Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

Colloque Sénat-Ubifrance sur la Turquie (29 novembre 2005)



retour sommaire suite

Échanges avec la salle

François DEHODENCQ, groupe Total

Vous n'avez pas évoqué des faits inquiétants, comme le niveau de la Livre turque. Pourriez-vous nous éclairer sur certains de ces aspects plus négatifs ?

Naïm KOÇER

Il est vrai que la Livre turque est surévaluée, de l'ordre de 30 à 40 %. Certains observent toutefois que cet indicateur n'a pas été revu depuis très longtemps. Il semble qu'en incluant la productivité de la Turquie, la surévaluation de la devise turque serait plutôt de 15 à 20 %. Surtout, nous sommes aujourd'hui dans un système de changes flottants, qui prive l'autorité publique de toute possibilité de dévaluation. Peut-être assistera-t-on à une dépréciation de la Livre turque de façon étalée dans le temps... Mais on pourra alors le constater ex post, et dans ce cas, le risque de crise n'existe pas.

En revanche, on pourrait évoquer la question de la volatilité des capitaux : ce phénomène touche une part importante des capitaux en Turquie, notamment du fait de l'inexistence de l'épargne publique. La Turquie n'a d'autre choix que de faire appel à l'épargne étrangère et celle-ci, attirée par des taux d'intérêt réels très élevés (près de 8 %), est parfois très volatile. Le montant de l'épargne étrangère dite « volatile » est ainsi estimé, aujourd'hui à 20 milliards de dollars, mais les réserves, elles, s'établissent à 40 milliards de dollars.

René BARBERYE, ADETEF

Les hôpitaux et collectivités locales ont-ils la possibilité d'emprunter en Turquie ?

Naïm KOÇER

Je ne saurais vous répondre concernant les hôpitaux. La réponse est positive pour les collectivités locales : celles-ci ont la possibilité d'emprunter et deviennent des clients potentiels intéressants pour les banques.

Jean-Maurice VERBOIS

Bercy est d'ailleurs en train d'étudier la façon dont les structures publiques françaises pourraient accorder des prêts à la ville d'Istanbul, sans demander une garantie du Trésor (ce qui était la pratique jusqu'à présent). Les choses semblent plutôt bien engagées et je crois que la question ne se pose pas uniquement pour la collectivité d'Istanbul.

Olivier ECK, Agence de développement économique d'Alsace (ADIRA)

Quelle peut être la position des banques turques sur le marché français ?

Naïm KOÇER

Les banques turques sont très présentes à Londres, en Allemagne et aux Pays-Bas, mais il est vrai qu'elles sont assez peu présentes en France. Cependant, l'assainissement du secteur bancaire turc est très récent et il faut laisser un peu de temps aux opérateurs pour investir davantage le continent européen.

retour sommaire suite