Le résumé
L'évolution du contexte géopolitique oblige à porter un regard nouveau sur l'organisation et le fonctionnement de la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE) afin que la hausse des crédits consacrés à l'effort de défense en Europe permette - outre le réarmement du continent - le renforcement de son autonomie stratégique en réduisant sa dépendance à des pays tiers, le soutien à la croissance et à la réindustrialisation et une amélioration des processus de production (rapport qualité/prix, délais, maîtrise technologique).
Alors que les besoins sont considérables et qu'une demande solvable se développe en Europe et dans le monde, les rapporteurs Pascal Allizard et Hélène Conway-Mouret, estiment qu'une nouvelle approche est nécessaire afin de privilégier de véritables projets industriels, répondant aux attentes des États et de leurs armées, fondés sur les perspectives de commandes tant nationales qu'à l'exportation plutôt que de grands programmes initiés par les États pour mutualiser des investissements comme c'était le cas dans la période de réduction drastique des budgets militaires.
Ce changement de paradigme pourrait avoir des conséquences sur la poursuite de certains programmes qui peinent à aboutir dans le nouveau contexte économique, mais il devrait aussi permettre d'envisager d'avancer collectivement vers les nouvelles frontières que sont l'IA, le cyber, le quantique et l'espace.
Le rapport propose une douzaine de pistes de réflexion afin, en particulier, de permettre à l'effort de défense de soutenir la croissance et l'emploi, d'européaniser la culture de la BITDE française, de repenser le lien entre industries de défense et « garanties de sécurité » et de réintroduire des logiques d'entreprises dans les grands partenariats.