Allez au contenu, Allez à la navigation



Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d'initié »

 

4. Encourager à la fois mobilité et proximité : le défi de l'aménagement du territoire

Le débat entre mobilité des étudiants et proximité des classes préparatoires semble partager à la fois les étudiants et les équipes éducatives, tant chaque solution présente avantages et inconvénients.

Mais, loin de les opposer, votre mission souhaite qu'elles soient l'une et l'autre encouragées dans le cadre d'une politique équilibrée et équitable d'aménagement du territoire.

a) Encourager la mobilité des étudiants


· Un certain nombre de personnes rencontrées par votre mission d'information prônent la nécessité d'encourager les jeunes à s'autonomiser, en s'éloignant de leur environnement familial pour mieux s'ouvrir à leur « nouvelle vie ».

D'ailleurs, beaucoup de jeunes préfèrent quitter leur environnement d'origine pour aller étudier dans une ville de plus grande taille, qui leur donne un accès plus facile à la culture.

En outre, la multiplication des conventions entre collèges ou lycées difficiles et lycées « de centre-ville » et grandes écoles peut inciter à la mobilité et, parallèlement à la mixité sociale.


· D'aucuns relèvent aussi certaines limites des classes préparatoires de proximité.

Ainsi, selon des professeurs de « classes prépas » de proximité, un des problèmes résiderait dans l'hétérogénéité des élèves. Il leur serait par conséquent difficile de proposer un enseignement où les meilleurs ne s'ennuient pas et où les autres ne décrochent pas.

Mme Marie Duru-Bellat, sociologue entendue par votre mission, a souligné qu'il convenait, avant d'envisager la création de nouvelles CPGE, de s'assurer que le niveau scolaire atteint est bien identique à celui des lycées en disposant aujourd'hui, au risque sinon d'introduire des incohérences.

Par ailleurs, elle a mis en garde contre la tentation d'attirer un nombre croissant de jeunes vers des formations les destinant à des emplois de cadres alors que, selon elle, ces derniers ne sont pas appelés, dans un avenir proche, à représenter plus de 20 % de la population active... La concurrence pour ces emplois est donc rude et l'augmentation des candidats à ces emplois ne ferait qu'accroître la tension.

Pour M. Claude Boichot, auditionné à deux reprises par votre mission, on compte 7 600 collèges et entre 2 700 et 2 800 lycées généraux et technologiques susceptibles d'envoyer des élèves en CPGE, dont 400 à 500 lycées disposant de CPGE ; plutôt que la création de nouvelles CPGE, il suggère de multiplier les conventions (comme celles mises en place avec les lycées Saint-Louis et Kleber) entre chacun de ces lycées et six autres établissements pour assurer un bon maillage de l'information et « aller montrer que c'est possible ». En analysant finement les données, on observe, en effet, qu'un peu plus d'une centaine de lycées auraient pu envoyer des élèves en CPGE et ne l'ont pas fait.

Il ajoute qu'il existe des « pôles de proximité » de CPGE, mais que certaines « greffes » n'ont pas pris.

Votre mission n'en estime pas moins nécessaire de mieux veiller à l'équité territoriale dans ce domaine.