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Projet de loi de finances pour 1996

 

D. CANAL FRANCE INTERNATIONAL

1. La « télévision française dans le monde »

Créée en 1989 à l'initiative du ministère de la Coopération et du Développement afin de moderniser son action en direction des télévisions africaines, en substituant à une distribution de programmes par cassettes vidéo enregistrées, une fourniture de programmes diffusés par satellite en direction des pays du champ de la coopération. CFI est devenue progressivement, avec la participation croissante du ministère des Affaires étrangères, dès 1990, la chaîne de promotion de la télévision et du cinéma français dans le monde.

Elle est rapidement passée d'une « logique africaine » à une « logique mondiale ».

Son champ de diffusion, en 1990, a été élargi aux pays d'Europe centrale et orientale, puis à l'Asie; une diffusion expérimentale a été demandée en Amérique latine fin 1994.

A la fin de 1989, CFI relayait quatre heures de programmes télévisés par jour en direction de l'Afrique francophone. En 1995, la chaîne diffuse, 24 heures sur 24, 9 600 heures de programmes par an sur tous les continents grâce à un réseau de cinq canaux satellitaires contre 1 460 en 1989, soit une multiplication par 6,5 en dix ans de l'offre de programmes.

Le budget de CFI a plus que triplé en six ans, passant de 54,6 millions de francs en 1989 à 173,2 millions de francs en 1995, en progression de 8,3 % par rapport à 1994.

a). Une banque d'images

En tant que banque d'images, CFI met à la disposition des télévisions des pays ayant signé des accords de coopération avec la France, des programmes libres de droits qui peuvent être repris sur les réseaux nationaux.

Ces programmes sont constitués à 60 % de reprises de chaînes françaises. Le reste provient des producteurs de cinéma et de télévision, des télévisions partenaires et notamment celles d'Afrique avec lesquelles sont coproduites plusieurs émissions.

CF1 propose actuellement 24 heures de programmes quotidiens, dont une partie en rediffusion composée pour un quart de fictions, pour un quart de divertissements (variétés, jeunesse...), pour un quart d'informations et pour un dernier quart de documentaires et magazines.

Depuis 1994, CFI propose par découplage un module quotidien de 5 heures, destiné spécifiquement à l'Asie et au Proche et Moyen Orient, avec une partie d'émissions doublées ou sous-titrées en anglais qui préfigure la régionalisation des programmes de CFI, mise en place au cours du dernier trimestre 1995.

La banque d'images reprend également en direct, toutes les fois qu'elle en obtient les droits, de nombreux événements culturels et sportifs ou liés à l'actualité. CFI a proposé à l'ensemble du continent africain les jeux panafricains qui se sont déroulés au Zimbabwe en septembre 1995.

Au total, 45 télévisions étrangères ont signé un accord de coopération avec CFI, dont 25 en Afrique francophone et 10 en Europe centrale et orientale.

Elles ont ainsi été dotées du matériel de réception, d'enregistrement et, le cas échéant, de sous-titrage, leur permettant de reprendre CFI. En contrepartie, elles se sont engagées à rediffuser sur leur antenne un certain volume d'émissions sélectionnées dans le programme de CFI.

En outre, CFI a passé des accords de diffusion modulés selon les conditions de solvabilité et la nature des émissions reprises avec des réseaux de pays ne relevant pas de la diffusion culturelle, ce qui porte à plus de 80 le nombre d'opérations de télévision avec lesquelles CFI est en relation contractuelle dans une soixantaine de pays.

Outre huit journaux d'information quotidiens, dont deux sont sous-titrés en anglais, CFI diffuse de nombreux événements culturels et sportifs en direct.

CFI propose un choix de programmes variés : des documentaires, des fictions, des magazines d'actualités, des émissions de variétés, des programmes pour la jeunesse et plus de 150 longs métrages par an. Les acquisitions de CFI proviennent des chaînes du service public ou des télévisions privées, ainsi que des sociétés de productions de cinéma et de télévision.

