B. OBSERVATIONS

Les crédits de recherche amont connaîtraient une évolution plutôt favorable. Mais leur niveau est très insuffisant compte tenu de la nécessité pour affronter la compétition internationale, d'un effort soutenu de recherche.

La réduction des crédits d'avances remboursables atténue les effets favorables de la progression des crédits de recherche - amont. Les moteurs de la SNECMA sont en panne et, faute de projets, ne sont plus financés ou presque. L'avion sino-européen de 100 places ne décollera pas. Les avances remboursables prévues à ce titre disparaissent naturellement au profit d'un nouveau projet, l'A 318. En revanche, les versions allongées des A 340 et A 330 poursuivent leur carrière tandis que, principale nouveauté, les crédits d'avance remboursables prévoient une première dotation pour le développement du gros-porteur A3XX.

Les conventions passées avec les industriels supposent en 2000 le versement des avances remboursables suivantes :

(en millions de francs)

 

Autorisations de programmes

Crédits de paiement

Airbus A340-500 et A340-600

363

457

Hélicoptère EC 165 et son moteur

40

86

Total

403

543

Les dotations inscrites dans le projet de loi de finances sont plus élevées (916 millions de francs de crédits de paiement) et laissent une marge utilisable (373 millions de francs) pour soutenir d'autres programmes.

Les pré-arbitrages décelables en fonction des réponses au questionnaire parlementaire conduisent à prévoir l'affectation :

- de 145 millions de francs aux équipement de bord,

- de 4 millions de francs aux autres aéronefs,

- et de 75 millions de francs pour les moteurs.

Il resterait un montant de l'ordre de 150 millions pour les autres interventions et, en particulier, l'A3XX.

Votre rapporteur avait déploré l'année dernière l'absence de toute dotation destinée à soutenir ce dernier programme tout en relevant que les industriels faisaient d'une plus grande intégration de l'industrie aéronautique en Europe un préalable au lancement de futur gros-porteur.

D'aucuns - et le ministre en particulier - avaient fait valoir que l'absence de crédits était justifiée par l'absence d'une décision formelle de lancement du programme par Airbus.

Il est piquant d'observer que, cette année, la persistance d'une même absence de décision n'est plus un obstacle à la prise en considération de l'A3XX dans le calibrage des crédits publics destinés à l'industrie aéronautique civile.

Il reste à espérer que le lancement de ce programme intervienne malgré l'inachèvement des processus d'intégration de l'industrie européenne.

On rappelle en outre que le coût du développement de l'A3XX étant estimé à 10,7 Md$ le montant des avances qui seraient nécessaires pour un financement à hauteur de 33 % de la part française serait d'environ 6 MdF. L'échéancier prévisionnel, dans l'hypothèse du calendrier retenu par Airbus (lancement industriel à mi-2000) et sur la base des estimations provisoires de coût disponibles actuellement, s'établit de la façon suivante en autorisations de programme.


2000

2001

2002

2003

2004 et au delà

Total (MF)

240

700

1250

1250

2560

6000

La dotation proposée en projet de loi de finances pour les avions de transport s'élève selon le ministère à 603 millions de francs en autorisations de programme dont 411 sont réservés à la famille des A 340-500 et 600 83( * ) . Il est dans ces conditions manifeste qu'elle est insuffisante pour couvrir les besoins de financement de l'A3XX tels qu'estimés dans le tableau ci-dessus. L'impasse de financement s'élève à 48 millions de francs.

A ce sujet, il faut s'interroger sur les intentions de nos partenaires, à qui doit incomber une part du soutien public au programme. A ce stade, rien ne démontre leur engagement en ce sens.

Enfin, le montant des avances remboursables sera significativement inférieur à celui des remboursements dus sur les avances remboursables antérieurement concédées, si bien que le bilan du mécanisme sera défavorable aux industriels en 2000.

Nos modalités de financement public sont à l'origine d'un handicap de compétitivité de nos entreprises par rapport à leurs concurrents américains qui, de leur côté, ne sont pas astreintes à un quelconque remboursement de l'aide qui leur est apportée.

Le sens des transferts entre l'Etat et les entreprises est, en France, au bénéfice du premier d'autant que l'Etat ampute des dotations budgétaires déjà insuffisantes par des gels et annulation de crédits.

Ces pratiques combinées avec des lourdeurs d'exécution des conventions sont coûteuses pour l'économie française mais aussi sur un plan strictement budgétaire. Une réponse à une question de votre rapporteur spécial sur les intérêts de retard dus par l'Etat mérite à ce propos d'être citée :

" Au cours de l'année 1998, l'Etat a réglé pour 6 millions de francs d'intérêts moratoires à l'entreprise Aerospatiale au titre de l'exécution des contrats et marchés conclu pour la réalisation du budget de la construction aéronautique civile, par les services techniques du Ministère de la Défense ".

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