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2. Un pays miné par la criminalité, la violence et les trafics illicites

Plusieurs facteurs se conjuguent pour faire de la Colombie l'un des pays du monde dans lequel la violence atteint les niveaux les plus élevés : un Etat traditionnellement faible, peu présent dans de vastes portions du territoire ; une interaction croissante entre l'existence de groupes armés et la production massive de cultures illicites, de nombreuses violations des droits de la personne et du droit humanitaire international commises par différents acteurs du conflit .

En ce qui concerne le trafic de stupéfiants, les coups majeurs portés aux grands cartels de la drogue dans les années 1990 n'ont pas entamé le développement de la culture de coca qui a doublé en quelques années, passant de 50 000 à 100 000 hectares entre 1995 et le début des années 2000. La Colombie est de très loin le 1er producteur mondial de cocaïne. Les experts estiment qu'elle représente à elle seule 65 % à 70 % de la production mondiale (soit 650 à 700 tonnes), une large part du restant venant des pays voisins (Pérou, Bolivie). La quasi-totalité de la cocaïne aujourd'hui disponible dans le monde aurait été produite ou serait passée entre les mains d'organisations colombiennes, principalement la guérilla des FARC1(*) et les groupes paramilitaires qui ont largement remplacé, dans le contrôle du trafic, les structures mafieuses plus traditionnelles qui n'ont cependant pas disparu. La Colombie est également devenue un producteur important d'héroïne.

Les retombées financières considérables de ce marché illicite financent les groupes armés et alimentent l'économie par une activité intense de blanchiment, favorisant la corruption dans tous les secteurs de la nation. Au delà du trafic de drogue, les groupes criminels étendent leur emprise sur d'autres types d'activités illicites, telles que la falsification de monnaies ou de documents d'identité ou encore l'organisation de filières d'émigration clandestine.

La lutte pour le contrôle de ces trafics engendre surtout un niveau de violence extrême, puisque l'on compte chaque année environ 25 000 meurtres et 3 000 enlèvements. Cette violence frappe surtout hors des grandes agglomérations, là où les forces de l'ordre sont les moins présentes. Elle provoque des déplacements de populations venant grossir les zones de pauvreté au sein des grandes villes. Le phénomène des enfants de rues se développe et constitue un vivier pour les organisations criminelles.

* 1 Les FARC contrôleraient 60 % des cultures illicites.

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