Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi de finances pour 1996

 

C FRANCE 3 EN 1994-1995

1. Les budgets 1994-1995

a). L'exécution du budget de 1994

Le budget initial, approuvé par le conseil d'administration de la chaîne était fixé à 4.703,8 millions de francs. Compte tenu des corrections techniques, il s'est finalement élevé à 4.981,9 millions de francs.

Par rapport aux prévisions budgétaires, les ressources ont augmente de 79,2 millions de francs et les dépenses de 61,4 millions de francs. Le solde budgétaire a été en excédent de 17.8 millions de francs et le résultat de gestion a été positif (+ 102,2 millions de francs) grâce à un accroissement du stock de programmes de 84,4 millions de francs. Ces deux indicateurs sont positifs depuis 1992.


· Les recettes ont atteint 5 061 millions de francs contre une prévision dans le projet de loi de finances pour 1994 de 4 560 millions de francs soit une progression de 10 % :

- la redevance a constitué les 3/5 des ressources avec 3.306,7 millions de francs (3.252 millions de francs prévu) et la subvention d'exploitation pour remboursement des exonérations de redevance a été fixée à 208,5 millions de francs,

- les recettes propres ont fortement progressé au cours de l'exécution du budget : la publicité a rapporté 10,6 % de plus que prévu (985,2 millions de francs contre 880 millions de francs), le parrainage 40 % de plus (85,1 millions de francs contre 51 millions de francs) et les recettes commerciales prévues a hauteur de 75,8 millions de francs ont finalement représenté 337,5 millions de francs en d'une modification de la comptabilisation des coproductions « internes ».


· Les charges ont représenté 5.043,3 millions de francs alors que le projet de loi de finances avait établi une prévision de dépenses pour 4.98l,9 millions de francs (soit un écart de 1 %).

Cette stabilité concerne essentiellement les dépenses de personnel qui n'ont progressé en cours d'exécution que de 1 million de francs pour atteindre 1.545 millions de francs.

L'évolution du chiffre d'affaires de France 3 en 1990-1994

(En millions de francs)

(1) Le montant de la publicité nette est exprimé en valeur nette, c'est-à-dire commission de régie déduite et CNC inclus (pour 1994, soit 951,1 millions de francs, hors 45,1 millions de francs CNC).

Source : France 3

L'analyse budgétaire par secteur d'activité en 1994

(En millions de francs)

Le tableau de synthèse fait apparaître, sous une forme résumée, les soldes budgétaires, tant en dépenses qu'en recettes, des directions opérationnelles regroupées en grands secteurs.

Dépenses de France 3

Recettes de France 3

Source : FRANCE TÉLÉVISION

b). Les prévisions d'exécution du budget 1995

Le conseil d'administration du 27 juillet 1995 a examiné un budget modificatif en progression de 2,3 % (4 949,5 millions de francs contre 4 837,5 millions de francs au budget initial approuvé le 16 décembre 1994).

L'écart de 112 millions de francs est dû à une progression des ressources publicitaires.

Le résultat devrait être équilibré en fin d'année.

2. Le bilan de la diffusion en 1994

France 3 a diffusé, en 1994, sur l'ensemble de ses émetteurs 16 690 heures de programmes dont 6 402 heures au titre de l'Antenne Nationale et 10 288 heures cumulées au titre des Antennes Régionales

(13 régions, 24 bureaux régionaux d'information et 15 télévisions de proximité).

Ceci représente une moyenne quotidienne d'environ 19 heures 15 minutes dont près de 17 heures 30 d'antenne nationale et plus d'une heure 45 minutes de programme régional.


·
La diffusion nationale a représenté 6 402 heures en 1994, soit une Progression de 364 heures par rapport à 1993. Celle-ci est la plus forte constatée depuis 1990.

Au-delà des ajustements de la durée quotidienne de diffusion, l'évolution rend surtout compte de la reprise sur les antennes de France 3 du programme d'Euronews, de 6 h à 7 h, à compter du mois d'avril 1994.

Il convient, par ailleurs, de noter que ce volume diffusé comporte pour 30 heures environ, l'alimentation en programme de la « syndication » régionale du samedi après-midi.

En 5 ans (1990-1994), la diffusion a augmenté de 30,7 % (soit 1500 heures).


· La diffusion régionale
a représenté 10 288 heures dont :

- 4 538 heures d'émissions quotidiennes d'information régionale (y compris le Journal Rhône-Alpes) ;

- 345 heures de télévision proximité correspondant à 13 éditions locales et 2 pages pluri-départementales ;

- 5 405 heures de programmes régionaux hors journal télévisé (dont 210 h 06 de décrochages exceptionnels et 50 h 20 d'émissions de couverture des élections cantonales) ;

3. Un remarquable effort de connaissance des coûts

a) Une démarche pertinente

Parallèlement à la rénovation des systèmes comptables et budgétaires France 3 a mis en oeuvre à partir de 1993 des outils nouveaux de comptabilité analytique.