Certains programmes sont réalisés en coproduction avec les partenaires locaux de CFI, tout particulièrement en Afrique.

Les émissions et films diffusés par CFI peuvent représenter selon les cas jusqu'à 80 % de la programmation locale des chaînes de télévision partenaires.

CFI, par ailleurs, est largement regardée par les postes diplomatiques, les Alliances Françaises, les centres culturels, les lycées français et, d'une manière générale, par les nombreux expatriés français à travers le monde.

b). Une politique de l'offre

CFI a diffusé, en 1994, 9 559 heures de programmes dont :

-7 363 heures de programmes CFI réparties en :


·1 522 heures d'informations (20,6 %)


·3 677 heures de programmes originaux (50 %)


·2 170 heures de rediffusions (29,4 %)

-2 190 heures de reprises de la chaîne musicale internationale MCM (diffusées entre 23 h et 9 h).

Par rapport à 1993, le volume diffusé (hors information) a progressé de 53,5% (5847 heures contre 3415 heures) pour une croissance de volume de programmes originaux de seulement 7,7 % (3 677 heures contre 3 415 heures).

En conséquence, le taux de rediffusion des programmes s'est établi à 1,7 en moyenne en 1994, contre 1,1 l'année précédente.

L'importance du taux de rediffusion s'explique, entre autres, par le lancement, en mai 1994, du décrochage quotidien de 4h30 à destination de l'Asie et du Proche et Moyen Orient, qui a représenté en fin d'année un volume supplémentaire de diffusion de 954 heures.

Sur les 3 677 heures de programmes originaux proposées par CFI aux télévision partenaires, 59% proviennent de France Télévision, soit 2 169 heures, 5 % de TFl et 5 % d'ARTE, 1 % de M6, 10 % sont de programmes gratuits et 20 % des acquisitions, représentant 727 heures. Les programmes achetés sont, pour 46 %, des fictions dont une centaine de longs métrages.

CFI sera, en 1995, reprise par une centaine de chaînes, contre 71 chaînes de 61 pays au 31.12.1994.

L'étude des reprises de programmes par zone met en évidence une indiscutable présence en Afrique subsaharienne (80 heures en moyenne par mois et par télévision), des positions fortes dans le monde arabe (25 heures en moyenne par pays), et en Europe centrale et orientale (23 heures en moyenne par pays). Les programmes de CFI sont, dans ces zones, rediffusés sur les principales chaînes publiques, ce qui en accroît considérablement l'impact.

En Asie, le volume moyen de 19 heures par pays masque de fortes disparités. Si un pays comme le Viet Nam fait largement appel aux programmes de CFI, d'autres télévision ne diffusent, en fait, que le journal de France 2 sur des chaînes secondaires.

c). Une audience potentielle importante L'audience de CFI peut être approchée :

-par l'analyse de la rediffusion de ses images sur les écrans 100 des chaînes nationales locales, ce qui lui permet d'avoir un public potentiel de 650 millions de personnes dans quatre zones :

ï l'Extrême-Orient et l'Océanie (300 millions)

ï l'Europe centrale et orientale -y compris la Russie-(275 millions)

ï le Proche et Moyen-Orient, l'Afrique du Nord (43 millions)


· L'Afrique subsaharienne (31 millions)

- par la mesure de sa réception directe :

ï en hertzien dans quatre pays d'Afrique et un pays d'Asie (soit une audience partielle de 3 millions de nationaux et de 13 000 Français) ;

ï par le câble ou le MMDS dans deux pays d'Asie et trois pays du Golfe (1,2 million de nationaux et 7 000 Français) ;

ï par le satellite dans le monde arabe (CFI est diffusée sur les bouquets d'Arabsat 1 D), en Asie du Sud-Est (grâce au satellite Palapa B2), en Afrique (grâce à INTELSAT 601), soit une audience potentielle totale de 13 millions de nationaux et 180 000 Français.

d). La place de CFI au sein de l'action audiovisuelle extérieure

Le CAEF de 1994 a précisé le rôle de CFI dans ce dispositif en clarifiant son rôle par rapport à TV5, instrument privilégié du rayonnement de la langue française : CFI doit être la chaîne de promotion de l'image de la France, y compris auprès des non francophones, tant dans son rôle de banque d'images que dans le cadre de la réception directe.

