2. L'arrêt brutal de la pêche industrielle

Autrefois fondée sur la pêche industrielle et l'industrie de transformation du poisson, l'économie de Saint-Pierre-et-Miquelon a connu un revers brutal en 1992 avec, d'une part, la sentence du tribunal arbitral de New York qui a considérablement réduit la zone économique exclusive de l'archipel et, d'autre part, la décision du Canada de réduire le quota de pêche à la morue, en raison du risque réel d'épuisement des stocks.

L'arrêt brutal de la pêche fut très mal ressenti dans l'archipel, dont cette activité assurait la subsistance. Des mouvements sociaux ont alors éclaté, notamment à la suite du franchissement de la limite des eaux canadiennes par un chalutier local.

Ainsi, entre le 10 et le 15 janvier 1993, un navire français fut arraisonné par les garde-côtes canadiens, l'équipage et les deux parlementaires de l'archipel présents à bord -MM. Albert Pen, alors sénateur, et Gérard Grignon, député- étant incarcérés à Saint-Jean-de-Terre-Neuve, avant d'être remis en liberté.

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Saint-Pierre-et-Miquelon

Saint-Pierre-et-Miquelon est constitué de trois îles principales : Saint-Pierre (26 km 2 ), Miquelon (110 km 2 ) et Langlade (91 km 2 ), ces deux dernières étant reliées depuis le XVIII ème siècle par un isthme de sable qui renferme, dans sa partie nord, une lagune salée, le « Grand Barachois ». Quelques îlots, dont le « Grand Colombier » et « l'Ile aux Marins », habitée jusque dans les années 1960, entourent Saint-Pierre.

L'archipel se situe à la même latitude que Nantes. Il se trouve à moins de 25 kms de la côte sud de Terre-Neuve et à 560 kms de Halifax.

La population, de 6.519 habitants au recensement de 1999, se répartit de la façon suivante :

Saint-Pierre : 5.808 habitants

Miquelon-Langlade : 711 habitants

Le climat de Saint-Pierre-et-Miquelon se caractérise par une température moyenne annuelle de 5° C et une humidité supérieure à 80 %.

Quelques vestiges témoignent d'une présence amérindienne dans l'archipel, qui semble tenir plutôt à des expéditions de pêche ou de chasse qu'à un véritable peuplement.

La première sédentarisation notable se produit dans la seconde moitié de XVIIè siècle, ce peuplement provenant des ports français, essentiellement normands, basques, bretons et saintongeais, d'Acadie et de Terre-Neuve.

En dehors de la baisse constatée en 1936, alors que la fin de la prohibition américaine en 1933 mettait un terme à une période de grande prospérité, la population de l'archipel a continûment progressé depuis 1921, en dépit d'importants mouvements migratoires vers le territoire métropolitain ou le Canada. La grande crise de la pêche de 1992/1994 n'a pas eu d'incidence démographique au regard des exodes provoqués par les catastrophes économiques d'avant-guerre.

Population de la collectivité lors des recensements de 1887 à 1999

Année de recensement

Population

Année de recensement

Population

Année de recensement

Population

1887

5.929

1926

4.030

1967

5.186

1892

6.247

1931

4.321

1974

5.840

1897

6.352

1936

4.175

1982

6.041

1902

6.482

1945

4.354

1990

6.392

1907

4.768

1951

4.606

1999

6.519

1911

4.209

1957

4.822

2004

6.617*

1921

3.918

1962

4.990

* Chiffre ne tenant pas compte du solde migratoire mais seulement des naissances et décès

Taux de chômage : 10,7 %. Le nombre de chômeurs est passé de 342 fin avril 2004 à 376 fin avril 2005. En raison d'importantes variations saisonnières du nombre de demandeurs d'emploi, liées aux aléas climatiques et à l'évolution des commandes publiques, il est pertinent de considérer, dans ce domaine, la moyenne annuelle établie par la direction du travail de l'archipel. Cette moyenne est passée de 265 en 2003 à 254 en 2004. Le taux de chômage des femmes s'élève à 46,4 % en moyenne annuelle en 2004, celui des jeunes de moins de 26 ans s'établissant à 24,7 %.

Le nombre d'allocataires du RMI s'élevait à 22 en décembre 2004.

En effet, par sa sentence du 10 juin 1992, le tribunal arbitral de New York a réglé définitivement le conflit franco-canadien sur la délimitation de la frontière maritime séparant la zone économique exclusive française autour de Saint-Pierre-et-Miquelon et celle du Canada.

Ainsi, le 10 juin 1992, le tribunal arbitral de New York a décidé d'accorder à la France, autour de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, une zone économique exclusive de 12.400 km² , alors que la France revendiquait une zone de 47.000 km², la zone économique canadienne dans l'Atlantique nord atteignant pour sa part 2 millions de km².

Située à 24 milles marins des côtes, la ZEE entourant l'archipel comprend en outre un étroit couloir au sud, long de 200 milles et large de 10,5 milles 43 ( * ) , lui ouvrant l'accès aux eaux internationales .

* 43 Cette étroite bande nord-sud est traversée par le chenal laurentien, dont les ressources halieutiques sont faibles.

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