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Délinquance et immigration à Paris

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0860G de M. Pierre Charon (Paris - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 26/06/2019 - page 9680

M. Pierre Charon. Monsieur le président, monsieur le ministre de l'intérieur, mes chers collègues, depuis plusieurs mois, la délinquance explose à Paris. Les chiffres sont catastrophiques : hausse de 8 % des vols avec violence, progression de 34 % des vols à la tire, augmentation de 10 % des cambriolages, sans parler de la multiplication des rixes entre bandes rivales, souvent composées de mineurs, n'est-ce pas, madame Belloubet ?…

La mairie de Paris réclame plus d'effectifs, mais cela ne résout pas les difficultés. Il faut nommer les vrais problèmes pour trouver les vraies solutions.

Monsieur le ministre, comment envisagez-vous de faire baisser les chiffres de la délinquance, alors qu'il n'y a plus de policiers pour se porter candidat à l'investigation ? C'est pourtant la seule solution de nature à boucler des enquêtes et à faire diminuer de façon spectaculaire ces chiffres.

Ensuite, il faut souligner la responsabilité de Mme la maire de Paris, Anne Hidalgo (Protestations sur les travées du groupe socialiste et républicain.), qui, avant de se convertir aux vertus de la police municipale pour des raisons ridiculement électorales (Mêmes mouvements.), a joué au pompier pyromane par son appel de bienvenue à Paris lancé aux migrants en 2015. (Exclamations sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.) Résultat : les chiffres de la préfecture de police nous le rappellent, plus de 45 % des personnes mises en cause dans ces nouvelles délinquances sont des migrants.

La préfecture de police, dont je salue l'efficacité dans la nouvelle gestion de l'ordre public face à la crise des gilets jaunes, parle de « l'effet important des vagues migratoires » : c'est écrit dans le journal Le Monde du 21 juin dernier.

Monsieur le ministre, l'insécurité devient la préoccupation quotidienne des Parisiens. Des quartiers entiers sont désormais des zones de non-droit. Que comptez-vous faire contre cette déflagration de la délinquance ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)



Réponse du Secrétariat d'État auprès du ministre de l'intérieur

publiée dans le JO Sénat du 26/06/2019 - page 9681

M. Laurent Nunez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur Pierre Charon, loin de nous – le ministre de l'intérieur et moi-même – l'idée de nier la hausse de la délinquance que vous avez soulignée ; elle bien réelle et importante sur les cinq premiers mois de cette année. Pour parler des catégories que vous connaissez bien, nous enregistrons une augmentation de près de 17 % des atteintes aux biens et de près de 11 % des atteintes volontaires à l'intégrité physique des personnes.

Je dois le souligner, mais vous l'avez rappelé, le mouvement des gilets jaunes a forcément eu un impact. En effet, nous avons dû déployer de nombreux effectifs, notamment le samedi, lesquels étaient donc moins disponibles sur la voie publique pour lutter contre la délinquance et mener des investigations judiciaires. Nous avons agi bien évidemment à la demande – une demande bien naturelle et légitime – des élus de la ville de Paris.

Je dois également souligner – c'est un point essentiel à rappeler – que, au cours du mois de mai, l'augmentation a été moins importante – on voit naître une inflexion en ce sens. Dans la même période, nous avons constaté que la préfecture de police avait augmenté son taux d'élucidation, c'est-à-dire son activité. Il convient donc de saluer le courage et la détermination de nos policiers et de la préfecture de police de Paris.

M. Pierre Charon. Tout à fait !

M. Laurent Nunez, secrétaire d'État. Pour répondre au phénomène que vous avez dénoncé, monsieur le sénateur, sachez que, dans les quartiers parisiens qui sont les plus affectés, le préfet de police renforce les effectifs déployés en ayant recours notamment à d'autres unités que celles qui sont dédiées aux commissariats de police.

Par ailleurs, nous allons améliorer l'investigation judiciaire, car, vous avez raison de le rappeler, nous avons un problème pour recruter des officiers de police judiciaire. Christophe Castaner et moi-même travaillons sur ce dossier, afin que des officiers supplémentaires puissent être affectés dès cet automne. Surtout, nous voulons réussir à les fidéliser et à les attirer dans des fonctions qui sont difficiles. C'est tout l'enjeu de l'allégement de la procédure pénale à laquelle la garde des sceaux, Christophe Castaner et moi-même avons procédé.

Enfin, comme vous le savez, un quartier de reconquête républicaine sera mis en place à Paris dans les XVIIIe et Xe arrondissements, quartier qui recevra vingt effectifs supplémentaires pour mieux lutter contre la délinquance.

Soyez assuré, monsieur le sénateur, que la lutte contre la délinquance à Paris restera notre priorité. Le préfet de police, Christophe Castaner et moi-même mettons tout en œuvre pour que ce soit le cas. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)

M. le président. La parole est à M. Pierre Charon, pour la réplique.

M. Pierre Charon. Monsieur le secrétaire d'État, je vous remercie de cette réponse technique, que je respecte bien sûr. Cependant, je crains, hélas, de devoir vous poser la même question dans un an !

M. Rachid Temal. Ce sera après les municipales du coup ! (Sourires.)