C. UNE SITUATION ÉCONOMIQUE NON SOUTENABLE

1. La prévision météorologique : des enjeux croissants dans les années à venir

L'accentuation des effets du changement climatique dans les années à venir va rendre plus que jamais indispensable de disposer de systèmes d'observation et de prévision météorologiques précis et fiables. Les politiques de prévention des risques naturels et technologiques, et les systèmes d'alerte en particulier, dépendent en effet largement des données fournies par Météo-France.

L'activité de calcul et de prévision repose aujourd'hui sur des technologies de plus en plus puissantes et de plus en plus coûteuses. À titre d'exemple, le Royaume-Uni s'est récemment doté d'un supercalculateur quinze fois plus puissant que celui actuellement utilisé par Météo-France, pour une somme de 120 millions d'euros.

L'investissement devra être au coeur des politiques menées par l'opérateur dans les années à venir si la France souhaite maintenir la qualité de sa prévision météorologique.

Au regard de ces enjeux en termes d'investissement, votre rapporteur pour avis juge inquiétante la trajectoire budgétaire récente de Météo-France .

2. La consolidation des ressources propres de l'opérateur

Au vu de la dégradation constante de la subvention versée par l'État, il est urgent pour Météo-France de consolider ses ressources propres.

Sur le plan des recettes commerciales, l'opérateur est confronté à une concurrence importante. Une partie des données brutes produites par Météo-France est mise en ligne gratuitement, conformément aux règles qui s'appliquent à certaines données publiques. Ces données peuvent être ensuite réutilisées par les concurrents de Météo-France, qui n'en supportent donc pas les coûts de production.

Concernant les services actuellement proposés par Météo-France, les recettes du kiosque téléphonique sont en baisse constante depuis plusieurs années (les appelants ont diminué de 19 % en un an). L'offre commerciale en ligne est désormais au coeur de la stratégie commerciale, avec une refonte du site internet et de l'application mobile en 2013. Les recettes publicitaires sont en légère augmentation.

Sur les 35 millions d'euros environ de recettes commerciales, environ 20 millions d'euros proviennent de recettes de secteurs professionnels (médias, agriculture, énergie, transport, bâtiment, etc.). Or, Météo-France estime que 40 % de l'activité économique est météo-sensible. Les marges de progression sont donc encore importantes pour l'opérateur.

Au vu de l'ensemble de ces éléments financiers et du contexte global, et partageant les propos du président de Météo-France entendu en audition, votre rapporteur pour avis estime que la situation n'est encore soutenable que pour quelques années. Au-delà, Météo-France risque de se trouver dans l'incapacité de remplir les missions qui lui sont assignées par l'État . Les conséquences pourraient être désastreuses en termes de prévention des risques naturels et technologiques.

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