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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

2. Une tendance générale : l'accompagnement financier

a) Au Royaume-Uni

Si les universités britanniques se classent parmi les plus prestigieuses d'Europe, leurs frais d'inscription figurent également au premier rang et ils devraient encore augmenter. Depuis septembre 2006, ils atteignent 4 500 euros par an pour les trois années de licence et davantage pour les masters, ce montant correspondant au plafond fixé jusqu'en 2009. Au-delà et jusqu'en 2011, ils pourraient atteindre 10 000 euros, puis les universités devraient pouvoir les fixer librement.

Il y a exonération des frais de scolarité lorsque les revenus familiaux annuels sont inférieurs à 32 000 euros ; en l'absence de dégressivité, relevons cependant que l'effet de seuil joue pleinement pour ceux dont les revenus dépassent légèrement ce montant.

Par ailleurs, les étudiants ont tous droit à un prêt d'Etat, assorti d'un taux d'intérêt limité à la prise en compte du taux d'inflation. Par conséquent, ils ne doivent pas régler directement les frais de scolarité, qui font en quelque sorte l'objet d'un paiement différé. Ils les rembourseront une fois leur diplôme acquis et lorsque leur situation financière le permettra (à savoir, lorsqu'ils gagneront plus de 32 000 euros par an).

Ce dispositif permet d'élargir l'accès à l'université pour les étudiants issus de milieux modestes, traditionnellement sous-représentés dans l'enseignement supérieur britannique.

Pour couvrir leurs frais de logement et dépenses courantes, de nombreux étudiants recourent également à des prêts bancaires.

Il semble que la hausse récente des frais d'inscription n'ait pas fait fuir, comme redouté, les étudiants des classes moyennes hors des universités, le nombre de demandes d'inscription ayant même augmenté de 7,1 % pour la rentrée 2007.

En outre, une agence gouvernementale en faveur de l'égalité des chances a été créée, en 2004. Cet « Office for fair access » (OFFA), dont le directeur est placé sous la tutelle du ministre de l'éducation, a pour mission de s'assurer que les mesures en faveur des jeunes issus de milieux défavorisés sont mises en oeuvre convenablement, et de suivre les évolutions.

Environ 510 millions d'euros ont été alloués à la promotion de l'égalité des chances en 2006-2007, afin d'inciter les universités - y compris les plus prestigieuses - à accueillir des étudiants venant de milieux non favorisés. Pour bénéficier de ces fonds et être considérée comme équitable, une université doit mettre en place un système d'admission respectant cinq principes. Ainsi, celui-ci doit :

- être transparent ;

- permettre d'accepter des étudiants jugés aptes à mener à terme le cycle d'études entrepris, sur la base de leurs résultats, de leur mérite et de leur potentiel ;

- mettre en place des méthodes d'évaluation fiables ;

- chercher à minimiser les obstacles en faveur des candidats ;

- être organisé dans le cadre de structures et de procédés institutionnels.

Egalement sur l'initiative du Gouvernement, une association (la « National Association for Gifted and Talented Youth ») - NAGTY - a été créée pour identifier les 5 % de jeunes - de 11 à 19 ans - à haut potentiel issus de milieux défavorisés. Ils se voient proposer des cours au sein des universités, pour éveiller leur curiosité intellectuelle et rendre l'enseignement supérieur attractif. Une dizaine de conventions ont été conclues à cette fin entre des écoles et des établissements d'enseignement supérieur. L'objectif est d'aider ces jeunes à entrer dans les meilleures universités.

Enfin, afin d'aborder les problèmes plus en amont, c'est-à-dire au niveau de l'enseignement scolaire, des entreprises prennent l'initiative de financer des écoles (« school academies ») dans des zones difficiles, afin de remonter le niveau académique d'élèves en difficulté.