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Devenir du site sidérurgique ThyssenKrupp d'Isbergues

15e législature

Question écrite n° 10774 de Mme Cathy Apourceau-Poly (Pas-de-Calais - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 13/06/2019 - page 3027

Mme Cathy Apourceau-Poly interroge M. le ministre de l'économie et des finances sur le devenir du site industriel ThyssenKrupp d'Isbergues. En effet, l'échec de la fusion Tata steel-ThyssenKrupp aboutit à une complète réorientation stratégique de ce dernier, qui annonce souhaiter supprimer 6 000 emplois en Europe.

Le groupe allemand avait déjà cherché à vendre l'usine d'Isbergues en 2013… en vain. Dans le contexte anxiogène du marché de l'acier en Nord-Pas de Calais (Ascoval ; réduction de production chez Arcelor Mittal à Dunkerque…), elle aimerait avoir son éclairage sur les conséquences de la nouvelle stratégie du groupe ThyssenKrupp sur le devenir du site d'Isbergues.



Réponse du Ministère de l'économie et des finances

publiée dans le JO Sénat du 17/10/2019 - page 5271

Le conglomérat allemand ThyssenKrupp emploie environ 160 000 personnes dans plusieurs domaines d'activité, notamment dans sa division sidérurgie à la seconde position européenne derrière ArcelorMittal. Thyssenkrupp exploite deux sites en Europe dédiés à la production de tôles magnétiques à grains orientés (GES) pour le marché des transformateurs de puissance, les transformateurs de distribution et les petits transformateurs : Isbergues (550 personnes) et Gelsenkirchen en Allemagne (600 personnes). Les deux sites se partagent les volumes du groupe soit environ 135kt par an, correspondant à la moitié du marché européen des GES. Un rapprochement de la branche acier de ThyssenKrupp et de TataSteel envisagé depuis plusieurs années a été annoncé en 2017. Il aurait pu conforter le second aciériste européen avec 25 % de part du marché derrière ArcelorMittal (environ 35 % du marché). Les autorités européennes de la concurrence se sont cependant opposées en juin 2019 au projet de coentreprise dans les conditions envisagées entre les deux partenaires. Les deux groupes ont alors estimé que les compensations exigées par les instances européennes faisaient perdre à la fusion sa logique économique et y ont renoncé. Le groupe Thyssenkrupp a accompagné sa décision de l'annonce de la suppression de 6 000 emplois, dont 4 000 en Allemagne. Actuellement, la production du site d'Isbergues tourne à pleine capacité et rien n'indique que la décision de Thyssenkrupp aurait un impact majeur sur le site. Néanmoins, ce site fait face à une concurrence asiatique accrue depuis plusieurs années et doit faire des efforts de compétitivité. L'État est attentif à l'évolution de ce site industriel. Des points de situation sont faits régulièrement avec la direction de Thyssenkrupp Isbergues, au niveau local ou national, sur la situation du site et sur les leviers de soutien mobilisables par les autorités françaises auprès des instances européennes de manière à contrer une concurrence étrangère parfois déloyale.