Elle poursuit donc son effort d'adaptation de son offre de programmes aux zones desservies avec des modules régionalisés recourant aux langues étrangères et de contribution à l'exportation des programmes français en utilisant comme vecteurs ses capacités de diffusion.

C'est dans le cadre de ses missions que la banque d'images prépare depuis plusieurs mois la régionalisation de ses programmes qu'autorise l'utilisation de plusieurs satellites. Dès l'automne 1995, CFI lancera un programme spécifique pour l'Asie et l'Europe centrale et orientale, un programme particulier pour les pays du Proche et Moyen Orient et l'Asie, un programme pour l'Amérique latine. En 1996, cet effort devrait être accentué afin que chaque zone reçoive un programme qui lui soit propre.

Cette régionalisation permettra une meilleure adaptation de l'offre de programmes aux demandes émanant des différentes zones : intensification des émissions en langues étrangères (anglais, espagnol, arabe), augmentation de programmes pour doublage et sous-titrage en langues locales et reprises d'images locales.

Par ailleurs, la nécessité d'adapter son dispositif d'information à son public conduit CFI à le compléter par deux nouveaux produits : un magazine tout en images en plusieurs langues pourrait démarrer début 1996 sur l'ensemble du réseau et un journal international quotidien en français et anglais représentant le point de vue français sur l'actualité internationale pourrait être mis à l'antenne courant 1996.

Par ailleurs, les possibilités techniques de la diffusion analogique, de la diffusion numérique demain, qui permettent, par le recours au cryptage notamment, de mieux cibler les destinataires des programmes, permettront à CFI d'amorcer une logique commerciale selon des modalités adaptées aux différents cas dans les zones solvables d'Asie et d'Amérique latine et d'Europe centrale et orientale.

Enfin, le rôle donné à CFI dans le dispositif audiovisuel extérieur français implique un rapprochement avec TV5, rapprochement qui a été amorcé en 1995 le domaine structurel, CFI étant entré dans le capital de TV5 Europe en reprenant les parts détenues par la SOFIRAD à hauteur de 22 % du capital. Afin de parvenir à une meilleure complémentarité entre les sociétés et une optimisation des moyens consacrés à l'audiovisuel extérieur, ce rapprochement devrait se poursuivre au cours des mois à venir en matière de programmes, de moyens techniques et immobiliers, de stratégies de développement communes.

2. Le budget de CFI

a). En 1994

Le budget réel de CFI a été de 158,7 millions de francs, contre un budget prévisionnel de 146,2 millions de francs (soit un écart de 12,5 millions de francs, soit + 8,5 %). Ce dépassement est essentiellement dû à l'augmentation plus forte que prévue du nombre d'heures de reprises des chaînes, qui a augmenté de 60% de 1993 à 1994 (4 034 heures contre 2 523 heures).

b). En 1995

Le budget prévisionnel de CFI était de 173,2 millions de francs, soit une hausse de 9,1 %. Les principaux postes du budget de CFI sont les suivants :

Les ressources budgétaires financent 94 % du budget de CFI, avec une subvention du ministère des Affaires étrangères de 102,3 millions de francs et du ministère de la Coopération de 50 millions de francs. Les ressources propres représenteraient 12 millions de francs en 1995.

Coût de la grille de CFI

(en millions de francs)

1. Coût global

Le coût global devrait atteindre, en 1996, 61,15 millions de francs, en progression de 28 %, pour représenter 30,4 % du budget de CFI.

2. Coût des grilles régionales (estimation)

Source : CFI