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Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Compte-rendu des auditions (tome 2)

 

ENERGIES DURABLES EN ILE-DE-FRANCE - EDIF - AGENCE RÉGIONALE DE L'ENVIRONNEMENT ET DES NOUVELLES ÉNERGIES D'ILE-DE-FRANCE - ARENE

Sites Internet : http ://www.edif.asso.fr ; http ://www.areneidf.org

M. Emmanuel POUSSARD, Délégué général de EDIF
M. Dominique SELLIER, Responsable de la haute qualité environnementale (HQE) et du renouvellement urbain de l'ARENE

(4 octobre 2006)

M. Dominique SELLIER a indiqué que l'ARENE, instance au sein de laquelle il est chargé de la haute qualité environnementale, du renouvellement urbain et de la prospective, était directement associée au conseil régional d'Ile-de-France et qu'elle s'attachait à promouvoir de bonnes pratiques environnementales et de développement durable. En mars 2003, l'ARENE a organisé des forums régionaux pour évaluer les risques sanitaires à l'intérieur de projets Haute qualité environnementale (HQE).

En ce qui concerne l'air intérieur, une action pilote est menée avec la Ville de Paris (direction de la pollution de la ville et de l'intégration) en coopération avec des artisans du bâtiment. Dans ce cadre, il serait souhaitable que l'ARENE puisse devenir prescriptrice de travaux dans des logements après y avoir conduit un diagnostic simplifié ; des projets de tests sont à l'étude avec l'EDIF. En outre, doivent être promus des gestes « verts » et des travaux de réhabilitation.

M. Dominique SELLIER a indiqué que la cible sanitaire haute qualité environnementale montait en importance. Il a estimé qu'il manquait en France des travaux sur l'impact du risque sanitaire dans les bâtiments, ce qui aurait pu être attendu du CSTB.

M. Dominique SELLIER a indiqué qu'aux Etats-Unis d'Amérique le laboratoire national Lawrence Berkeley avait travaillé sur la santé et la productivité en relation avec l'amélioration de l'air intérieur afin d'éviter des coûts importants. Mais cette démonstration est plus facile à faire pour les bureaux où peuvent être mis en regard les coûts respectifs de la productivité, de la santé et de l'absentéisme, et donc le coût pour la collectivité. De plus, les nécessaires améliorations des bâtiments pourraient créer des emplois dans la réhabilitation.

Quoi qu'il en soit, il a insisté sur la nécessité d'aérer au maximum les habitats d'autant que les bâtiments sont de plus en plus hermétiques, d'où un confinement. Il a estimé souhaitable d'aller vers une ventilation contrôlée avec un système à double flux.

M. Emmanuel POUSSARD a insisté sur la performance des systèmes à double flux qui se caractérisent par une entrée d'air froid et une sortie d'air chaud avec un échange de chaleur en faveur de l'air qui entre. Il s'agit d'une bonne technique pour l'habitat neuf où sont facilement installés deux réseaux de gaines, mais cela est plus difficile en réhabilitation.

Il a ensuite insisté sur la régulation du taux de ventilation par des sondes du dioxyde de carbone en fonction du nombre de personnes présentes dans la pièce ; ce système existe depuis une vingtaine d'années et fonctionne notamment dans les salles de cinéma. Cela permet un gain sur l'air chaud extrait et sur les pompes à air.

Par ailleurs, la ventilation hygro-réglable poursuit le même but mais à partir du taux d'humidité dans l'air, qui déclenche alors la ventilation mécanique contrôlée (VMC), déjà assez répandue. Ce système est vendu dans les magasins de bricolage et, comme il ne s'agit pas d'un renouvellement de l'air en continu, cela limite le problème de bruit et épargne de l'énergie. Cependant, il n'existe pas de professionnels dédiés à la VMC. Le syndicat du génie climatique est peut-être compétent sur l'installation et la maintenance de tels mécanismes. Toutefois, il ne faut négliger le problème d'encrassage des pompes ou les pannes de celles-ci.

A cet égard, M. Dominique SELLIER a regretté qu'il n'existe pas vraiment d'interlocuteur sur les problèmes d'air intérieur et s'est interrogé sur le rôle des médecins.

