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Le système de protection sociale en Argentine : reconstruire après la crise

 

b) Autres plans

Face à cette situation sociale difficile, en complément du programme Jefes y Jefas, le gouvernement a mis en place, depuis 2002, un programme d'urgence alimentaire qui vise à assurer la satisfaction des besoins alimentaires de base des femmes enceintes, des jeunes de moins de dix-huit ans, des personnes âgées et des handicapés. Ce programme assure à plus d'un 1,5 million de foyers un panier mensuel de onze kilos de denrées alimentaires de base (huile, riz, sucre, pâtes, farine de blé, lait, etc.).

Il existe toutefois d'autres programmes, comme le programme de rénovation des quartiers (Programa de Mejoramiento de Barrios - PROMEBA). Celui-ci est financé à 60 % par la Banque interaméricaine de développement qui a octroyé un prêt à l'Argentine, remboursable sur vingt ans. Ce programme doit favoriser la réhabilitation de l'habitat urbain et la réduction du nombre de bidonvilles en facilitant l'accès à la propriété et la construction d'équipements collectifs, notamment dans les villes les plus pauvres du grand Buenos Aires (égouts, distribution d'eau potable, construction de dispensaires et d'écoles).

Un exemple de réhabilitation urbaine :
le quartier de la villa Miseria Palito à La Matanza

La Matanza est une commune limitrophe de Buenos Aires, bien qu'administrativement située dans une autre région.

Ville de presque deux millions d'habitants (budget annuel de 80 millions d'euros), elle connaît un taux de chômage égal à 50 % de la population active, 57 % des administrés ne disposent pas de couverture maladie, 49 % de la population a moins de vingt-cinq ans, 63 % des enfants de moins de quatorze ans vivent en dessous du seuil de pauvreté, 40 % des habitants ne sont pas raccordés à l'égout et seuls 8 % des habitants sont diplômés de l'enseignement supérieur.

Aidées par le gouvernement fédéral, des organisations internationales telles que la Banque mondiale, les autorités locales ont entrepris un vaste chantier de rénovation urbaine qui présente plusieurs aspects : création d'une zone industrielle (10 000 emplois et 400 sociétés installées), construction d'un hôpital pour enfants et réhabilitation du bidonville de la villa Miseria Palito.

Dans ce quartier, la municipalité construit des écoles et des dispensaires, installe un réseau d'assainissement et construit de nouveaux logements. Le principe retenu est celui de l'habitat individuel ; ces nouvelles habitations sont réservées à une famille et prennent la forme d'un module architectural unique d'un seul niveau (seules quelques maisons pourront faire l'objet d'une surélévation) comprenant séjour, cuisine, salle de bains et chambres, ainsi qu'un petit jardin privatif. Le coût de revient d'une maison est de 5 000 euros. Le Sénat français a participé au financement d'un certain nombre d'entre elles. Les familles sont relogées dès que les logements neufs sont disponibles et les anciennes habitations insalubres sont immédiatement détruites pour empêcher l'installation de nouvelles familles pauvres dans le bidonville en voie de rénovation.

Un programme de développement social (PROSOFA) est également développé sur les zones frontalières du nord-est et du nord-ouest du pays, parmi les régions les plus déshéritées, afin d'améliorer les infrastructures locales.