LISTE DES PERSONNES ENTENDUES

Pour le Ministère de l'Europe et des affaires étrangères :

- M. Gwen DUBOIS, Conseiller politique à la Direction de l'Union Européenne

- Mme Valeria MANZIONE, Rédactrice à la Mission des Accords et Traités, Direction des affaires juridiques

Pour le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires :

- M. Frédéric BRANGER, chef de bureau des marchés carbone à la Direction générale de l'Energie et du Climat

- M. Dimitri LEPOUTRE, chargé de mission - Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières à la Direction générale de l'Energie et du Climat

ANNEXE 1 :
BILAN DE L'ÉVOLUTION DU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET DES ÉMISSIONS DE GES (2026)

I. Les indicateurs thermiques

A. Les indicateurs récents

L'Europe vient de connaître des semaines exceptionnelles dans les dernières semaines de juin 2026. Les relevés météorologiques de fin juin 2026 montrent une intensification marquée des anomalies thermiques. Plusieurs pays ont battu leurs records historiques de température en même temps : la France a atteint 43,8°C, l'Allemagne 41,7°C et la République tchèque 40,6°C(15).

Certaines régions ont enregistré des pics de 20°C au-dessus des normales saisonnières. Cependant, les climatologues s'accordent pour dire que ces situations extrêmes deviennent la nouvelle norme(16). Au cours des prochaines décennies, nous allons probablement assister à une transformation durable de nos repères météorologiques.

À l'échelle planétaire, les chiffres confirment cette tendance. En 2025, la température moyenne mondiale s'est établie à +1,44°C(1) au-dessus des niveaux préindustriels. C'est le deuxième record(2) en 176 ans de mesures. L'année 2024 gardant la première place avec +1,55°C le premier dépassement annuel du seuil critique de 1,5°C.

La dernière décennie 2015-2025 est la plus chaude jamais enregistrée(17). Et cette chaleur continue a des conséquences visibles : les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus longues, ce qui augmente la mortalité chez les personnes les plus vulnérables. Les transports et les réseaux électriques subissent des pics de stress. Les rendements agricoles baissent, ce qui pousse les prix alimentaires à la hausse.

B. L'océan absorbe la majeure partie de ce surplus de chaleur

L'air n'est pas le seul à se réchauffer : Les océans occupent une place centrale en absorbant environ 91% du surplus d'énergie piégé par les gaz à effet de serre. Cependant, durant l'année en 2025, le contenu thermique des océans a atteint un niveau jamais vu. Ce qui n'est pas sans conséquence : près de 90%(9) de la surface océanique a connu au moins un épisode de canicule marine au cours de l'année. Concrètement cela mène à une situation où les poissons migrent(6) ou meurent(5) et où certains écosystèmes marins s'effondrent(19).

Ce n'est pas tout, car dans le même temps, la glace disparaît. La banquise arctique a atteint son plus bas niveau hivernal en 2025(11). Le Groenland et les glaciers alpins perdent du volume à un rythme sans précédent. Toute cette eau douce qui s'écoule dans l'océan modifie la salinité et pourrait perturber les grandes circulations océaniques qui régulent le climat à l'échelle mondiale(18).

Le niveau des mers monte par conséquent. Nous en sommes maintenant à 11 cm au-dessus de la référence de 1993(10), et cette montée s'accélère. Pour les populations côtières, les effets sont les suivants : les côtes reculent, les tempêtes submergent davantage, et certaines collectivités commencent à planifier la relocalisation d'habitations et d'infrastructures.

II. Les concentrations de gaz à effet de serre, ou la cause direct du réchauffement planétaire

Tous ces changements thermiques proviennent d'une seule cause directe : l'accumulation de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Ces gaz piègent la chaleur qui devrait s'échapper vers l'espace.

Le dioxyde de carbone (CO2) atteint des niveaux sans précédent. Nous en sommes à 425,6 parties par million(ppm) en 2025(20), soit une augmentation de 52% depuis l'ère préindustrielle. Cette quantité est exceptionnelle puisqu'une telle concentration n'avait pas été observée depuis environ 2 millions d'années(3).

Environ 50% des émissions de CO2 que nous produisons restent dans l'atmosphère. Le reste est capté par les forêts et les océans. Mais ces « puits de carbone naturels » perdent en efficacité. Les dernières données montrent que 8% de l'augmentation du CO2 atmosphérique depuis 1960 résulte de l'affaiblissement de ces puits de carbone(7). Affaiblissement provoqué par le changement climatique lui-même. C'est une boucle de rétroaction négative : le climat change, ce qui rend plus difficile l'absorption naturelle du carbone, ce qui aggrave le changement climatique.

L'océan s'acidifie progressivement(8). Cela perturbe les organismes marins qui construisent leurs coquilles et donc toute la chaîne alimentaire marine. Dans les forêts, les incendies et les maladies liées au stress climatique transforment certains massifs de puits de carbone en sources d'émissions.

