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Projet de loi autorisant l'approbation de la convention d'établissement entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal

 

III. UN CONTEXTE GÉNÉRAL FAVORABLE AUX MOUVEMENTS MIGRATOIRES

A. UNE STABILITÉ POLITIQUE EXEMPLAIRE MALGRÉ UNE SITUATION ÉCONOMIQUE DIFFICILE

Le Sénégal figure parmi les pays les moins avancés. L'indicateur de développement humain (IDH) établi chaque année par le Programme des Nations unies pour le développement le classe au 155ème rang sur 174. Le taux de scolarisation ne dépasse pas 36 % (et une proportion comparable des adultes est alphabétisée). Le taux de croissance annuel au cours de la dernière décennie s'est élevé à 2,6 %. Malgré une conjoncture plus favorable, les perspectives à moyen terme demeurent sombres. Les principales ressources du pays sont menacées : les cours de l'arachide connaissent une faiblesse récurrente et les possibilités de reconversion des agriculteurs s'avèrent problématiques ; la pêche sera, quant à elle, confrontée à la raréfaction des ressources halieutiques.

Le Sénégal peut toutefois se prévaloir d'un atout majeur dans un environnement régional souvent troublé : sa grande stabilité politique. Circonstance rare sur le continent africain, le Sénégal a connu une véritable alternance en 2000 avec l'élection à la présidence de la République de M. Abdoulaye Wade. Le gouvernement aujourd'hui dirigé depuis mars 2001 par une femme, Mme Mame Madior Boye a pu dresser en janvier de cette année un premier bilan des projets mis en oeuvre : réforme institutionnelle (nouvelle constitution, mandat présidentiel à 5 ans), avancées sociales (hausse des salaires, créations d'emplois...), amélioration de certaines infrastructures, début d'assainissement du secteur agricole (dans les filières arachide et coton).

En Casamance, le Président Wade a engagé un processus de paix marqué par la signature des accords de cessez-le-feu de mars 2001, même si la situation sur le terrain ne semble pas encore complètement stabilisée.

Le Président Wade a conforté sa stature internationale à travers le rôle qu'il joue dans la promotion de la nouvelle initiative pour le développement de l'Afrique (NEPAD). En effet, en juillet 2001, lors du sommet de l'Union africaine à Lusaka, il a décidé de fusionner son plan Omega pour l'Afrique (présenté à Davos en janvier 2001) avec le programme du millénaire conçu par les chefs d'Etat d'Afrique du Sud (M. Mbeki), du Nigeria (M. Obasanjo) et d'Algérie (M. Bouteflika) pour former la NEPAD. Les efforts déployés par les quatre parrains de ce programme ont concouru à intéresser l'ensemble de la communauté internationale à la NEPAD et à inscrire le projet à l'ordre du jour des principales enceintes internationales, en particulier lors de la réunion du groupe des huit pays les plus industrialisés à Kananaskis.

Le Sénégal se montre particulièrement actif sur les secteurs dont il assure le suivi -infrastructures, énergie, environnement-. Ces projets et ceux examinés par les autres comités sous-régionaux ont été soumis à la Conférence de Dakar (15-17 avril 2002) présentée comme un Davos africain. Ils pourraient constituer l'une des références de la Conférence sur le développement durable à Johannesburg, en septembre prochain.