Le résumé
Réunie le 1er avril 2026, la commission des finances du Sénat a organisé une audition pour « suite à donner » à l'enquête qu'elle avait sollicitée auprès de la Cour des comptes sur le soutien de l'État à la filière automobile.
En situation très délicate, confrontée à des défis technologiques inédits, tant en matière d'électrification que de digitalisation, et fragilisée par des décennies marquées par les délocalisations et l'intensification de la concurrence étrangère, l'industrie automobile française se trouve à un moment charnière de sa riche histoire. L'État l'accompagne par des soutiens financiers dirigés vers l'offre comme vers la demande de véhicules. Ces dispositifs sont notamment marqués du sceau de la transition des motorisations thermiques vers les motorisations électriques, avec en perspective les engagements climatiques pris par la France mais aussi la volonté de rattraper le retard technologique accumulé vis-à-vis de nos principaux concurrents extra européens.
Estimant le montant total de ces soutiens à 18 milliards d'euros entre 2018 et 2024, la Cour des comptes observe qu'ils n'ont pas permis d'enrayer la spirale de déclassement de l'industrie automobile nationale, qu'ils souffrent d'un ciblage insuffisant et d'une articulation perfectible qui mériterait d'être optimisée dans le cadre d'une stratégie plus claire des pouvoirs publics comme de la filière elle même.
Christine Lavarde, rapporteur spécial de la mission « Écologie, développement et mobilité durables », souligne l'absolue nécessité d'articuler les ambitions de transition du parc automobile avec les enjeux industriels. Indissociables, ces deux impératifs doivent se renforcer mutuellement et non s'opposer. L'introduction de l'éco-score en 2023 s'est inscrite dans cette perspective et ce dispositif doit être conforté, diffusé à l'échelle du continent et complété par des règles de préférence européenne.
Christine Lavarde plaide également pour un ajustement des dispositifs de soutiens afin de mieux les cibler pour en améliorer l'efficience et les retombées, tant pour la filière en France que pour les acheteurs de véhicules électriques. Elle propose ainsi, dans son rapport, huit recommandations complémentaires à celle formulées par la Cour des comptes.