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Colloque Sénat-Ubifrance sur la Turquie (29 novembre 2005)



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Tribune des intervenants : ouverture

Actes du colloque Sénat-Ubifrance
sur la Turquie

Mardi 29 novembre 2005

« Turquie 2005 : vrais et nouveaux visages »

 

 

 

S. Exc. M. Paul POUDADE,

ambassadeur de France en Turquie
M. Hubert HAENEL,
président de la délégation du Sénat pour l'Union européenne
M. Jacques BLANC, président
du groupe interparlementaire
d'amitié France-Turquie du Sénat

M. Pekin BARAN,
vice-président de TüSIAD
S. Exc. M. Paul POUDADE
M. Louis-Michel MORRIS,
directeur général d'Ubifrance

S. Exc. M. Ender ARAT, ambassadeur, sous-secrétaire
d'État adjoint chargé des Affaires
économiques et culturelles

Ouverture

Hubert HAENEL
Sénateur, Président de la Délégation du Sénat pour l'Union européenne

La Turquie se trouve à la croisée des religions et des continents. Marquée au travers de l'Histoire par de multiples influences, la Turquie conserve aujourd'hui plusieurs visages. Istanbul en est un des meilleurs symboles : du quartier occidental aux banlieues dortoirs où se pressent les émigrés d'Anatolie, la ville offre mille portes d'entrées différentes. Nous nous étions rendus l'an dernier en Turquie, dans le cadre du groupe interparlementaire, et cette année mon équipe m'a conduit aux frontières de l'Arménie, à Kars. Ce fut un grand étonnement pour nous, car nous y avons rencontré des interlocuteurs tout à fait ouverts, qui deviendront certainement, au fil des ans, des Européens convaincus.

Jacques BLANC
Sénateur, Président du groupe interparlementaire d'amitié France-Turquie

Rentrant d'une mission en Turquie conduite par le groupe d'amitié France-Turquie, je voudrais exprimer ici des convictions renforcées au retour de ce voyage d'études, qui a eu lieu du 13 au 19 novembre dernier. Nous avons pu organiser, au cours de ce voyage, des rencontres avec le Ministre d'État, ministre de l'Économie, avec le Ministre des Affaires étrangères, avec le Président du groupe d'amitié de la Haute Assemblée, bien sûr avec des représentants des Missions économiques françaises en Turquie et aussi avec les représentants de petites et moyennes entreprises.

Ma première conviction est qu'en optant pour une stratégie d'adhésion à l'Union européenne, la Turquie a fait un bon choix, pour elle-même et pour l'Europe : elle s'est donné des objectifs majeurs et en mettant en oeuvre les critères de Copenhague puis, depuis le 3 octobre, le processus de négociation, elle se met en position de moderniser ses structures et son économie, à un rythme que peu d'États sont en mesure de mettre en oeuvre. Nous le voyons aujourd'hui avec un retour extrêmement rapide des fondamentaux de l'économie à des niveaux plus standard, avec la réforme du droit (réforme des Codes civil et pénal, confirmation des libertés publiques) et plus généralement à travers une volonté d'évolution des mentalités. Des initiatives jaillissent dans tous les domaines : droits de l'Homme, implication citoyenne des femmes ou initiatives culturelles. J'ai vu une société en marche, sur le plan politique, social et culturel.

Ma deuxième conviction est que le choix de la Turquie fut un bon choix pour l'Europe. Il est important de le rappeler, car un processus de candidature puis l'ouverture de négociations sont en mesure, à nos yeux, de conforter dans l'immédiate périphérie de l'Union européenne un État pacifique et pacifié, défendant les valeurs fondamentales sur lesquelles l'Europe est bâtie et en acceptant les règles. Je souhaite que l'issue des négociations débouche sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Mais quelle que soit l'issue de ce processus, le mouvement initié à travers la négociation constituera un élément très positif pour l'Europe. Nous avons tous été secoués par les résultats du référendum et nous espérons que l'Europe saura s'interroger et redonner une ambition forte à la construction européenne, sans céder à la tentation du renoncement. L'Europe a tout à gagner dans cette évolution. Elle peut notamment en profiter pour engager une réflexion visant à déterminer la meilleure organisation pour repartir de l'avant et, en particulier, rechercher un équilibre Nord-Sud indispensable. Nous avons besoin de conforter cette volonté et la Turquie a incontestablement un rôle à jouer dans cette perspective.

Il est heureux que le processus « gagnant-gagnant » de la négociation entre la Turquie et l'Union européenne ait pu être engagé. Il faut saluer au passage le courage politique de la Turquie, et l'on me permettra également de rendre hommage au Président de la République, Jacques Chirac, qui a su « garder le cap », même si nous avons aussi entendu des déclarations d'hommes politiques français qui ont pu jeter le trouble. Je crois qu'il faut prendre garde aux interprétations pouvant être faites des déclarations de tel ou tel responsable politique à la télévision, et prendre conscience du fait qu'on ne s'exprime jamais, en pareilles circonstances, dans des cercles fermés. Des perspectives fortes s'ouvrent réellement aujourd'hui pour les entreprises françaises, tant à l'exportation qu'en matière d'investissements. Le pouvoir d'achat des Turcs augmente et la Turquie évolue vers une société de consommation qui se développe et se modernise. Je crois que ce pays peut jouer, demain, un rôle majeur dans la défense de la conception que nous avons de l'Europe, à un moment où s'expriment des velléités de faire de l'Europe une simple zone de libre échange, où l'on voit poindre des tentations de remise en cause de l'existence même de la Politique agricole commune.

Louis-Michel MORRIS
Directeur général, Ubifrance

Nous sommes très heureux d'organiser régulièrement avec le Sénat des séminaires, et notamment celui-ci, sur la Turquie, 10ème puissance mondiale aux portes de l'Union européenne - dans tous les sens du terme. Ubifrance est l'agence française de soutien aux exportateurs. Nous informons les entreprises sur les marchés étrangers, nous tenons 200 salons par an à l'étranger et nous gérons, pour le compte des entreprises, les volontaires internationaux en entreprise (VIE). Je voudrais remercier toutes les personnes ayant contribué à l'organisation de ce séminaire, et notamment Ender ARAT, Ambassadeur, Sous-secrétaire d'État adjoint chargé des affaires économiques et culturelles, M. Pekin BARAN, Vice-président du patronat turc, ainsi que Son Excellence Paul POUDADE, nos Chefs de missions économiques à Istanbul, François SPORRER et Jean-Maurice VERBOIS, ainsi que tous les hommes et femmes qui vont nous faire part de leur témoignage, au cours de la journée, et de leur expérience des affaires en Turquie.

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