La méthode de connaissance des coûts a France 3

« Traditionnellement, la présentation budgétaire retient le coût d'approvisionnement en oeuvres audiovisuelles comme indicateur en matière de dépenses de programmes. Sous la forme d'acquisitions de droits (achats et coproductions) ou sous la forme de productions propres, cet approvisionnement constitue un investissement ne pesant pas directement sur le compte de résultat de l'exercice. L'analyse comptable, elle, retient comme principal phénomène économique la diffusion des oeuvres, celle-ci pesant dans le compte de résultat par le biais d'amortissements.

« Sans négliger l'analyse en termes d'approvisionnement dont la régulation dépend de la capacité d'autofinancement et de la politique en matière d'évolution des stocks, le pilotage du résultat annuel dépend du coût de diffusion. Le coût de diffusion, élément majeur de détermination du résultat, constitue, par ailleurs la donnée la plus comparable entre diffuseurs, quels que soient les modalités et les rythmes d'approvisionnement en programmes. Dans une société comme France 3, compte tenu de la multiplicité des sources de programmes et de l'importance de la part autoproduite (information, Télévision régionale...), le calcul d'un coût global de diffusion suppose la mise en place d'un processus homogène de calcul des coûts de revient des programmes audiovisuels acquis ou produits, ainsi que la mise en oeuvre logique d'un processus d'amortissements de ces coûts au moment de la diffusion.

« Ce processus, distinguant, pour toutes les émissions, la phase de fabrication de celle de diffusion, existe depuis 1993. Il permet, à l'instar de ce qui existait traditionnellement pour le Programme national, d'analyser la totalité du coût de diffusion de la grille de France 3. Le coût de diffusion est analysé au sens strict comme étant la charge d'amortissement induite par la consommation d'immobilisations (ou de stocks) de programmes dont les coûts de constitution ont été déterminés auparavant. Une définition au sens large du coût de diffusion existe également et étend la notion de coût de revient des grilles diffusées en incorporant des coûts d'activité qui correspondent à la mise en oeuvre (conception, programmation, télédiffusion) des grilles diffusées.

« En outre, la comptabilité analytique de France 3 utilise depuis 1991 la gestion par les activités, qui permet d'analyser les coûts industriels de fabrication des programmes et de distribution. La « gestion par les activités » permet de connaître la contribution de tous les acteurs de France 3 aux missions de l'entreprise. A cet égard, l'analyse par activité a fourni deux enseignements majeurs. Dans un premier temps, la notion d'approvisionnement, métier lié au marché du diffuseur, a été mise en évidence et a offert une articulation entre le domaine de fabrication et celui de la diffusion. Dans un second temps, elle a permis de redéfinir et réduire la notion de frais généraux. Elle offre enfin un outil de dialogue et de rapprochement entre la logique opérationnelle (être efficace ; obtenir les résultats attendus...) et la logique financière (obtenir les meilleurs coûts éviter les gaspillages...). C'est ce dernier aspect qui constitue, en termes de management (pilotage), le grand enjeu de la méthode.

« Si l'on retient, en premier, parmi les fonctions de la comptabilité analytique le calcul du coût de revient des produits, il convient de noter qu'en 1993 et 1994 le système a permis le calcul efficace et systématique du coût de revient de tous les produits définis dans l'entreprise (7 000 produits par an). En dehors des progrès de fiabilité et de rapidité, le principal apport du système a été de généraliser le calcul du coût de revient de l'approvisionnement en programmes des Antennes Régionales. »

Source : France 3

b). De bons résultats

L'introduction de la comptabilité analytique a permis à France 3 de mieux connaître voire de connaître les coûts par secteur d'activité et par catégorie de programmes :


·
par catégorie de programmes le coût de diffusion s'établit pour le Programme National à 1 014,3 millions de francs pour 5 139 heures diffusées, le Sport à 199,5 millions de francs pour 457 heures, l'Information Nationale à 180,5 millions de francs pour 542 heures, l'Information Régionale à 787 millions de francs pour 197 heures, les autres Programmes Régionaux à 397 millions de francs pour 434 heures.

Les coûts horaires moyens s'élèvent :

. pour le Programme National à 197 400 F

. pour les Sports à 436 500 F

. pour l'Information Nationale à 333 000 F

. pour l'Information Régionale à 3 995 100 F

(toutes éditions, dans un même horaire, confondues).

pour les autres Programmes Régionaux à 915 100 F

(tous programmes, dans un même horaire, confondues)


·
par secteur d'activité

- en tant que diffuseur, France 3 réalise une marge importante de 779 millions de francs, égale à 19,7 % du coût de la grille de programmes.

