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Projet de loi autorisant l'accord-cadre entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Botswana sur l'éducation et la langue française

 

II. L'ACCORD : PROMOUVOIR L'ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS DANS UN PAYS ET UNE RÉGION DE TRADITION ANGLOPHONE

La France et le Botswana ont signé, le 20 mars 2008 à Paris, un accord-cadre portant sur l'éducation et la langue française.

Cet accord-cadre vise à renforcer la coopération éducative entre les deux pays et à promouvoir la langue française dans l'enseignement au Botswana.

A. UN ACCORD QUI VISE À RENFORCER LA PLACE DU FRANÇAIS DANS UN PAYS DE TRADITION ANGLOPHONE

1. Des relations politiques qui se développent

En tant qu'ancien protectorat britannique situé dans une région essentiellement anglophone, la République du Botswana a suscité pendant longtemps un intérêt assez limité de la part de notre diplomatie, axée sur l'Afrique francophone.

Ce n'est qu'en 2001, lors de l'installation du Secrétariat général de la SADC à Gaborone, qu'a été nommé un ambassadeur permanent en poste à Gaborone (celui-ci est dans le même temps le représentant de la France auprès de la SADC) et qu'une ambassade de France a été ouverte dans la capitale botswanaise.

Depuis cette date, les échanges se développent, marqués notamment par la visite officielle en France de l'ancien Président de la République du Botswana M. Festus Mogae, les 20 et 21 mars 2008.

2. Des échanges économiques encore modestes

Les relations économiques entre la France et le Botswana restent encore modestes, même si elles sont difficiles à évaluer du fait du transit de nombreux produits par l'Afrique du Sud, occultant d'autant les données de nos échanges extérieurs.

En 2006, les exportations françaises se sont élevées à 5,5 millions d'euros et nos exportations à 3,5 millions d'euros. En 2007, on a constaté une augmentation des exportations françaises (pour un montant de 7,5 millions d'euros), composées essentiellement de biens d'équipement, mais également d'équipement automobile et d'électronique.

Les entreprises françaises sont peu présentes au Botswana, alors que ce pays offre d'importantes potentialités d'échanges et d'investissements. Le Botswana souhaite, en effet, développer ses services financiers, ses infrastructures énergétiques, aéroportuaires, touristiques, de transports, etc.

3. Une coopération culturelle, scientifique et technique axée sur la langue française

La coopération bilatérale est principalement centrée sur la langue française.

La République du Botswana a, en effet, décidé de rendre l'apprentissage du français obligatoire dans les écoles secondaires publiques d'ici 2016, en tant que troisième langue, après l'anglais et le setswana.

Actuellement, le français est déjà la première langue étrangère enseignée au Botswana. L'afrikaans n'est présent que dans quelques écoles privées. Ni l'allemand, ni l'espagnol, ni le portugais ne sont enseignés dans le cadre scolaire ou universitaire.

8°600 élèves suivent des cours de français au niveau du collège (dont 6 500 dans le public et 2 100 dans le privé), mais l'extension dans le second cycle est encore expérimentale.

Le français est par ailleurs enseigné à l'Université du Botswana comme matière principale depuis 1994. Pour l'année universitaire 2007-2008, 219 étudiants étaient inscrits en français.

Seuls 65 enseignants de français sont en poste dans le système scolaire.

Les autorités françaises ont donc décidé d'apporter un appui au Botswana dans ce domaine.

Ainsi, un poste d'attaché de coopération pour le français a été créé au Botswana en septembre 2007 et ce dernier dirige également, depuis l'été 2008, l'Alliance française de Gaborone.

Plusieurs actions de coopération linguistique ont été mises en place depuis le début des années 2000, dans le cadre d'une expérimentation pilote au sein d'un nombre limité d'établissements, afin d'aider les autorités locales compétentes à systématiser et à généraliser l'introduction du français comme matière d'enseignement dans le programme des établissements secondaires.

Cette politique bilatérale est complétée par une action de formation de fonctionnaires et de diplomates, en liaison avec l'Organisation internationale de la Francophonie, notamment au niveau des instances de direction et d'administration de la SADC.