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Projet de loi autorisant l'accord-cadre entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Botswana sur l'éducation et la langue française

 

B. UNE REMARQUABLE STABILITÉ POLITIQUE

1. Un système démocratique et stable

Ancien protectorat britannique, la République du Botswana a accédé pacifiquement à l'indépendance le 30 septembre 1966.

Le « Botswana Democratic Party » est au pouvoir depuis l'indépendance et l'alternance constitue encore un défi pour cette jeune démocratie, où les élections sont libres et transparentes.

L'opposition est affaiblie par ses divisions (« Botswana National Front », « Botswana Congress Party » et « Botswana People's Party »), mais ses scores vont croissant.

Les prochaines élections présidentielles et législatives sont prévues le 16 octobre.

2. Une forte volonté d'intégration régionale

Du fait de l'histoire, le Botswana conserve des liens étroits avec le Royaume-Uni, tant dans le secteur politique et stratégique, que dans le domaine économique.

Le Botswana a également noué des relations privilégiées avec les Etats-Unis. Les Etats-Unis apportent également une aide importante au Botswana en matière de lutte contre le SIDA.

Pays enclavé, le Botswana entretient des relations étroites avec l'Afrique du Sud, qui représente son premier partenaire commercial et qui figure au premier rang en termes d'investissements étrangers.

Plus généralement, le Botswana a fait de l'intégration régionale une priorité de sa politique étrangère.

Il s'agit là d'un choix stratégique pour ce pays dont l'avenir économique dépend à terme du développement des infrastructures régionales, tant dans les secteurs de l'énergie et des transports, que financier.

La capitale du Botswana, Gaborone, accueille ainsi, depuis 2001, le siège du secrétariat de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC), qui regroupe quinze pays1(*) et qui constitue la principale organisation d'intégration régionale en Afrique australe.

Le Botswana mène également une diplomatie discrète mais active au sein de l'Union africaine et à l'ONU et il développe parallèlement ses relations avec les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil).

C. UN SYSTÈME ÉDUCATIF TRÈS DÉVELOPPÉ

L'éducation au Botswana a pendant longtemps été assurée par les seuls ordres missionnaires catholiques mais, depuis son indépendance en 1966, ce pays a fait d'importants progrès dans ce domaine.

Durant les trente premières années d'indépendance, la scolarisation primaire est passée de 66 100 élèves en 1966 à 319 000 élèves en 1995, représentant une croissance moyenne de 5,4 % par an. L'accès universel à l'enseignement de base est désormais assuré.

Les écoles secondaires ont également connu un développement tout aussi considérable. En dix ans, de 1998 à 2007, le nombre d'élèves accédant au niveau « collège » a plus que doublé passant de 100 000 à 206 000. Là aussi l'accès au collège est quasi-universel et il est prévu que le taux d'accession au lycée, qui est actuellement de 63 %, passe à 100 % d'ici 2015.

En revanche, l'accès à l'université reste relativement limité, de l'ordre de 12 % (contre une moyenne supérieure à 20 % pour les pays développés).

Il convient, en outre, de souligner la très bonne qualité des conditions d'enseignement (classes à effectifs raisonnables, bâtiments modernes et adaptés et bien entretenus, matériel scolaire de qualité, etc.) qui sont sans commune mesure avec celles observées le plus souvent ailleurs sur le continent.

Alors que pendant deux décennies l'éducation dans les écoles publiques était gratuite, le gouvernement botswanais a annoncé, en janvier 2006, la réintroduction des frais de scolarité, ce qui constitue indéniablement le signe d'un certain « recul ».

Néanmoins, la portée de cette décision doit être relativisée. Les frais de scolarité restent modestes et il existe un système de bourses pour les ménages aux revenus les plus faibles.

La langue de l'enseignement est l'anglais, même si la langue locale, le setswana, occupe une place croissante.

* 1 Les quinze pays membres de la SADC sont : l'Afrique du Sud, l'Angola, le Botswana, le Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, le Mozambique, la Namibie, la République démocratique du Congo, les Seychelles, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.