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Avenir du bois de La Ravière à Uchon

15e législature

Question écrite n° 10336 de M. Jérôme Durain (Saône-et-Loire - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 09/05/2019 - page 2495

M. Jérôme Durain attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire sur le projet de vente du bois de La Ravière situé à Uchon dans le périmètre du parc naturel régional du Morvan.
Surnommée « La perle du Morvan », la forêt abrite une faune et une flore exceptionnelles de richesses qu'il faut impérativement préserver. Or, cette réserve naturelle est menacée si la transaction venait à aboutir. En effet, le risque est réel de voir ces forêts rasées puis replantées de résineux en monoculture par des investisseurs motivés par le seul objectif de rentabilité financière.
La coupe à blanc est une pratique sylvicole qui détruit des écosystèmes forestiers, abîme les paysages et dégrade les sols. Cela va à l'encontre de la vocation du parc naturel régional du Morvan de préservation de la biodiversité et de développement touristique.
Le paysage uchonnais a profondément changé lors des soixante dernières années du fait de l'enrésinement systématique du massif, aussi il souhaite donc savoir s'il entend classer la commune au titre de la loi du 2 mai 1930 ayant pour objet de réorganiser la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, afin d'empêcher la destruction de ce qui constitue un patrimoine naturel inestimable.

Transmise au Ministère de la transition écologique et solidaire



Réponse du Ministère de la transition écologique et solidaire

publiée dans le JO Sénat du 13/02/2020 - page 825

Le 14 juin 2019, le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, a ouvert une instance de classement au titre des sites sur le bois de la Ravière à Uchon, sur une superficie d'environ 146 ha, en raison des menaces qui pèsent sur ce bois. L'instance de classement a été notifiée auprès des trois propriétaires concernés. La réalisation de coupes rases de feuillus, la replantation de résineux, mais également la fracturation par des engins inadaptés de blocs granitiques,  sont susceptibles de faire disparaître un paysage unique et emblématique du Morvan. Selon les termes de l'article L. 341-7 du Code de l'environnement, « à compter du jour où l'administration chargée des sites notifie au propriétaire d'un monument naturel ou d'un site son intention d'en poursuivre le classement, aucune modification ne peut être apportée à l'état des lieux ou à leur aspect pendant un délai de douze mois, sauf autorisation spéciale et sous réserve de l'exploitation courante des fonds ruraux et de l'entretien normal des constructions ». Cette procédure permettra par conséquent de maîtriser les coupes, évitant ainsi une sylviculture intensive susceptible de porter atteinte aux écosystèmes forestiers naturels du parc naturel régional, du Morvan reconnu pour la valeur de ses patrimoines naturel et culturel. Les études qui vont s'engager pour la poursuite de la procédure vont conduire à préciser le périmètre et les critères de classement et de regestion retenus pour ce nouveau projet de site classé.