III. D'où viennent les émissions de GES dans l'Union Européenne ?

En Europe, elles se répartissent entre quatre grands secteurs :

Le transports ( 31%) Ce secteur décarbonate beaucoup plus lentement que les autres. Les voitures et les camions dominent largement. Viennent ensuite l'avion et le transport maritime.

L'industrie ( 20%) Les processus industriels lourds (sidérurgie, ciment, chimie) restent les plus gros émetteurs.

L'approvisionnement en énergie(19) ( 27%) Malgré la part croissante des énergies renouvelables, la production d'électricité au gaz naturel Les bâtiments résidentiels et tertiaires (12%) Le chauffage, la climatisation et l'eau chaude sanitaire dans les immeubles résidentiels et de bureaux dépendent encore fortement des énergies fossiles.

L'agriculture (11%) Ce secteur émet peu de CO2 direct, mais beaucoup de méthane (provenant du bétail) et de protoxyde d'azote (des engrais azotés). Ces deux gaz réchauffent l'atmosphère beaucoup plus efficacement que le CO2.

IV. Deux futurs possibles selon le GIEC :

A. Scénario 1 : si aucune transition n'est coordonnée et mise en place (+3 à +4°C d'ici 2100)

Sans transition énergétique majeure, les modèles climatiques prédisent une rupture. Les températures estivales en Méditerranée dépasseraient régulièrement 50°C. Le bassin méditerranéen s'assécherait structurellement, rendant l'agriculture difficile. L'Europe du Nord enregistrerait des crues chroniques et majeures. Les dégâts seraient énormes, et les budgets publics ne pourraient pas y faire face(12).

B. Scénario 2 : la transition coordonnée (+1,5 à +2°C)

Si les gouvernements mettent en oeuvre sérieusement la neutralité carbone par des réglementations ambitieuses, le remplacement des énergies fossiles, l'adaptation des infrastructures le réchauffement pourrait être stabilisé. L'inertie climatique signifie que les risques augmenteront encore pendant des décennies, mais ils resteront gérables. Avec des infrastructures résilientes, une meilleure gestion de l'eau et des pratiques agricoles adaptées, l'Europe peut préserver sa continuité économique et sociale(13).

Bibliographie :

1 = https://wmo.int/publication-series/state-of-global-climate/state-of-global-climate-2025

2= https://wmo.int/fr/news/media-centre/lomm-confirme-que-2025-ete-lune-des-annees-les-plus-chaudes-jamais-enregistrees

3 = https://essd.copernicus.org/articles/18/3211/2026/

4 = https://globalcarbonbudget.org/gcb-2025/

5 = https://france3-regions.franceinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/canicule-l-eau-a-36-degres-c-est-impossible-ce-pecheur-s-inquiete-des-effets-du-rechauffement-climatique-sur-les-populations-de-poissons-3377146.html

6 = https://www.geo.fr/environnement/mediterranee-en-surchauffe-les-poissons-fuient-et-les-etals-se-vident-227442

7 = https://www.cea.fr/drf/Pages/Actualites/En-direct-des-labos/2024/declin-sans-precedent-puits-carbone-terrestre.aspx

8= https://www.agenda-2030.fr/a-la-une/actualites-a-la-une/article/la-septieme-limite-planetaire-franchie-un-signal-d-alerte

9= https://unric.org/fr/climat-90-de-la-chaleur-des-emissions-absorbee-par-les-oceans/

10 = https://www.franceinfo.fr/environnement/crise-climatique/crise-climatique-certaines-regions-de-l-ocean-pacifique-sont-confrontees-a-une-montee-des-eaux-encore-plus-rapide-que-la-moyenne-mondiale_6744694.html

11 = https://news.un.org/fr/story/2025/12/1158119

12= https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-du-climat/fr/4-scenarios-et-projections-climatiques

13= https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-du-climat/fr/4-scenarios-et-projections-climatiques

15= https://www.touteleurope.eu/environnement/canicule-alerte-rouge-aux-pays-bas-et-dans-les-balkans-systemes-de-sante-sous-tension-l-europe-bat-des-records-de-temperature/#:~:text=La%20R%C3%A9publique%20tch%C3%A8que%20a%2C%20elle,ce%20n'est%20pas%20tout.

16= https://www.nationalgeographic.fr/environnement/sante-publique-les-episodes-de-chaleur-intense-pourraient-devenir-la-norme-europe-france

17= https://wmo.int/fr/news/media-centre/le-climat-de-la-terre-est-de-plus-en-plus-desequilibre

18= https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/la-salinite-de-l-ocean-indien-s-effondre-a-un-rythme-inquietant-pour-la-biodiversite-1675926.html

19= https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-du-climat/fr/8-panorama-europeen-des-emissions-de / https://www.europarl.europa.eu/pdfs/news/expert/2018/3/story/20180301STO98928/20180301STO98928_fr.pdf

20 = https://essd.copernicus.org/articles/18/3211/2026/#top

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