II. LES OBSERVATIONS DU RAPPORTEUR SPÉCIAL

A. LES DÉPENSES DE PERSONNEL CONTINUENT D'AUGMENTER, PORTÉES PAR LA PROGRESSION DE LA PART INDEMNITAIRE DES RÉMUNÉRATIONS

Les dépenses de personnel se sont élevées à 230,7 millions d'euros en AE et en CP en 2025, contre 216,1 millions d'euros en 2024, soit une hausse de 7 %, après une précédente hausse de 8,6 % en 2024. Cela s'explique notamment par la progression des rémunérations, et plus particulièrement de leur composante indemnitaire, qui représente 44 % de la rémunération globale de la sécurité civile en 2025.

Les années 2024 et 2025 ont nécessité une forte mobilisation des moyens humains en Nouvelle-Calédonie, entrainant par exemple une augmentation de l'indemnité de sujétions d'absence opérationnelle (ISAO) versée (6,3 millions d'euros en 2024). En outre, la progression des dépenses en 2025 est portée par l'exécution de mesures catégorielles (1,4 millions d'euros) avec l'application de 2 protocoles pour les personnels navigants et les techniciens sol, validés respectivement en 2023 et 2024 et dont la mise en oeuvre s'échelonne, pour chacun d'eux, sur 4 ans, cela afin d'améliorer l'attractivité des emplois.

B. UNE SURCONSOMMATION SIGNIFICATIVE DES DÉPENSES DE FONCTIONNEMENT EN RAISON D'ENGAGEMENTS OPÉRATIONNELS PARTICULIÈREMENT INTENSES POUR FAIRE FACE AUX FEUX DE FÔRETS AINSI QU'AUX CATASTROPHES NATURELLES DANS LES OUTRE-MER

Les dépenses de fonctionnement (titre 3) du programme 161 se sont élevées à 373,8 millions d'euros en CP, contre 240,9 millions d'euros ouverts en LFI pour 2025.

Cette surconsommation des dépenses de fonctionnement de 133 millions d'euros (+ 55 % par rapport à la LFI 2025) s'explique essentiellement par la mobilisation de moyens opérationnels exceptionnels pour faire face aux crises dans les outre-mer et à une saison des feux de forêt de très haute intensité qui, ensemble, ont conduit à un surcoût de 126,6 millions d'euros.

Pour faire face aux conséquences du cyclone Chido qui a frappé Mayotte en décembre 2024 (40 décès, 41 portés disparus, 125 blessés graves), la sécurité civile a engagé près de 2 600 sapeurs-pompiers et sapeurs-sauveteurs de différentes unités et a contribué à l'envoi de 8 200 tonnes de fret, pour un coût estimé à 86 millions d'euros. La gestion du cyclone Garance, qui a touché La Réunion en février 2025, et la crise en Nouvelle-Calédonie ont également entraîné des surcoûts de respectivement 2,7 millions d'euros et 8,5 millions d'euros respectivement.

La saison des feux de forêt 2025 a été d'une intensité nettement supérieure à la moyenne : 16 300 feux recensés et plus de 30 000 hectares détruits par les incendies, dont 11 000 par le seul mégafeu de Ribaute dans l'Aude. À titre de comparaison, 5 100 hectares et 13 700 hectares avaient été détruits en 2023 et 2024. L'été 2025 a donc requis une mobilisation massive des moyens humains, avec 10 200 hommes/jours mobilisés, et aériens, avec la location de 10 hélicoptères bombardiers d'eau et 6 avions légers bombardiers d'eau, soit le maximum permis par le marché renforcé suite à la saison des feux exceptionnelle de 2022. Le surcoût lié à cette activité opérationnelle exceptionnelle atteint 26 millions d'euros.

Enfin, s'ajoutent des dépenses imprévisibles liées à la gestion d'un contentieux dans le cadre du marché de maintien en condition opérationnelle (MCO) des hélicoptères (13,6 millions d'euros) ou encore l'acquisition de moteurs de Canadair.

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