II. UNE COOPÉRATION FRANCO-ITALIENNE TRÈS DYNAMIQUE
Un accord de partenariat global et « sans limites » dans le nucléaire a été signé entre nos deux pays lors du sommet bilatéral de Rome le 24 février dernier .
Sur le plan bilatéral, l'accord de coopération nucléaire signé à Rome entre les chefs d'Etat des deux pays marque une étape « historique ». Le partenariat proposé par la France à l'Italie est global et « sans limites », comme l'a souligné le Président de la République : coopération entre électriciens et industriels, entre autorités de sûreté et entre organismes de recherche, couvrant toute la filière nucléaire, de la construction et exploitation des réacteurs, du cycle du combustible, de la gestion des déchets, jusqu'au démantèlement des centrales et la recherche sur le nucléaire de 4 ème génération.
Au plan industriel, dans la suite des accords conclus à Nice en novembre 2007, ENEL et EDF s'engagent à étudier la faisabilité du développement conjoint d'au moins quatre réacteurs de troisième génération EPR en Italie, en prévoyant également d'étendre la participation d'Enel à la construction du 2 ème EPR français à Penly.
Sur la base des accords industriels de 2007, Enel possède en fait déjà une participation industrielle à hauteur de 12,5 % dans le projet EPR de Flamanville, disposant également d'une option pour prendre part (toujours à hauteur de 12,5 %) aux cinq éventuels projets EPR qu'EDF réalisera en France d'ici 2023. De plus, Enel pourra bénéficier de la possibilité de détacher des ingénieurs auprès des équipes d'EDF sur le site de Flamanville (environ 100 ingénieurs d'Enel sont déjà sur place), pour retrouver ainsi des compétences dans le domaine du nucléaire.
Au-delà du nucléaire, les accords de 2007 ont prévu la possiblité pour Enel d'investir dans la construction de « centrales à cycle combiné gaz » (CCCG) pour le compte d'EDF ; l'offre d'Enel pour une participation de 40 % dans deux projets (Blénot et Martigues) est en cours d'analyse. En échange, EDF pourra accéder à des projets d'ENEL en centrales CCCG en Europe, notamment en Belgique, et des projets nucléaires en Slovaquie.
Une coopération industrielle bilatérale couvrant l'ensemble des domaines énergétiques (pétrole, gaz, électricité, nucléaire)
Total a investi plus de 1.300 millions d'euros dans le projet d'exploration-production pétrolière Tempa Rossa en Basilicate. La production devrait démarrer en 2012 (production visée de 50.000 barils/j et 350.000 m3/j de gaz), les premiers travaux ont démarré en juin 2008.
Gaz de France et Suez sont présents depuis plusieurs années en Italie dans différents domaines d'activités (énergie, environnement, services énergétiques aux entreprises) :
- le groupe Suez, grâce à la joint-venture stratégique entreprise en 2002 avec la régie municipale de Rome est devenu le deuxième acteur sur le marché régulé et le sixième sur le marché libre de la vente d'électricité (1,5 M de clients) et se situe au cinquième rang des producteurs électriques 4 ( * ) (3.535 MW). Suez est également le premier gestionnaire étranger dans le domaine de l'eau en Italie. Dans le cadre de la récente cession à Eni de l'opérateur belge Distrigaz, Suez a repris le réseau de distribution de gaz d'Eni pour la ville de Rome.
- Gaz de France, allié depuis 2006 avec Camfin (filiale de la branche énergie du groupe Pirelli), a pris en septembre 2007 le contrôle de la holding Energie Investimenti Spa. A la suite de la récente décision de Camfin d'excercer son option de vente de sa participation à Gdf-Suez, le groupe deviendra d'ici le mois de juin propriétaire de la totalité du capital d'Energie Investimenti.
Gdf-Suez vient de renforcer sa présence en réorganisant ses activités de distribution et de vente de gaz autour d'Italcogim Energie, qui regroupe ainsi aujourd'hui les huit sociétés de vente de gaz naturel de Gaz de France en Italie. Sa filiale Cofathec Servizi a signé un accord avec Edison Spa pour l'acquisition de sept centrales de cogénération. Le groupe français s'implique également dans le secteur du stockage et de la regazéification.
A la suite à la fusion des deux groupes le 22 juillet dernier, la réorganisation des activités italiennes de Suez et de Gaz de France (environ une trentaine de sociétés) se poursuit : elle donnera lieu à terme à la constitution d'un groupe intégré d'électricité et de gaz, couvrant la totalité de la filière énergétique italienne (approvisionnement de gaz, production d'électricité, distribution et vente de gaz et d'électricité, services énergétiques), avec l'ambition de devenir le quatrième opérateur énergétique du pays derrière Eni, Enel et Edison.
Le groupe EDF est actionnaire de référence d'Edison, qu'il contrôle avec une participation de 47 %, ce qui correspond à un investissement de plus de 7 milliards d'euros. Edison est le deuxième acteur du marché italien de l'électricité (17 % de part de marché) et le troisième acteur sur le marché du gaz (16 % de part de marché) loin derrière les opérateurs historiques nationaux Enel et Eni. Le groupe Edison est ainsi un acteur industriel important pour la diversification et la sécurité des approvisionnements italiens. Dans le secteur de l'électricité Edison se donne comme objectif d'atteindre 20 % de part du marché italien d'ici 2011. Dans le secteur du gaz, le groupe Edison participe à plusieurs projets d'infrastructures, comme le terminal méthanier de Rovigo qui sera opérationnel d'ici l'été, et aux projets de réalisation de deux nouveaux gazoducs, l'un situé à l'Est (entre Turquie, Grèce et Italie), et l'autre au Sud, le projet Galsi entre l'Algérie la Sardaigne et la Toscane avec une dérivation, actuellement à l'étude, vers la Corse.
Le groupe Areva exécute aujourd'hui un contrat de transport et retraitement des 235 tonnes de combustibles usés issus des trois centrales nucléaires italiennes, et a pour sa part finalisé avec Sogin, non sans quelques difficultés préalables, le contrat de gestion du plutonium italien de Superphénix (171 millions d'euros). Areva envisage actuellement de développer des contrats de taille plus petite (environ 100 millions d'euros) avec son partenaire italien.
* 4 En 2002, Electrabel et Acea en association avec Energia Italiana ont acquis Interpower (ensuite rebaptisé TirrenoPower), l'une des sociétés de production d'électricité cédées par Enel dans le cadre de la libéralisation du marché.