Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

Sommaire Suite

Groupe interparlementaire

France-Mongolie

 

Rencontre Mongolie

 

Actes du colloque

du 18 octobre 2002

Sous le haut patronage de :

 

Christian PONCELET, Président du Sénat

 

Jean-Daniel GARDÈRE, Directeur général du Centre français du commerce extérieur

 

et sous l'égide du Groupe interparlementaire France-Mongolie.

- SERVICE DES RELATIONS INTERNATIONALES DU SÉNAT -

Rencontre Mongolie

Ouverture

Patrice GÉLARD
Président du groupe interparlementaire France-Mongolie

Mesdames et Messieurs, je suis heureux de vous accueillir au Sénat pour parler des perspectives de coopération économique entre la France et la Mongolie.

 

J'ouvrirai cette séance de travail en vous donnant lecture du message de M. Christian Poncelet, président du Sénat :

 

« Monsieur le Président, Madame la représentante du Centre français du commerce extérieur, Monsieur l'Ambassadeur, chers collègues, Mesdames et Messieurs,

 

Le Sénat est particulièrement heureux ce matin d'accueillir le colloque économique sur la Mongolie, organisé sous l'égide du groupe parlementaire du Sénat, en partenariat avec nos amis du CFCE.

 

Nous avons organisé de nombreux colloques, mais jamais encore sur la Mongolie, si bien que cette rencontre est un peu une première.

 

Le groupe interparlementaire France-Mongolie en a évoqué la possibilité à maintes reprises depuis 1996, mais sans la ténacité et la convergence de son président, Monsieur Patrice Gélard, de notre ambassadeur, Monsieur Jacques-Olivier Manent, et de toute l'équipe du directeur général du CFCE, Monsieur Jean-Daniel Gardère, ce projet n'aurait jamais pu se concrétiser.

 

C'est aujourd'hui chose faite, et je tiens à saluer les entreprises qui ont accepté de se joindre à eux. Elles sont encore peu nombreuses, mais votre colloque devrait permettre d'en accroître le nombre dans les mois à venir.

 

Quoi qu'il en soit, la visite en France du président Tumur-Ochir, que j'ai reçu hier en audience, fournit une occasion privilégiée pour nous tourner vers cette lointaine Mongolie que trop peu de Français ont eu la chance de découvrir.

 

Comme le constate le président Gélard dans le rapport qu'il vous présentera tout à l'heure, les liens entre le Sénat et la Mongolie remontent à une vingtaine d'années, à une époque où ce pays était encore l'un des plus fermés du monde. Les choses ont bien évolué depuis, notamment à partir des années 90, marquées par une profonde libéralisation du régime politique mongol.

 

Sur le plan économique, en revanche, le pays a encore fort à faire, et les aides massives qu'il reçoit de pays donateurs ou d'organisations internationales ne lui permettront pas à elles seules d'accéder à un niveau de développement satisfaisant. D'où la nécessité vitale pour la Mongolie de s'ouvrir à l'économie de marché, à la concurrence extérieure et aux investissements internationaux. Pour s'en tenir aux échanges économiques et commerciaux franco-mongols, force est de reconnaître qu'ils restent encore très modestes. Aux yeux de beaucoup d'entreprises et d'exportateurs, la Mongolie fait figure de marché assez inaccessible.

 

C'est, il est vrai, un pays lointain, enclavé et mal desservi. Les distances et un climat très rigoureux dissuadent trop souvent jusqu'aux plus audacieux. Pourtant la Mongolie recèle d'immenses atouts, dont des opérateurs économiques entreprenants devraient savoir tirer parti. La richesse de son sous-sol et les promesses d'une industrie pétrolière à peine naissante ne sont pas les seules. Il faut y ajouter un savoir-faire séculaire en matière d'élevage et d'industrie laitière - dois-je rappeler qu'il y a en Mongolie cinq fois plus de têtes de bétail que d'habitants ? -, une main-d'oeuvre sérieuse et bien formée, sans même évoquer la production du cachemire, ou, dans un autre registre, son formidable potentiel touristique et écologique, lié à un environnement encore quasi vierge unique au monde. Dans tous ces secteurs, des projets de coopération économique et commerciale sont envisageables. Des opportunités réelles existent, et sous les conseils éclairés des spécialistes du CFCE, je suis persuadé que vous saurez les saisir.

 

Je ne puis malheureusement être des vôtres ce matin, mais soyez convaincus de mon plein soutien et du concours actif du groupe interparlementaire France-Mongolie du Sénat.

