C. LES DÉPENSES D'INVESTISSEMENT SONT EN BAISSE APRÈS DEUX EXERCICES MARQUÉS PAR LE FINANCEMENT DE MARCHÉS D'ÉQUIPEMENTS LOURDS

Le niveau des dépenses d'investissement dépasse la prévision de la LFI avec une surconsommation des AE (+ 16 %) et des CP (+ 9 %).

En montant, les autorisations d'engagement exécutées s'élèvent à 58,2 millions d'euros en 2025 contre 192,4 millions d'euros en 2024, soit une diminution de 69,8 %, après une précédente diminution de 56,9 % entre 2023 et 2024. Cela tient au fait que l'essentiel des nouveaux marchés d'équipements lourds ont été engagés sur 2023 et 2024 (410 millions d'euros pour le renouvellement de la flotte d'hélicoptères en 2023, et 130 millions d'euros pour le renouvellement de la flotte de Canadair en 2024). Les CP présentent également une diminution de 21,6 %, passant de 192 millions d'euros en 2024 à 150,5 millions d'euros en 2025. Ils ont notamment servi à l'acquisition d'aéronefs (101,5 millions d'euros de CP) - avec 8 H145 livrés en 2025 -, ou encore le financement de projets immobiliers, dont 6,2 millions d'euros non prévus en LFI pour l'acquisition des assises immobilières du 4ème régiment d'instruction et d'intervention de la Sécurité civile (RIISC) à Libourne.

D. LES DÉPENSES D'INTERVENTION CONNAISSENT UNE HAUSSE DURABLE AFIN D'ASSURER LE FINANCEMENT DE LA BRIGADE DE SAPEURS-POMPIERS DE PARIS (BSPP), LA MOBILISATION DES COLONNES DE RENFORT, ET LA NOUVELLE PRESTATION DE FIDÉLISATION ET DE RECONNAISSANCE (NPFR)

Les dépenses d'intervention (titre 6) se sont élevées à 212,4 millions d'euros en CP en 2025, soit un montant supérieur de 2,3 % au montant programmé en LFI (+ 4,9 millions d'euros).

Malgré la légère diminution des dépenses d'intervention (- 5,2 % par rapport à 2024), celles-ci demeurent à des niveaux relativement élevés pour trois raisons.

Tout d'abord, elles suivent le dynamisme de la contribution de l'État au financement de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP)2(*), s'élevant à 111,9 millions d'euros en 2025, en hausse de près de 40 % depuis 2015. Ce financement représente 15 % des CP hors titre 2 du programme « Sécurité civile ».

Deuxièmement, elles financent le remboursement de dépenses engagées par les SDIS dans le cadre des colonnes de renforts déployés dans une logique de solidarité nationale afin de parer aux évènements ou crises majeurs. En 2024, leur mobilisation dans le cadre des JOP avaient ainsi coûté 14,5 millions d'euros. En 2025, les inondations en Ille-et-Vilaine en janvier, les feux de forêts dans l'Aude en août 2025, les cyclones dans les territoires ultramarins ont à nouveau conduit à leur forte mobilisation pour un montant total de 24,1 millions d'euros en CP, expliquant en partie la surconsommation en titre 3.

Enfin, les dépenses d'intervention liées à la part de la nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR) assumée par l'État, connaissent une augmentation (21,2 millions d'euros en 2025, contre 17,9 millions d'euros en 2024), amenée à se poursuivre mécaniquement pour dépasser les 40 millions d'euros d'ici 2030.


* 2 En application de l'article L. 2512-19 du code général des collectivités territoriales, l'État participe aux dépenses de fonctionnement de la BSPP. Cette participation est égale à 25 % des dépenses inscrites au budget spécial de la préfecture de police relatives à la rémunération des militaires (y compris alimentation, frais d'habillement, de transport et de missions), au service d'instruction et de santé, à l'entretien, la réparation et l'installation du matériel de lutte contre l'incendie, du matériel de transport, ainsi que du matériel de transmission.

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