III. UNE SEULE SOLUTION : NE PAS REMPLACER CHAQUE DÉPART À LA RETRAITE DE FONCTIONNAIRE

De 2001 à 2010, 619 200 fonctionnaires civils devraient partir à la retraite. Le nombre de départs en retraite, en passant de 50.500 en 2001 à 67.000 en 2010, entraînera ainsi, toutes choses égales par ailleurs, un coût cumulé supplémentaire estimé à 2,42 milliards d'euros (15,9 milliards de francs) en 2010.

A titre de comparaison, le remplacement de 95 % de ces départs nécessiterait 588.200 nouveaux recrutements et engendrerait, hors évolution du point fonction publique , une économie annuelle estimée à 980 millions d'euros (6,4 milliards de francs) en 2010 par rapport à une évolution tendancielle basée sur un remplacement à 100 %.

En abaissant le taux de remplacement de 95 % à 75 %, le nombre de fonctionnaires recrutés durant la même période ne serait plus que de 464 000. Par rapport à une stabilisation des effectifs, l'économie annuelle générée en 20010 serait alors, toujours hors évolution du point fonction publique , de 31,9 milliards de francs.



Le non remplacement total des départs en retraite en 2002 permettrait de dégager une économie de l'ordre de 1,8 milliard d'euros (11,81 milliards de francs) en 2002 (pour une réduction d'effectifs d'environ 55.000 fonctionnaires civils). En 2007, hors évolution du point fonction publique, cette économie, estimée à 2,2 milliards d'euros (14,43 milliards de francs) pour le flux des départs de l'année (68.000 départs non remplacés), permettrait d'obtenir une économie annuelle cumulée de 11,6 milliards d'euros (76,09 milliards de francs), ce qui correspondrait à 365.000 agents non remplacés de 2002 à 2007, soit près de 22 % des effectifs budgétaires de fonctionnaires des ministères civils.

Le remplacement d'un départ sur deux induirait le recrutement de l'ordre de 27.500 fonctionnaires en 2002, soit une économie de 0,9 milliard d'euros (5,90 milliards de francs), par rapport à une situation de stabilisation des effectifs. En 2007, hors évolution du point fonction publique, cette économie permettrait d'obtenir une économie annuelle cumulée de 5,8 milliards d'euros (38,05 milliards de francs).

Le non remplacement de 5 % des départs à la retraite nécessiterait 347.000 nouveaux recrutements et engendrerait, hors évolution du point fonction publique, une économie annuelle estimée à 0,6 milliard d'euros (3,94 milliards de francs) en 2007 par rapport à une évolution tendancielle basée sur un remplacement de 100 %.

La stabilisation des effectifs de 2001 à 2007 se traduirait, hors évolution de la valeur du point fonction publique, par une progression des dépenses de rémunération au seul rythme des mesures catégorielles et des effets dus au GVT solde 16( * ) . Elle ne se traduit donc pas par une économie.

Le pauvre bilan du gouvernement en matière de retraites, en particulier publiques

Le choix du gouvernement, exprimé par le Premier ministre lors de sa déclaration sur l'avenir des retraites, le 21 mars 2000, est celui de la consolidation des régimes de retraite par répartition. Dans ce cadre, le gouvernement a proposé une démarche fondée sur cinq grands principes :

- la concertation dans l'élaboration et la progressivité dans la mise en oeuvre des meures ;

- la recherche d'une plus grande équité et d'une solidarité plus forte entre les régimes afin de préserver le pacte social entre les générations et au sein des générations (garantie d'un niveau de retraite suffisant, adaptations des différents régimes aux évolutions démographiques). S'agissant des régimes des fonctionnaires, cette solidarité pourrait passer par un alignement progressif de la durée de cotisation des fonctionnaires sur celle des salariés du secteur privé ;

- l'introduction de plus de souplesse, quant à l'âge de cessation d'activité, pour mieux respecter les choix des individus ;

- l'anticipation des évolutions démographiques afin d'équilibrer les charges entre les générations par la création du fonds de réserve des retraites.

Dans ce contexte, le Premier ministre a proposé aux fonctionnaires de conclure un pacte sur les retraites fondé sur un principe d'équité entre les salariés du privé et les fonctionnaires , et visant à garantir et à défendre leurs retraites.

A ce stade, le gouvernement a pris certaines mesures concrètes, comme la constitution du fonds de réserve des retraites. D'autre part, le Conseil d'orientation des retraites (COR), organisme de concertation permanent associant (à l'exception du MEDEF) l'ensemble des acteurs concernés, a été créé il y a un an.

Cet organisme associe des représentants des assurés sociaux et des employeurs, des parlementaires, des représentants de l'Etat et des personnalités « qualifiées ». Composé d'une trentaine de membres, il se réunit à périodicité rapprochée (une fois par mois). Plusieurs missions lui ont été confiées par le Premier ministre :

- il assure le suivi des évolutions économiques, sociales ou démographiques sur les régimes de retraite. Il établit régulièrement (tous les deux ans) un bilan qu'il adressera au gouvernement et au Parlement et qui sera rendu public (le Conseil doit remettre son premier rapport d'ici à la fin 2001) ;

- il veille à l'équité et à la nécessaire solidarité entre les régimes ;

- il doit proposer des mesures au gouvernement si les réformes engagées ne lui semblent pas garantir l'équilibre à terme des différents régimes, ou si les évolutions constatées devaient amener à des disparités entre les régimes susceptibles de menacer la cohésion du système par répartition ;

- il suit les discussions qui seront menées dans chaque régime en vue de l'équilibre. Garant du maintien de la cohésion du système de retraite, il vérifiera que les efforts engagés par chacun des régimes sont répartis de manière équitable. A l'issue de ces négociations, il en établira le bilan.

En instituant le Conseil d'orientation des retraites, il s'est agi de créer, comme cela a été fait dans d'autres pays, les conditions d'un pilotage permanent du système français d'assurance vieillesse. Comme l'ont indiqué tous les rapports parus récemment (rapports Charpin, Teulade, Taddéi), une réforme du mode de pilotage des retraites est un élément essentiel pour que les décisions puissent être préparées avec la continuité et la vision d'ensemble nécessaires.

Le COR doit remettre son premier rapport dans les prochains mois et devrait faire au Gouvernement, au-delà du diagnostic, des propositions de réformes visant à consolider les régimes, et notamment les régimes de fonctionnaires. Les premiers éléments de projection diffusés par le COR , qui restent provisoires et doivent être considérés à ce stade avec précaution, confirment la dérive tendancielle des charges de retraites globalement et pour les principaux régimes, dont ceux des fonctionnaires, rendant ainsi nécessaire une nouvelle phase de réforme.

Source : ministère de l'économie, des finances et de l'industrie.

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