B. LE « CAS RADARS » MANQUE DE LISIBILITÉ ET NE REFLÈTE PAS L'EFFORT FOURNI AU TITRE DE LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE
La création du CAS en 2006 est intervenue quelques années après la mise en oeuvre de la politique de contrôle automatisé. Sa fonction était de matérialiser le lien direct entre les recettes issues de la verbalisation et les dépenses liées à la sécurité routière. Toutefois, les modifications apportées depuis 2006 ont non seulement complexifié le CAS mais lui ont également fait perdre une partie de son sens initial.
En premier lieu, le CAS ne bénéficie pas de l'ensemble des recettes des amendes liées au contrôle automatisé ou à la police de la circulation, une partie des fonds étant affectée à l'AFIT France, au FMIS, à l'ANTAI et au budget général en amont ou en aval de la répartition au sein du CAS22(*). Ainsi, sur les 2 193 millions d'euros de recettes prévues en 2025, seuls 1 864 millions d'euros devaient revenir au CAS, soit 85 %. En sens inverse, toutes les dépenses de sécurité routière portées par l'État, qui représentaient au total 5,1 milliards d'euros en 202523(*), ne sont pas assumées par le CAS, loin de là.
En deuxième lieu, des recettes des amendes sont annuellement attribuées au programme 755 « Désendettement de l'État », qui ne concerne pas des dépenses de sécurité routière, ce qui contrevient au principe de spécialité des crédits au sein du CAS. En 2025, les CP exécutés de ce programme ont représenté 39 % des dépenses du CAS.
En troisième lieu, la complexité de la répartition des crédits au sein du CAS le rend peu lisible.
Dans ces conditions, le CAS ne répond plus, en l'état, suffisamment à sa fonction première.
* 22 Voir supra.
* 23 Document de politique transversale 2026 « sécurité routière ».