Le coût des grilles permet de rapprocher le coût des programmes proprement dits (coût des émissions ou coût des droits de diffusion) et celui des activités opérationnelles qui concourent à l'approvisionnement et à la mise à l'antenne de ces programmes.

Ainsi, les coûts de télédiffusion représentent 21 % des coûts de programmes Les coûts d'organisation de la diffusion (conception, programmation, approvisionnement...) correspondent à 7,5 % de la valeur des programmes consommés.

Les charges directement induites par l'offre de ces programmes aux téléspectateurs (CNC, Sociétés d'Auteurs, Archivage, supplément de cachets.) représentent, quant à elles, 23 % du coût de ceux-ci.

Coût de la diffusion à France 3 en 1994

(En millions de francs)

- en tant que producteur, France 3 réalise une marge de 7,8 millions de francs. Il convient de noter que les prestations internes représentent 50 % de l'activité de la filière production et ne participent pas à la formation du résultat de la chaîne. En effet, les échanges s'effectuent au coût de revient.

- en tant qu'exploitant, France 3 est, en revanche, lourdement déficitaire.

La chaîne, à l'occasion de son activité de diffuseur, acquiert des droits patrimoniaux des oeuvres produites ou coproduites. Ces droits l'autorisent à tirer parti d'une éventuelle exploitation secondaire. L'essentiel de ces droits correspondent à des parts producteurs des contrats de coproduction. La rentabilisation de ces droits étant très faible, faute de l'existence d'un second marché, un amortissement total et immédiat de ces droits est pratiqué.

Ce marché déficitaire reflète la situation de la commercialisation des programmes audiovisuels, caractérisés par l'absence d'exploitation secondaire et l'exportation.

Exploitation du patrimoine par France 3

(En millions de francs)

Le compte de résultat économique de France 3 pour 1994 a fait apparaître un bénéfice de 39,5 millions de francs.

Résultat économique des marchés de France 3

(En millions de francs)

(1) Fonctions générales de l'entreprise dont, la charge ne peut être répartie de façon pertinente sur le coût de revient des produits.

Source : France 3

4. Forces et faiblesses de France 3

a). Une audience en forte progression

Entre 1993 et 1994 la chaîne a augmenté de 11 % sa part de marché pour passer de 14,6 % à 15,7 %.

Entre septembre et décembre 1994, la part de marché moyenne est de 16,4 %.

Entre janvier et juin 1995, elle continue sa progression avec une augmentation de 5 % pour parvenir à une part de marché moyenne 17,2 %

Cette progression de l'audience est due à une grille de qualité et au fait que France 3 est perçue comme « proche des téléspectateurs » Les actualités régionales de 19 h 10-19 h 30 permettent ainsi a la chaîne d'occuper une place de leader avec des parts de marché de 37,8 % au 4e trimestre 1994 en progression en 1995 (en juin 1995 : 48,3 %).

Malgré le souci, constant en 1994, de ne pas obérer l'avenir et malgré la volonté de conserver des capacités de réaction, France 3 est plus exposé qu'auparavant aux risques de toutes sortes (instabilité de l'audience au niveau élevé atteint aujourd'hui ; part des recettes publicitaires dans le financement global ; nouvelle concurrence de la Cinquième...).

Les lois régissant la gestion de France 3 sont aussi devenues plus complexes. Les Programmes Régionaux et le Programme National sont probablement devenus plus solidaires. Une « interaction » accrue de ces deux types de programme accompagne les gains d'audience mais, dans le même temps, les arbitrages à effectuer en matière de moyens alloués à l'un et à l'autre sont devenus plus délicats. En effet, si les Programmes Régionaux est déterminants pour les notions « d'identité » et de « proximité » de la chaîne, ils sont coûteux dans leurs développements. Les moyens disponibles, pour ceux-ci, sont, eux-mêmes, bornés par l'apparition d'une plus stricte relation entre le volume de l'investissement du Programme National et ses résultats (audience et publicité).

b). Une identité régionale à développer

France 3 pourrait profiter davantage de sa forte implantation dans les départements et régions, par une organisation plus décentralisée de la programmation. L'éventualité d'une transformation de la structure de France 3, sur le modèle de la « syndication » à l'américaine, pourrait être envisagée par le futur audit de l'audiovisuel public, si des économies peuvent en être retirées et si la politique d'aménagement du territoire y trouve profit.

Cette orientation devrait s'accompagner d'une ouverture à la télévision des marchés publicitaires locaux et régionaux, subordonnée à des accords entre France 3 et la presse régionale.