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Projet de loi de finances pour 2001 : Ports maritimes

 

CHAPITRE PREMIER :

LE BUDGET DES PORTS MARITIMES ET SON CONTEXTE ECONOMIQUE

I. UN CONTEXTE MITIGÉ

A. UNE BAISSE GLOBALE DES TRAFICS

1. Le contexte général : évolution globale du transport maritime de marchandises

La production mondiale de biens a progressé en 1999 de +2,2 % et le volume des échanges mondiaux de marchandises a augmenté de +3,8 %. Cependant les échanges mondiaux par voie maritime ont globalement diminué d'environ -1% car ils concernent des natures de marchandises et surtout des routes qui ont plus souffert de la crise asiatique, dont les effets se résorbent mais sont restés conséquents en 1999.

Les 5,1 milliards de tonnes transportés par voie maritime en 1999 se décomposent en 38 % de pétrole brut et produits pétroliers, dont le volume global sur le marché a sensiblement baissé, 23 % de grands vracs secs ( dont le minerai de fer, les céréales et la charbon), 15 % d'autres vracs et 24 % de marchandises diverses, dont les marchandises roulées et conteneurisées, qui ont progressé en 1999.

Pour les armateurs français, la forte appréciation du dollar américain par rapport à l'euro (+15%) a eu des effets divers : d'un côté, l'augmentation du prix des soutes, exprimé en dollar, a été d'autant plus forte, mais d'un autre côté, les recettes de l'armement sont généralement perçues en dollar et les exportations européennes ont été stimulées, notamment vers l'Asie.

2. L'activité des ports français en 1999

L'activité des ports maritimes de commerce métropolitains reste à un niveau élevé par rapport aux trafics marchandises de la décennie, malgré la décroissance des trafics pétroliers depuis la fin de 1998. Totalisant 332,8 millions de tonnes (hors avitaillement), ce trafic global présente une légère baisse de -1,1% par rapport à l'année 1998. Après les hausse de +3,9 % en 1998, +8,6 % en 1997, le trafic actuel se situe 10 % au dessus du palier des années 1992 à 1994.

Hors produits pétroliers le trafic de 19999 a progressé de + 2,3% par rapport à l'année précédente.

Les trafics embarqués, dont le volume atteint 99,9 millions de tonnes augmentent de +4,1% alors que les marchandises débarquées, avec 232,9 millions de tonnes, diminuent de - 3,2 %.

La répartition du trafic total des entrées et sorties, et leurs évolutions par catégorie de port, sont indiquées dans le tableau ci-après.

Bilan d'activité des ports français en 1999

(en millions de tonnes)

 

Entrées

2000/1999

Sorties

2000/1999

Total

2000/1999

Ports métropolitains

232,9

(- 3,2%)

99,9

(+4,1 %)

332,8

(+3,9 %)

dont :

           

 Ports autonomes

189,5

(- 4,3%)

64,8

(+3,6 %)

254,3

(- 2,4 %)

 Ports d'intérêt national

40,3

( 2,6%)

33,7

(+ 4,6 %)

74,0

(+ 3,5 %)

 Ports décentralisés

3,1

(- 3,6%)

1,4

(+ 16,5 %)

4,5

(+ 1,9 %)

 Ports d'outre-mer

8,1

(+6,9 %)

1,8

( 2,0%)

9,9

(+6,0 %)

Le trafic des ports autonomes (254,3 millions de tonnes) baisse de - 2,4 % ; celui des ports d'intérêt national (74 millions de tonnes) augmente de 3,5 %.

3. Bilan par catégorie de conditionnement

Structure du trafic portuaire français

(en millions de tonnes)

 

1995

1996

1997

1998

1999

tonnage total

296,5

298

323,9

336,5

332,8

vracs liquides

50 %

51 %

50 %

50 %

42 %

vracs solides

24 %

23 %

23 %

24 %

22 %

marchandises diverses

25 %

23 %

27 %

25 %

11 %

dont conteneurs

6 %

6 %

6 %

6 %

7 %

Les vracs liquides, qui représentent près de la moitié du tonnage de marchandises traité par les ports métropolitains, diminuent de -4,4 % sous l'effet de la baisse depuis la fin de 1998 des trafics de produits pétroliers. Cette diminution est la résultante des baisses concomitantes des entrées (- 3,4 %) et des sorties (-9,6 %). Les vracs liquides avaient redémarré en 1996 pour progresser de +4,1% en 1998.

La progression des vracs solides (84,1 millions de tonnes) de + 1,3 % s'atténue par rapport aux taux de 8 % et 9 % obtenus les deux années précédentes. Les sorties de vracs solides qui sont constituées à 70 % d'exportation de céréales ont cru en 1999 de +23 % pour atteindre un niveau similaire à celui antérieur au choc céréalier de 1994. Les entrées de vrac solides affichent par contre une baisse de 6,9% liée notamment à la baisse des vracs sidérurgiques (minerai et charbon) et au redémarrage de centrales nucléaires d'EDF qui ont fait diminuer les entrées de charbon destiné aux centrales thermiques.

Le trafic maritime de marchandises diverses avait fortement progressé en 1997 à cause de la fermeture du tunnel sous la Manche et légèrement diminué en 1998. En 1999, l'augmentation de ce trafic se confirme à +3 % portant le tonnage traité à +18,4% par rapport aux années 1995-1996.

Représentant désormais plus du quart du tonnage de ces marchandises diverses, les trafics conteneurisés ont atteint en 1999 23,6 millions de tonnes, soit une progression de + 6,2 % qui confirme les taux de croissance des années précédentes (+7,2 % en 1998, + 6,4 % en 1996, l'année 1997 avec + 12,9 % ayant été exceptionnelle à cause de la fermeture aux camions du tunnel sous la Manche). A titre de comparaison, les trafics 1999 de conteneurs à Singapour et Rotterdam ont progressé en 1999 respectivement de + 9,5 % et + 7,7 % mais avec des taux de transbordement plus importants que dans les ports français, les taux annoncés étant à Hambourg de + 10,8 %, à Anvers de + 11,5 % et à Brême de + 18,7 %.

Les marchandises diverses non conteneurisées augmentent de + 1,8 % par rapport à 1998 grâce notamment au bon retour du trafic trans-manche à Calais (34,2 millions de tonnes), qui a retrouvé quasiment le niveau record atteint en 1997 (34,5 millions de tonnes).