Allez au contenu, Allez à la navigation

Carte d'allocation des demandeurs d'asile

15e législature

Question écrite n° 13070 de Mme Laurence Cohen (Val-de-Marne - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 14/11/2019 - page 5698

Mme Laurence Cohen attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les conséquences catastrophiques de la transformation de la carte de retrait des demandeurs d'asile en carte de paiement.

En effet, jusqu'à maintenant, les demandeurs d'asile pouvaient percevoir une allocation (ADA) versée sur une carte de retrait, allant de 6,80 euros par jour pour une personne seule à presque 17 euros par jour pour un couple avec deux enfants.

Suite à une décision du ministère de l'intérieur et à une mesure, annoncée le 23 juillet 2019 par l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et mise en place mardi 5 novembre 2019, cette carte de retrait se transforme en carte de paiement, utilisable uniquement sur des terminaux prévus à cet effet, ne permettant plus aucun retrait d'argent liquide. De plus, seuls vingt-cinq paiements mensuels seront autorisés avec cette carte, au-delà desquels chaque transaction sera facturée 50 centimes d'euros.

Cela risque de précariser davantage les demandeurs d'asile. Elle lui demande comment ils feront pour payer tous les actes du quotidien, qui nécessitent de l'argent liquide et dépassent souvent vingt-cinq paiements mensuels, des actes aussi anodins qu'acheter du pain, des légumes au marché ou un titre de transport à l'unité. La même question se pose face à certains accueils de nuits du 115 qui peuvent demander entre 50 centimes et 3 euros de frais pour la nuit. Et qu'en est-il des commerces qui n'acceptent par la carte en-dessous d'un montant minimum de 10 euros ? Et de ceux qui ne sont pas encore équipés en terminaux de paiement électroniques ?

Plus de quatre-vingts associations dénoncent ce changement de fonctionnement de la carte d'allocation des demandeurs d'asile.

Ainsi, elle lui demande quelles mesures il compte prendre pour remédier à ce problème et trouver une solution pour que les demandeurs d'asile ne soient pas davantage précarisés.



En attente de réponse du Ministère de l'intérieur.