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La bataille des centres de décision : promouvoir la souveraineté économique de la France à l'heure de la mondialisation (rapport)

 

3. L'amélioration nécessaire de l'image de l'entreprise dans l'opinion

Si la France connaît un certain dynamisme en matière de création d'entreprises, force est de constater que ces dernières souffrent encore, dans notre pays, d'un environnement culturel peu propice à leur développement.

a) Le poids des mentalités

En France, l'esprit d'entreprise est reconnu, mais il n'est pas la principale source d'inspiration des mentalités et des comportements.

Le premier aspect de cette exception française est le fait que comme l'indique une étude récente du cabinet Ernst & Young, il n'est pas de bon ton de faire fortune aux commandes d'une entreprise alors qu'il est tout à fait honorable de décrocher le gros lot au loto ou d'hériter. Un simple regard sur un récent sondage confirme ce phénomène : à peine plus d'un tiers des Français se déclare favorable à la libre entreprise et à l'économie de marché contre 63 % en Pologne, 67 % en Grande-Bretagne, 70 % en Inde et au Canada, 71 % aux Etats-Unis et 74 % en Chine. Cette méfiance inquiétante à l'égard du capitalisme contribue à brouiller l'image des entrepreneurs.

Ceux qui parviennent au sommet de leur entreprise ne suscitent ni admiration, ni fierté, mais plutôt un sentiment de défiance, d'envie ou, plus fréquemment encore, une forme de dédain devant le gain « capitaliste ». Tout se passe comme si l'on reprochait aux entreprises prospères de confisquer, à leur profit, la richesse nationale qu'elles contribuent à créer.

Il arrive même que des dirigeants apparaissent comme récompensés, à leur départ, alors qu'ils sont en situation d'échec économique.

De telles situations sont très dommageables et le projet de loi bientôt mis en discussion, à propos des « parachutes dorés » mettra en place en droit français des règles de nature à dissuader ces pratiques.

Un second aspect de cet état d'esprit est sans doute la crainte du risque et de l'échec. En France, on n'apprend guère, comme c'est le cas dans les pays anglo-saxons, que l'erreur fait partie intégrante du processus d'apprentissage et que l'on ne grandit qu'en surmontant les échecs ou en corrigeant ses erreurs. Dans un rapport de l'an 2000 sur l'entrepreunariat en France, un expert sur deux cite d'ailleurs le refus de l'échec comme un frein majeur au développement de l'esprit d'entreprise. Ce frein culturel était d'abord corroboré par le fait que jusqu'aux corrections introduites par la loi de sauvegarde des entreprises, le droit des faillites était très favorable aux chefs d'entreprise.

Plus généralement, la démarche entrepreneuriale s'inscrit en contradiction avec la vision statutaire de la société qui subsiste en France et dont découle directement l'immobilisme de certaines parties de la société.