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Prescription de psychostimulants dans le traitement du « trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité »

15e législature

Question écrite n° 10872 de M. Christian Cambon (Val-de-Marne - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 13/06/2019 - page 3048

M. Christian Cambon appelle l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la prescription de psychostimulants aux enfants et aux adolescents présentant un « trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité » (TDAH).

Le TDAH est défini selon les critères établis par l'association de psychiatrie américaine (APA) dans leur DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) reconnu en France pour détecter ce syndrome. Il n'existe cependant pas de test diagnostic unique pour ce trouble dont les causes sont inconnues. Son existence même n'est pas prouvée scientifiquement ni en génétique, ni en biochimie, ou en imagerie. Les symptômes décrits sur le site de l'assurance maladie sont l'inattention, l'hyperactivité ou encore l'impulsivité, et ils se déclinent sous divers comportements : un enfant désobéissant, distrait ou qui ne tient pas en place. Des psychostimulants peuvent alors être prescrits, ce sont des médicaments à base de méthylphénidate qui est apparenté à l'amphétamine d'après l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Le public visé est très large selon la notice d'utilisation de l'un d'eux, il peut s'agir d'enfants ou d'adolescents qui « ont du mal à rester tranquilles et se concentrer ».

Le nombre de boîtes de psychostimulants remboursées par la sécurité sociale est passé de 503 956 en 2012 à 813 413 en 2017, soit une augmentation de plus de 61 % en seulement cinq ans, selon les chiffres de l'assurance maladie. Cette augmentation est d'autant plus inquiétante que l'efficacité de ces médicaments est très limitée et que les risques sont graves. Parmi ceux-ci, on trouve des effets indésirables cardiovasculaires et neuropsychiques, mais également des hallucinations et autres symptômes psychotiques. Ces psychostimulants entraînent une accoutumance marquée et une dépendance psychique sans pouvoir soigner durablement.

Alors que l'organisation des Nations unies recommande des approches non médicamenteuses du diagnostic et du traitement du TDAH, il lui demande quelles mesures le Gouvernement compte mettre en place afin de diminuer la consommation de psychostimulants chez les enfants.



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 20/06/2019 - page 3244

Le méthylphénidate est indiqué chez l'enfant dans le traitement des troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Ce traitement s'accompagne d'effets indésirables cardiaques, neuro-psychologiques et cardiovasculaires lors d'un usage à long terme pour une efficacité jugée parfois modeste sur les symptômes de l'hyperactivité, de la qualité de vie et du comportement scolaire. Le rapport « Méthylphénidate : données d'utilisation et de sécurité d'emploi en France », publié en 2017 par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), mentionne en pages 10 et 11 que l'utilisation du méthylphénidate en France restait faible au regard de la prévalence de la maladie et bien inférieure à celle observée dans d'autres pays européens dont le Royaume-Uni, La Norvège, la Suède et le Danemark. La consommation de méthylphénidate est très encadrée en France. Elle est néanmoins en croissance. Dans ces conditions et consciente des inquiétudes qui persistent sur la santé des enfants traités à long terme et du recours croissant à ce traitement, la ministre des solidarités et de la santé sollicite l'ANSM pour disposer d'un état des lieux actualisé et des actions mises en œuvre.