M. Emmanuel POUSSARD a insisté sur l'importance des énergies renouvelables et des économies d'énergie et a indiqué que le conseil d'administration de l'EDIF comprend des chercheurs, un bureau d'étude et un architecte et est considéré par l'ADEME comme un espace d'information sur l'énergie plus efficace, par exemple, que le Laboratoire d'hygiène de la Ville de Paris qui met six mois à un an pour répondre à une demande, car celle-ci passe d'abord par un modem.

M. Emmanuel POUSSARD a indiqué qu'il était aussi possible de consulter des conseillères médicales en environnement intérieur dont les prestations étaient payées par les particuliers. Ces conseillères sont au nombre de deux ou trois en Ile-de-France et un réseau est en cours de formation à Strasbourg.

M. Emmanuel POUSSARD a rappelé qu'existait une étude de l'EDIF sur le diagnostic environnemental des logements qui avait débuté en 2006 par trois tests dans des appartements édifiés avant 1970 dans le XXe arrondissement de Paris, non isolés thermiquement et dans lesquels un chauffage électrique assurait 16°. Cette étude est fondée sur des tests sur les acariens et prend en compte à la fois la ventilation, la condensation, les comportements, les rayonnements électro-magnétiques et le confort. Chaque diagnostic a pris une journée. M. Dominique SELLIER a précisé qu'il fallait également tenir compte de l'ameublement, des produits ménagers utilisés, de la présence d'animaux et des problèmes de santé.

M. Emmanuel POUSSARD a indiqué que la méthodologie mise au point avait intégré tous ces facteurs et n'excluait aucune piste de développement. En outre, lorsque l'état des lieux est effectué, des contacts peuvent être pris avec des spécialistes.

M. Dominique SELLIER a mentionné que des partenaires étaient actuellement recherchés pour mener une campagne importante ayant comme finalité l'aide à l'habitant.

M. Emmanuel POUSSARD a recommandé de s'orienter vers les conseillères médicales en environnement intérieur et précisé que les chauffagistes sont équipés d'appareils de mesure du taux de monoxyde de carbone.

L'action conjointe de l'ARENE et de l'EDIF est fondée sur une approche énergétique et environnementale tandis que le Laboratoire d'hygiène de la Ville de Paris a une approche sanitaire. Le diagnostic EDIF pourrait donc avoir lieu en amont, le Laboratoire d'hygiène de la Ville de Paris menant par la suite une étude toxicologique éventuelle.

Quant aux champs électromagnétiques, deux laboratoires existent : le CRIIREM et un laboratoire européen traitant aussi de biologie. Une fois le diagnostic effectué, il devrait être possible de s'adresser à un réseau d'électriciens aptes à réduire ces champs à partir de mesures (Alterlec par exemple). A titre d'illustration il a été précisé qu'il est très mauvais de faire passer un câble électrique sur une poutre en bois.

L'ARENE aimerait pouvoir étendre cette étude grâce à une campagne tandis que l'EDIF travaille, elle, sur la précarité énergétique à travers ses conséquences sur la santé. A cet égard, il est important de détecter les impayés qui ont des conséquences sanitaires et d'améliorer les logements.

En terminant, M. Emmanuel POUSSARD a précisé que l'EDIF était une association comptant trois salariés qui venait de se positionner sur les étiquettes bâtiment au delà du seul aspect énergétique afin de dresser des bilans en amont et de rediriger vers d'autres acteurs.

Documents de référence :

ENERGIE DURABLE ILE-DE-FRANCE (EDIF)

- Diagnostic environnement, méthode simplifiée pour des co-propriétés, étude de faisabilité technico-économique, rapport final, avril 2006

AGENCE RÉGIONALE DE L'ENVIRONNEMENT ET DES NOUVELLES ÉNERGIES D'ILE-DE-FRANCE (ARENE)

- Améliorez la qualité de l'air intérieur, polluants dans les bâtiments : identifiez les meilleures techniques de prévention, détection et réduction des concentrations, Actualité 2005 du bâtiment, Edition Formation Entreprise, 24 et 25 mai 2005

- « Quelle prévention des risques sanitaires pour les projets HQE ? », Programme et synthèse, Forum régional de la Haute Qualité environnementale, rencontre n°2 du 17 mars 2003