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Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

b) Un parcours désormais sécurisé : l'insertion des classes préparatoires dans le schéma « LMD »

Le fait que les classes préparatoires aient pour principale vocation de préparer les étudiants à des concours aux résultats forcément incertains contribue à dissuader certains élèves, notamment issus de milieux défavorisés, à « prendre le risque » de s'y engager.

En effet, comme cela a été souligné, ces jeunes sont, davantage que les autres, à la recherche de parcours clairement balisés, leur permettant de progresser dans leurs études par étapes sécurisées. C'est pourquoi, ils privilégient les filières courtes, telles que les STS ou les IUT.

Pourtant, ainsi qu'un représentant syndical étudiant l'a souligné devant la mission, l'encadrement pédagogique que proposent les classes préparatoires, de même que l'investissement intellectuel, la rigueur et les méthodes de travail qu'elles permettent de développer, constituent un « bagage qui accompagne toute la vie ».

En outre, les chances de réussite aux concours d'entrée dans les écoles d'ingénieurs et de commerce sont élevées : sans compter les redoublants, le nombre de candidats se présentant aux concours est égal, voire inférieur, au nombre de places disponibles.

Enfin, le parcours en classes préparatoires est désormais totalement sécurisé, quels que soient les résultats obtenus aux concours ou les souhaits de réorientation des étudiants à l'issue de la première comme de la deuxième année : la parution du décret sur l'intégration de ces formations au sein du schéma européen Licence-Master-Doctorat (LMD) de l'enseignement supérieur constitue en cela une avancée significative. Cela permet en effet à chaque étudiant, selon des modalités retracées dans l'encadré suivant, de faire valider sa formation en classes préparatoires sous la forme de crédits ECTS53(*) (soit 60 par année).

L'INSCRIPTION DES CLASSES PRÉPARATOIRES
DANS LE SYSTÈME EUROPÉEN D'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Cette avancée a été consacrée avec la publication du décret n° 2007-692 du 3 mai 2007, modifiant le décret n° 94-1015 du 23 novembre 1994 relatif à l'organisation et au fonctionnement des classes préparatoires aux grandes écoles (paru au Journal Officiel du 5 mai 2007).

Ce texte permet de mieux positionner les classes préparatoires au sein du système européen de l'enseignement supérieur, en les y inscrivant de façon explicite : l'article 1er du décret du 23 novembre 1994 est ainsi modifié pour préciser que « les classes préparatoires aux grandes écoles établies dans les lycées dispensent des formations de l'enseignement supérieur qui s'inscrivent, dans le cadre de l'architecture européenne des études, (...) au sein des études conduisant au grade de Licence. »

De fait, il facilite et garantit les possibilités d'équivalences et de validation des formations en classes préparatoires.


· La situation précédente

En cas d'abandon, d'orientation (ou de réorientation) ou d'échec aux concours, les étudiants pouvaient s'inscrire dans d'autres formations universitaires. Les classes préparatoires ne délivrant pas de diplôme, les lycées avaient signé, dans de nombreux cas, des conventions avec une ou plusieurs universités, afin de faciliter la validation de la formation de leurs étudiants. Celles-ci permettaient d'accorder aux étudiants, selon les disciplines, des équivalences partielles ou totales.

Dans le cas où aucune convention ne liait les établissements ou que l'étudiant souhaitait poursuivre ses études dans une autre université, son dossier entrait dans le cas général de la validation des acquis.


· L'évolution formalisée par le décret

La mise en oeuvre de ce texte permettra :

- la délivrance d'une « attestation descriptive du parcours de formation » suivie par l'élève de classe préparatoire et la remise d'un document mettant en valeur les connaissances et aptitudes qu'il aura acquises au cours de sa formation. Délivrée par le chef d'établissement sur proposition de la commission d'admission et d'évaluation, elle sera établie sur la base d'une grille nationale de référence et mentionnera « une valeur définie en crédits européens dans la limite de 60 crédits pour la première année d'études et de 120 crédits pour le parcours de formation complet » en deux ans ;

- l'organisation d'une coordination pédagogique entre les lycées et les établissements d'accueil débouchant sur la validation des crédits. La validation des crédits mentionnés dans l'attestation descriptive sera opérée dans le cadre d'une coopération pédagogique qui associera le lycée et l'établissement d'accueil à travers une convention qui en précisera notamment les modalités ;

- la mise en place des commissions mixtes, présidées par un enseignant-chercheur, pour l'examen des dossiers individuels.

Par ailleurs, dans la mesure où la réussite à un concours auquel préparent les CPGE témoigne de l'acquisition des pré-requis nécessaires, l'entrée par concours emportera la validation de crédits.

Il importe désormais, afin que cette avancée serve de levier pour renforcer l'ouverture sociale de ces formations, de faire largement connaître les équivalences et passerelles offertes à l'issue des études en classes préparatoires. Ces garanties permettront en effet de rassurer les élèves et les familles qui hésiteraient encore à s'engager pour un, deux, voire trois ans dans ces filières, au motif que leur issue est par nature aléatoire.

* 53 European Credit Transfer System (système européen de transfert et d'accumulation de crédits).