V. LA QUESTION DES HEURES COMPLEMENTAIRES

La dotation de fonctionnement aux établissements d'enseignement supérieur devrait représenter 5,46 milliards de francs en 1998 (84 % du chapitre 36-11).

L'essentiel des moyens relève de la dotation globale de fonctionnement, dont le mode de calcul est régi par le système analytique de répartition des moyens (SANREMO).

En 1996, il a été décidé de revoir le modèle Sanremo qui s'était révélé mal adapté comme outil d'évaluation des besoins des établissements. L'ancien modèle était fondé sur des coûts et des taux d'encadrement moyens constatés. Le nouveau modèle, qui a été étendu à quelques exceptions près à l'ensemble des établissements (universités, IUT, écoles d'ingénieurs, IUFM), est fondé, quant à lui, sur des coûts de référence calculés à partir de trois paramètres :

le besoin en heures d'enseignement : pour chaque famille de formation, un coût horaire par étudiant (H/E) est déterminé à partir des maquettes pédagogiques, la répartition des horaires entre les différentes modalités d'enseignement (cours, TD, TP) et les tailles de groupes. La charge théorique d'enseignement est alors obtenue en multipliant le nombre d'étudiants inscrits dans chaque famille de formations par les H/E de référence. Cette charge théorique est ensuite comparée au potentiel enseignant dont dispose l'établissement, ce qui permet de déduire les besoins pédagogiques restant à couvrir (en emplois et/ou en heures complémentaires) ;

le besoin en personnels non enseignants : le nouveau modèle évalue les besoins en IATOS à partir de huit grandes fonctions organisationnelles (scolarité, assistance à l'enseignement, aide à la recherche, administration générale, gestion financière, gestion des ressources humaines, logistique immobilière et vie de l'étudiant). Pour chaque fonction est retenu un ratio reflétant le mieux le niveau d'activité (nombre d'étudiants, nombre de thèses, surfaces...) ce qui permet de déterminer le besoin théorique en personnels non enseignants de chaque établissement ;

le besoin en crédits de fonctionnement : la dotation globale de fonctionnement (DGF) théorique est déterminée par addition de quatre éléments : la compensation enseignante (rémunération des heures supplémentaires), la compensation IATOS (coût du déficit éventuel en emplois d'IATOS), le coût du fonctionnement pédagogique et matériel et le coût de logistique immobilière (sur la base d'un taux au m²).

La part des crédits d'heures complémentaires représente 37,6 % du chapitre 36-11 (2.214 millions).

Or, l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale (IGAEN) a récemment remis un rapport sur l'utilisation des heures complémentaires, dont la tonalité générale est très critique.

l'IGAEN a relevé quatre points de dysfonctionnement dans l'utilisation des heures complémentaires :

- l'absence de corrélation entre la consommation des heures complémentaires et le potentiel d'enseignement, c'est-à-dire que création de postes d'enseignants et réduction des heures complémentaires n'ont pas été concomitantes, et cela, trop souvent, par manque de respect des obligations de service ;

- l'existence de paramètres inflationnistes (l'absence d'une maîtrise de l'offre de formation par exemple) ;

- l'existence de surcharge structurelles : disparité de consommation entre les composantes des universités, prolifération des modules optionnels...

- voire des "pratiques déviantes" : stakhanovisme, rémunérations par des heures complémentaires d'activités étrangères à l'enseignement.

Et l'IGAEN de conclure : "on peut tout faire avec les heures complémentaires."

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