B. LES CONDITIONS DU MAINTIEN DU NUCLÉAIRE

Si la nécessité de construire de nouveaux réacteurs ne se fera pas sentir avant 2010, il convient cependant de poursuivre un certain nombre d'actions pour maintenir l'option nucléaire ouverte à l'horizon 2010.

C'est ce que prévoit le contrat d'objectifs entre l'Etat et le CEA signé le 1 er mars 1995. Il confirme en particulier que la recherche nucléaire est la mission centrale du CEA. Les axes de recherche sur lesquels le CEA doit concentrer ses efforts en priorité sont les suivants :

1. Disposer d'une nouvelle génération de réacteurs à eau pressurisée

Le fléchissement du marché mondial des centrales nucléaires a conduit FRAMATOME et SIEMENS à créer en 1989, à parité égale, une filiale commune baptisée Nuclear Power International (NPI) pour commercialiser et fournir sur le marché international les réacteurs à eau sous pression développés par les deux constructeurs.

En effet, le maintien en Europe et dans le monde, de la prédominance des réacteurs à eau légère, qui représentent 75 % du parc mondial de centrales nucléaires, est probable sans qu'émerge, à court ou moyen terme, un nouveau concept de réacteur révolutionnaire.

L'alliance commerciale franco-allemande a fait place à une coopération industrielle lorsqu'en 1991, les deux constructeurs ont décidé de concevoir en commun un nouveau réacteur, pour répondre aux besoins des marchés à l'export, mais aussi en France et en Allemagne.

Ce projet commun, dénommé European Pressurized Water Reactor (EPR) est conçu en vu d'améliorer la sûreté (en particulier par une division par dix des probabilités de fusion du coeur et par une atténuation des conséquences à l'extérieur du site en cas d'accident grave) et les performances techniques (par une disponibilité accrue, un taux élevé de combustion des combustibles et une utilisation possible du plutonium).

Le projet est déjà bien avancé : les électriciens et les constructeurs ont arrêté les principaux choix techniques ; les autorités de sûreté françaises et allemande ont défini des exigences communes de sûreté. La phase en cours (dite phase d'optimisation) a pour but d'accroître autant que possible la compétitivité du produit EPR, quitte à en simplifier certaines caractéristiques.

Toutefois, le temps presse. Ainsi, pour pouvoir renouveler les centrales existantes à partir de 2010, il est indispensable de construire un démonstrateur d'EPR à partir de 2002, pour une mise en service en 2008, ce qui permettra d'avoir fait la démonstration de ses performances techniques et économiques en 2010.

Or, la décision allemande d'abandonner le nucléaire risque d'hypothéquer l'avenir de l'EPR. Votre rapporteur souhaite que le ministre de l'industrie puisse apporter des assurances sur ce point.

Par ailleurs, il convient de résoudre les problèmes d'organisation industrielle entre FRAMATOME, EDF, GEC-ALSTHOM, SIEMENS, et maintenant, BNFL. Pour cela, l'organisation industrielle française entre EDF et FRAMATOME devra sans doute être revue, notamment en ce qui concerne le problème du contrôle-commande. En effet, alors que toutes les fonctions, de l'ingénierie à la construction de réacteurs, en passant par la gestion du combustible, la maintenance et les services, sont concentrées dans un seul opérateur en Allemagne, elles sont éclatées en France entre quatre opérateurs.

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