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A quoi sert le baccalauréat ?

 

3. Le baccalauréat face à la démocratisation

Avec l'adoption de la loi n° 75-620 du 11 juillet 1975 relative à l'éducation, dite « loi Haby », l'enseignement secondaire entre dans l'ère de la démocratisation. La conséquence mécanique de la création du collège unique est en effet l'augmentation progressive du nombre d'élèves dans les lycées. Sans doute tous les collégiens ne poursuivront-ils pas leur scolarité au-delà de la 3e, mais les effectifs d'élèves dans le secondaire supérieur ne peuvent néanmoins que croître.

LES CHIFFRES DU BACCALAURÉAT : LES ANNÉES 1970

En 1970, 249 120 candidats se présentent au baccalauréat, mais ils ne sont que 167 307 à l'obtenir, soit un taux de réussite de 67,2 %.

Parmi ces nouveaux bacheliers, on dénombre 28 600 titulaires du nouveau baccalauréat technologique, qui pour la deuxième session de ce nouvel examen réussissent légèrement moins que leurs camarades du baccalauréat général. 59,1 % des candidats obtiennent en effet ce nouveau diplôme technologique.

Tout au long des années 1970, le nombre des candidats continue à augmenter. En 1979, ils sont ainsi 337 023 à se présenter au baccalauréat et 216 167 à l'obtenir, dont 61 009 candidats aux baccalauréats technologiques.

C'est pourquoi la loi précitée, qui portait sur l'ensemble du système éducatif, ne pouvait que comporter également des dispositions relatives au baccalauréat. Celles-ci, introduites sur la proposition de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l'Assemblée nationale, précisaient en son article 5 que « la formation secondaire peut être prolongée dans les lycées en associant, dans tous les types d'enseignement, une formation générale et une formation spécialisée. Elle est sanctionnée :

- soit par des diplômes attestant une qualification professionnelle qui conduisent éventuellement à une formation supérieure ;

- soit par le diplôme de bachelier de l'enseignement secondaire, qui peut comporter l'attestation d'une qualification professionnelle.

L'examen du baccalauréat de l'enseignement secondaire sanctionne une formation équilibrée et comporte :

- la vérification d'un niveau de culture définie par les enseignements des deux premières années des lycées ;

- le contrôle de connaissances spécialisées dans des enseignements suivis par l'élève en dernière année. Ce contrôle est effectué indépendamment dans chacun de ces enseignements. »

Ces dispositions avaient deux objets principaux :

- rappeler que le baccalauréat était un examen et qu'à ce titre, il ne pouvait être délivré au vu des seules notes de contrôle continu ;

- prévoir une nouvelle structure du second cycle du secondaire, en organisant les classes de seconde et de première autour des enseignements communs à tous les élèves, l'année de terminale étant quant à elle essentiellement optionnelle et amorçant ainsi une spécialisation préparant à l'entrée dans l'enseignement secondaire.

Les dispositions précitées se situaient donc dans l'orbe de l'esprit général de la loi Haby : unifier largement le système éducatif, tout en permettant, en fin du secondaire, la différenciation des parcours.

Ces dispositions sont toutefois restées inappliquées et cette inapplication même témoigne des difficultés rencontrées par le ministère de l'éducation nationale afin de mettre en place une structure de la scolarité secondaire qui parvienne tout à la fois à définir un coeur commun aux formations du deuxième cycle du lycée et à permettre toutefois une même spécialisation8(*).

* 8 Ces dispositions demeurent encore en vigueur, puisqu'elles ont été codifiées aux articles L. 333-2 et L. 334-1 du code de l'éducation.