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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

2. Refuser les « délits d'initiés » : accompagner les élèves et les familles dans les « méandres » du système éducatif

a) Aider à « décoder » l'information

Comme l'a souligné M. Claude Boichot, inspecteur général de l'éducation nationale, en charge des classes préparatoires, la massification de l'enseignement supérieur a renforcé la complexité du système, et ce manque de lisibilité des différentes filières se traduit en iniquité.

En effet, les représentants des parents d'élèves ont relevé le « parcours de galérien » que représentent, pour un grand nombre de familles, les procédures d'inscription dans l'enseignement supérieur, et notamment dans les classes préparatoires.

Par ailleurs, les lycéens eux-mêmes n'ont bien souvent qu'une connaissance très approximative des différentes filières de l'enseignement supérieur, à la fois dans leur contenu, leur organisation et leurs débouchés. Le manque de dialogue entre le lycée et l' « univers post-bac », ainsi que le « fossé » culturel qui sépare ces deux mondes, fait que le passage de l'un à l'autre s'apparente à une rupture, qui s'avère anxiogène et socialement pénalisante dans le parcours de l'élève à l'étudiant.

Ce n'est pas tant le manque d'information que la « surinformation » ou les difficultés d'accès à ces informations, qu'elles soient dispersées, partielles ou hermétiques, qui pénalisent les familles « non initiées ».

A cet égard, la nécessité d'un accompagnement individuel a été soulignée par un grand nombre d'intervenants entendus par la mission, de façon à aider les jeunes et leurs parents à « décrypter » ou « décoder » l'information disponible.

L'entretien personnalisé d'orientation, évoqué plus haut, qui sera proposé à tous les élèves des classes de première, en y associant leurs parents, constitue une première avancée en ce sens.

En outre, ainsi que l'a suggéré M. Pierre Lunel lors de son audition devant la mission, l'heure de « vie de classe » en seconde et en première devrait être consacrée à une présentation des possibilités de poursuites d'études après le baccalauréat. Cette connaissance des différentes filières, de leurs pré-requis, de leurs débouchés professionnels, ainsi que des passerelles de l'une à l'autre, s'avère notamment cruciale en seconde, puisque cette classe de « détermination » constitue un palier d'orientation important, dans le choix de la série du baccalauréat, général ou technologique.

Comme le relève le délégué interministériel dans le « schéma national d'orientation » précité, « cette heure est déjà inscrite à l'emploi du temps des élèves », à hauteur de 10 heures annuelles ; « elle ne modifie en rien l'horaire des disciplines et ne demande aucune prise en charge financière particulière » ; « l'utilisation de cet horaire (...) est souple (une heure par quinzaine ; deux heures par mois...). Placée sous la responsabilité du professeur principal, d'autres personnes (enseignants, conseillers principaux d'éducation, conseillers d'orientation...) sont également susceptibles d'intervenir » ; « l'information des lycéens sur les élections de leurs représentants restera l'autre objet majeur de l'heure de vie de classe. »

La mission insiste, par ailleurs, sur l'importance de sensibiliser, dès le collège, les élèves aux différentes possibilités qui s'offrent à eux par la suite, tant au niveau des filières de formation que des métiers ou débouchés professionnels. La classe de troisième constitue également un palier d'orientation déterminant, puisque les élèves décident de s'engager, à ce stade, soit vers une filière professionnelle, ayant vocation à déboucher sur une insertion rapide sur le marché du travail, soit vers la filière générale ou technologique, permettant d'accéder à des études longues.

Il faudrait, dès lors, qu'ils puissent effectuer ce choix de façon raisonnée, en ayant notamment connaissance des passerelles existant entre les filières professionnelles et le cursus général. Votre mission suggère, en ce sens, de diffuser, auprès de tous les collégiens et de leurs familles, une plaquette présentant de façon synthétique les différentes filières de formation, qui servirait ainsi de « document support » à l'entretien individuel d'orientation.