 

A tous je souhaite d'excellents et studieux travaux.

 

Je vous remercie. »

 

Pour ma part, je voudrais vous livrer quelques réflexions introductives.

 

La communauté française de Mongolie est encore fort restreinte, même si elle est dynamique et active. Elle compte une vingtaine de personnes, ce qui présente toutefois l'avantage de pouvoir les réunir autour d'une table, comme nous l'avons fait.

 

La Mongolie est engagée dans un processus important de dénationalisation. Malheureusement, les acquéreurs sont peu nombreux, et le programme de 2001 a été à peine réalisé. Beaucoup d'entreprises sont donc encore à vendre, comme celle qui fabrique le cachemire, la compagnie aérienne, des centrales électriques ou encore des établissements bancaires. A ce sujet, il faudra évoquer le problème de la sécurité juridique des investisseurs, qui représente un enjeu crucial en la matière.

 

De même, si nous accueillons un nombre significatif d'étudiants mongols en France, ce qui permettra à terme de constituer des réseaux et de fournir aux entreprises françaises des collaborateurs formés à nos méthodes et connaissant notre langue, le nombre d'étudiants français se rendant en Mongolie est, lui, insignifiant.

 

Il apparaît néanmoins des aspects positifs. Ainsi, 3 500 touristes se sont rendus en Mongolie, dont une majorité de Français. Nous avons là une carte à jouer qui permettra de développer un certain nombre d'infrastructures, sachant que tous ceux qui ont visité la Mongolie reviennent généralement enthousiastes de ce qui constitue une véritable aventure au XXIe siècle.

 

Je cède la parole à Madame Agnès Gaborit.

Agnès GABORIT
Directeur, Événements et prospectives, CFCE

Monsieur le Président, Monsieur l'Ambassadeur, Mesdames et Messieurs,

 

C'est toujours avec un vif plaisir que je me retrouve au Sénat pour ces colloques que nous organisons conjointement depuis plusieurs années, et qui renforcent les synergies entre le monde des entreprises et celui de l'action politique. Je souligne que cette synergie s'appuie sur les groupes interparlementaires créés avec de très nombreux pays, ainsi que sur la participation active de leur président ou de leurs membres, qui ont une excellente connaissance de ces pays et y ont établi de très nombreux contacts.

 

Merci, Monsieur le Président du groupe interparlementaire France-Mongolie, pour l'impulsion que le Sénat donne à la mission du Centre français du commerce extérieur : l'information des entreprises sur les marchés étrangers.

 

Je me réjouis également parce que les réunions sur la Mongolie sont fort rares, notamment en raison de la difficulté à obtenir des informations sur ce pays. C'est un événement exceptionnelle, aussi bien par la qualité des intervenants de ce matin, en particulier Patrice Gélard, président du groupe interparlementaire France-Mongolie, et Jacques-Olivier Manent, notre ambassadeur en Mongolie, que parce que nous accueillerons M. Tumur-Ochir, le président du Grand Khoural - l'assemblée unique de la Mongolie - en visite officielle en France.

 

La dernière réunion organisée par le CFCE sur la Mongolie remonte à 1995. Il nous a donc paru utile de reprendre la parole sur ce pays pour toutes les raisons que vous avez soulignées, et parce que le gouvernement mongol a placé l'année 2002 sous le signe de l'investissement étranger.

 

Le Forum des investisseurs étrangers qui s'est tenu à Oulan-Bator en septembre dernier a réuni 450 sociétés étrangères - pour moitié chinoises et russes -, et cinq secteurs ont été présentés comme prioritaires :

· les infrastructures ;

· le secteur minier et le pétrole ;

· l'agro-industrie ;

· l'information et les technologies de l'information ;

· le tourisme.

Je constate avec plaisir que ces secteurs sont tous représentés par les dirigeants d'entreprise qui se trouvent dans la salle aujourd'hui. Seul bémol : la France occupe une place modeste sur ce marché. Il existe donc une forte marge de progression, ce qui est bien l'objet de notre réunion. M. Jacques-Olivier Manent est ambassadeur en Mongolie depuis 1996. Ses précédentes affectations l'ont mené de Hong Kong à Djakarta, en passant par Pékin et Genève, à l'ONU. Je voudrais également saluer la décision qui vient d'être prise de rendre permanente la représentation diplomatique française à Oulan-Bator. Je cède la parole à Monsieur l'Ambassadeur.

 

Sommaire Suite