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Projet de loi de finances pour 1996

 

E. RADIO -FRANCE OUTRE-MER

1. Des atouts incontestables...

RFO dispose de plusieurs atouts pour participer à l'action internationale de la France : imprégnation dans les univers régionaux du monde, réception de ses émissions nationales ou locales par ses voisins, couverture satellitaire, quasiment mondiale et en pointe, avec la technique du numérique compressé. En outre, elle collabore au plan éditorial et technique aux missions de CFI et de TV5.

Elle peut participer à l'action audiovisuelle internationale de la France à un triple titre :

a). La réception des émissions par les pays francophones voisins

Ces émissions sont soit celles qui proviennent de Métropole, soit celles que RFO émet par la voie hertzienne lorsqu'il y a liaison directe, ou le cas échéant, par relais satellite.

La réception, à l'étranger, d'émissions de Métropole destinées à RFO se heurte cependant à divers obstacles :

-au plan technique, le passage au numérique a exigé l'équipement des télévisions voisines de décodeurs pré-financés par RFO,

-au plan des droits, la clarification du régime juridique de ces « débords » serait utile.

Il serait plus judicieux d'utiliser le vecteur de ces transmissions pour concevoir certains programmes « ad hoc » et pour en faciliter l'utilisation à des pays nouveaux ou à des chaînes supplémentaires.

Le second cas revient, pour RFO, à fabriquer des émissions pour l'environnement régional.

La création, à partir des émissions actuellement produites par les stations régionales de RFO, de magazines agencés pour le public des régions limitrophes des DOM TOM permettrait de toucher, à moindre coût, des populations qui peuvent, dès à présent, recevoir les signaux de RFO par satellite ou par reprise hertzienne.

b) Les collaborations régionales

RFO est engagée, à des degrés inégaux, dans quatre collaborations régionales :

-dans l'Océan Indien, au sein de l'association des radiotélévisions de l'Océan Indien (ARTOI) pour des échanges techniques et culturels, sans parvenir aujourd'hui à des échanges généralisés de programmes, notamment avec l'Afrique du Sud et sans avoir une communication satellitaire.

-dans la Caraïbe, dans le cadre de la Carribean Broadcasting Union (C.B.U.) où se développent des échanges de monitoring et de magazines entre la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et les pays environnants ;

-dans le Pacifique, par des actions d'assistance technique, RFO Pourrait, à ce titre, exploiter le satellite POLYSAT qui irrigue l'ensemble des pays du Pacifique (qui sont aptes à recevoir, mais n'exploitent pas des produits français typés) de toutes les émissions, d'une part, reçues en France, d'autre part, expédiées depuis Tahiti. Mais il n'y pas de produit spécial en langue internationale sur la version française de sujets du Pacifique Sud.

-dans l'Atlantique Nord, par des échanges de diverses natures en télévision et radio, avec l'environnement canadien.

Dans ces conditions, les perspectives d'une collaboration régionale, à laquelle ' Union européenne peut s'intéresser pour les relations des DOM-TOM avec les PTOM et les ACP, permettraient à RFO de mettre en relation les divers pays et territoires d'outre-mer avec les pays d'Afrique, de la Caraïbe et du Pacifique et d'assurer, de la sorte, sa participation à la mission européenne de désenclavement.

2...complétés par l'AITV...

L'agence internationale d'images (AITV) constitue une 2ème rédaction de RFO, exclusivement tournée vers l'étranger, financée par les ministères de la Coopération et des Affaires étrangères et diffusée par Canal France International (CFI) et par TV5.

Après la forte diminution des crédits du ministère de la Coopération en 1993, les crédits publics ont retrouvé leur niveau de 1992, soit 10 millions de francs pour la Coopération et 5,1 millions de francs pour les Affaires étrangères. Malgré une diminution sensible des financements de l'Agence de coopération (ACCT) la baisse des recette de commercialisation et le maintien des crédits de la CEE (0,9 million de francs), ce budget s'est établi à 16.3 millions de francs, en augmentation de 2 millions de francs par rapport à 1993.

