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Hongrie, la facture du mensonge politique

 

V. LE PRIX DE L'ATTENTISME

Alors que les manifestations se poursuivent en septembre 2006 à Budapest pour réclamer la démission du Premier ministre, la Commission européenne a approuvé fin septembre 2006 le programme de convergence soumis par le gouvernement hongrois au début du mois. Elle a souligné que cette stratégie, qui doit être mise en oeuvre rigoureusement, est indispensable pour redresser au plus vite les finances publiques du pays et éviter une crise de confiance.

A. LES RÉFORMES STRUCTURELLES, CONDITION D'ADHÉSION À L'EURO

Selon le dernier programme de convergence transmis à la Commission en septembre 2006, l'entrée dans la zone euro ne peut être envisagée qu'à compter de 2013, à condition que la Hongrie parvienne à maîtriser ses finances publiques.

Cela suppose des réformes structurelles identifiées aussi bien à travers les rapports du FMI, de l'OCDE, que par le gouvernement hongrois lui-même (plans de convergence). Ces réformes sont cependant sans cesse reportées par manque de volonté politique ou dans la période récente en raison du contexte électoral.

Ces réformes devraient porter sur une réduction des effectifs dans la fonction publique (820.000 salariés pour une population active de 3,9 millions personnes), une restructuration du système éducatif, une réorganisation du système de protection sociale et de santé.

Toutefois, dès avant les élections le ministre des finances, M. János Veres, avait toutefois pris date en proposant un projet de loi destiné à contraindre les pouvoirs publics à ramener à 1,9 % du PIB le déficit public en 2008.

B. LA MANNE DES FONDS STRUCTURELS DE PEU D'EFFETS SUR LES FINANCES PUBLIQUES

Ce sont 22 milliards d'euros qui doivent être versés à la Hongrie dans le cadre du budget 2007-2013 au titre des fonds de cohésion.

Mais il est encore beaucoup d'inconnues sur leur impact : s'il n'y a pas d'effets directs a priori sur les finances publiques et s'il subsiste encore des incertitudes sur la capacité d'absorption, le versement des fonds structurels et de cohésion devrait néanmoins faciliter la tâche du gouvernement. Ces fonds devraient susciter en effet de 0,8 à 1 % de PIB supplémentaire par an à partir de 2007 et améliorer ainsi les recettes de l'Etat .

En 2004, 712 millions d'euros ont été versés sur le milliard d'euros auquel la Hongrie pouvait prétendre.

Mais la période qui s'ouvre est plus complexe compte tenu des l'augmentation des sommes et de la multiplicité des projets en cause qui peuvent conduire à s'interroger sur la capacité d'absorption du pays : ainsi, la Hongrie est-elle confrontée à l'inexistence sur son territoire de véritables régions, circonscriptions administratives, capables d'être les relais pour gérer simultanément et localement les nombreux projets inscrits dans son plan national de développement (PND). La loi visant la création de régions n'a pu jusqu'à présent être votée au Parlement dans la mesure où elle requiert une majorité qualifiée des 2/3.

On peut rappeler que les transferts nets se sont élevés, en moyenne en 2004, à 0,6 % du PIB des 10 nouveaux états membres, mais avec de fortes disparités (de 0,25 % pour la Hongrie à 2,1 % pour la Lituanie).