est élu conseiller de la République à partir de 1946. Les 2 et 3 juin 1958, il vote en faveur des pleins pouvoirs et de la révision constitutionnelle. Personnalité influente et très respectée dans son département de l'Aude, il est facilement réélu aux élections sénatoriales d'avril 1959, ainsi qu'aux renouvellements de septembre 1962 et de septembre 1971, toujours désigné par les grands électeurs dès le premier tour.

Président du groupe socialiste sans interruption de 1957 jusqu'à sa mort en 1974, Antoine Courrière est un sénateur qui, par l'ampleur et l'importance de son travail, a marqué de son empreinte l'histoire de la Haute Assemblée dans les débuts de la Ve République.

Fort de son expérience accumulée sous la IVe République, le sénateur de l'Aude est un membre actif de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la nation. A de nombreuses reprises, il est choisi par les membres de cette commission comme rapporteur du budget de la marine ou encore des transports collectifs. A partir de 1960, il participe également aux travaux de la commission spéciale chargée de vérifier et d'apurer les comptes du Sénat, dont il devient le président en 1963. Spécialiste des questions financières, il interpelle très fréquemment le Gouvernement à l'occasion du vote de la loi de finances ou encore par le biais de questions écrites ou orales, afin que ce dernier se montre plus protecteur des populations les plus fragilisées sur le plan social et économique. Presque chaque année, il affirme la nécessité que les salaires et les revenus agricoles suivent l'augmentation du coût de la vie. Plus profondément, ce sont les choix budgétaires effectués par l'exécutif qu'il conteste, notamment en 1967 : « ou bien vous continuerez votre politique de prestige, vous continuerez la bombe atomique, (...) la politique de fausse grandeur (...) ou bien vous doterez nos écoles, nos routes, nos savants des crédits qui partent en fumée pour la seule satisfaction du président de la République » (séance du 25 avril 1967).

Très attaché au parlementarisme et au bicaméralisme, le sénateur de l'Aude s'efforce de défendre les prérogatives du Sénat. Dès le 30 juin 1959, il dénonce « l'interprétation de la Constitution » faite par le Gouvernement qui prive les parlementaires de certains « droits essentiels ». Souvent, lors des séances au Palais du Luxembourg, il déplore l'absence des ministres concernés par l'ordre du jour et surtout l'évolution du travail parlementaire qu'il estime de plus en plus précipité.

Elu membre du Sénat de la Communauté en 1959, Antoine Courrière s'intéresse tout particulièrement aux conséquences de la décolonisation. En juillet 1963, il dépose une proposition de loi portant amnistie de certaines infractions se rattachant directement ou indirectement aux événements d'Algérie. Après l'enlèvement de Medhi Ben Barka en plein Paris, il demande avec force des explications au Premier ministre sur ce « scandale qui a atteint la France dans son honneur et dans sa dignité » (1966). En décembre 1971, il dépose une proposition de résolution instituant une commission de contrôle parlementaire sur le fonctionnement du service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE).

Ses qualités d'orateur associées à ses compétences dans de nombreux domaines lui permettent d'intervenir en séance sur les thèmes les plus divers, avec une égale aisance. Ainsi, il participe à la discussion du projet de loi modifiant le statut des objecteurs de conscience afin de demander au Gouvernement de revenir à un texte plus libéral. Il s'exprime également à plusieurs reprises lors du débat concernant la réforme des régimes matrimoniaux pour demander, entre autres, que le garde des sceaux soit présent lors des débats. Il vote finalement le 11 mai 1965 en faveur du texte.

A l'occasion des autres grands scrutins publics marquant les temps forts des débuts de la Ve République, le sénateur Courrière vote pour la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie (1960), pour la loi relative à la régulation des naissances (1967), et pour celle fixant à 18 ans l'âge de la majorité (1974). A l'inverse, il vote contre le projet de loi portant création des régions (1972), et s'abstient lors du vote de la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat (1973).

Antoine Courrière s'efforce par ailleurs constamment de défendre les intérêts du département de l'Aude qu'il représente pour réclamer l'aide de l'Etat après les inondations de 1965 ou encore pour demander des aides de soutien à la production viticole.

Redoutable débatteur, le sénateur de l'Aude est aussi l'auteur de nombreux dépôts législatifs. Pour la seule année 1974, il présente trente propositions de loi.

En parallèle de son intense activité politique nationale, Antoine Courrière demeure très impliqué dans la vie politique et sociale de son département. Réélu constamment maire de sa commune natale, Cuxac-Cabardès, et conseiller général du canton de Mas-Cabardès, il préside le comité départemental d'expansion économique. Notaire de profession, il dirige la chambre des notaires de l'Aude et à deux reprises, de 1963 à 1966 et de 1968 à 1971, en est le président à l'échelle nationale. Enfin, il reste l'une des grandes plumes du journal régional L'indépendant, avec lequel il a commencé à collaborer comme éditorialiste à partir de 1967.

Alors qu'il vient d'intégrer le nouveau Conseil régional de Languedoc-Roussillon, Antoine Courrière décède le 20 septembre 1974 des suites d'une longue maladie. Son fils, Raymond Courrière, lui succède à la mairie de Cuxac-Cabardès et au Sénat.

Son éloge est prononcé lors de la séance du 8 octobre 1974 par André Méric, vice-président du Sénat.

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Photo de M. Antoine COURRIERE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 23 janvier 1909
Décédé le 20 septembre 1974
Profession
Notaire
Département
Aude