L'AITV a pu ainsi réaliser pour CFI cinq monitorings (deux en français, deux en espagnol et un en anglais), ainsi que deux magazines mensuels de 26 minutes. TV5 a repris ces deux magazines et diffusé également le bimestriel de 26 « Femmes d'Afrique » que l'AITV réalise pour la chaîne francophone. RFO a continué à diffuser le magazine hebdomadaire « Spécial Proche Orient » financé par la CEE, mais a, en revanche, abandonné à mi-année la réalisation avec France 3 Méditerranée du magazine « Rivages », faute d'un financement suffisant. Au total, l'AITV a réalisé, par ses propres moyens, au-delà du simple reformatage des chaînes, 1917 sujets contre 1 060 en 1993 (+ 15,5 %) qui sont venus s'ajouter aux 30 magazines mensuels.

Au-delà de ce bilan purement quantitatif, il faut signaler les efforts accomplis par l'AITV dans deux directions. Pour répondre aux demandes du ministère des Affaires étrangères. l'Agence a tout d'abord réorienté son choix de sujets en privilégiant dans ses monitorings les sujets en provenance des chaînes publiques en limitant, dans la mesure du possible, le recours aux extraits de TF 1: 4 431 sujets de France Télévision contre 2 963 de TF 1.

Par ailleurs, les deux rédactions de RFO ont accru très sensiblement leurs échanges. L'AITV a utilisé 923 sujets réalisés par la rédaction nationale de RFO (+ 75 %) ; les magazines de l'AITV sont systématiquement adressés aux stations qui les diffusent dans leur grille.

Mais le cadre dans lequel s'est inscrite l'activité de l'AITV jusqu'à présent devrait se modifier sensiblement à la suite des décisions du Conseil de l'audiovisuel extérieur de la France : rationalisation des structures entre les sociétés qui participent à cette action extérieure dans le domaine de la télévision et de la radio, réalisation d'un journal international qui pourrait être décliné en plusieurs éditions, en fonction des zones concernées, maintien des monitorings pour les télévisions d'Afrique.

Ces projets devraient avoir des répercussions importantes, non seulement sur l'AITV, mais également sur la direction technique puisque RFO assure actuellement et jusqu'en 1997 la régie finale de l'ensemble des programmes de CFI : l'ensemble de ces activités financées au travers de CFI représentent un total de plus 30 millions de francs.

3. ...qui pourrait fusionner avec CFI

Depuis 1992, les prestations fournies par l'AITV et diffusées par CFI, sont directement financées par CFI, les ministères des Affaires étrangères et de la Coopération ayant abondé le budget de CFI de la somme correspondante.

Cette modification va dans le sens des préconisations du Conseil audiovisuel extérieur de la France qui a décidé un rapprochement entre les différents opérateurs de la diffusion extérieure de la France.

Le plan de développement de CFI prévoit un regroupement géographique avec TV 5 et la mise en commun des moyens de diffusion des programmes, d'une part, et de l'information, d'autre part.

Dans cette perspective, l'AITV, qui réalise et fournit actuellement la totalité des monitorings d'actualité pour le compte de CFI, a été pressentie par celui-ci pour poursuivre son activité selon un cahier des charges qui en modifie la nature et avec le projet que l'AITV, ou sa structure équivalente, se déplace physiquement dans les futurs locaux communs de CFI/TV 5 dans un proche avenir.

Le calendrier prévisionnel, mis en place par CFI, fixe à début janvier 1996, de nouveaux produits destinés aux télévisions étrangères (essentiellement des monitorings d'actualité d'une durée plus longue qu'actuellement) et un journal international tout images (sans présentation) et, au mois d'avril 1996, la diffusion d'un journal télévisé international avec présentation.