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Projet de loi autorisant l'approbation d'un accord entre le gouvernement de la république française et le gouvernement de la république algérienne démocratique et populaire sur l'encouragement et la protection réciproques des investissements (ensemble un échange de let

 

II. L'ÉCONOMIE ALGÉRIENNE

A. LE RÉTABLISSEMENT DES GRANDS ÉQUILIBRES

Un programme de réformes économiques, d'une durée de quatre ans, a été engagé en mai 1994 sous l'égide du FMI. Celui-ci avait en effet posé ce programme comme condition à la conclusion en 1995 d'un accord de facilité de financement élargie (EFF) de trois ans, destiné à permettre à l'Algérie de réduire le service de sa dette extérieure qui, en 1992-1993, absorbait 90 % de ses recettes d'exportations.

Ce programme, qui devait permettre la restauration des grands équilibres -solde extérieur et budgétaire, inflation-, a donné des résultats positifs : l'inflation semble maîtrisée : 5,7 % en 1997, prévision de 4,5 % en 1998, dans le cadre d'une croissance retrouvée (4 % en 1995 et 1996, 5 % prévus en 1998). Enfin, en 1997, conséquence de la hausse des prix du pétrole de 1996, le budget, comme la balance des paiements courants, avaient dégagé respectivement un excédent de 2,3 % et 6,7 % du PIB.

La gestion prudente des tirages sur les crédits commerciaux a permis de stabiliser le service de la dette qui ne devrait pas -sauf poursuite durable de la baisse du prix du baril depuis le début de l'année 1998- dépasser 40 % des recettes d'exportations au cours des cinq années à venir. L'Algérie est ainsi parvenue à sortir du piège de la dette et à restaurer sa capacité de paiements extérieurs, doublant ses réserves de change en 1997 qui correspondent aujourd'hui à neuf mois d'importations.

B. DES FRAGILITÉS DEMEURENT

La première de ces fragilités tient à la dépendance extrême de l'économie algérienne du secteur des hydrocarbures (95 % de ses recettes d'exportations). Des chutes des cours pétroliers, comme celle intervenue cette année, peuvent provoquer des réactions négatives en chaîne notamment sur l'endettement, les déficits publics, et la réduction des réserves de change.

Ensuite, bien que positive, la croissance n'est pas encore suffisante pour résorber un chômage qui affecte 28,3 % de la population active (2,3 millions de personnes), laquelle croît de 5 % par an. Le climat social souffre d'une telle situation où le niveau de vie de la population a baissé de plus de 60 % depuis huit ans

Par ailleurs, la restauration de conditions de production rentables, dans les secteurs public et privé, n'a pas atteint le niveau souhaité en dépit des mesures prises : libération des prix et du commerce extérieur, réduction des salaires réels, flexibilisation progressive du marché du travail et réduction -encore insuffisante- des sureffectifs dans le secteur public productif. Il en résulte que la croissance, positive, masque une contraction de la production industrielle et que l'action privée se concentre prioritairement dans les secteurs de l'agro-alimentaire, du BTP et du commerce.