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A quoi sert le baccalauréat ?

 

B. L'ORGANISATION MATÉRIELLE DES ÉPREUVES ET LA « RECONQUÊTE DU MOIS DE JUIN »

1. Des efforts inédits pour permettre aux cours de se poursuivre malgré le déroulement des épreuves

Une fois les sujets convoyés vers les centres d'examen, sous la garde vigilante des personnels des services des examens et concours qui accompagnent ces tournées, le plus souvent à des heures particulièrement matinales, ils sont conservés par le chef de centre, avant d'être ouverts au jour et à l'heure prévus.

Le chef de l'établissement désigné comme centre d'examen assume la fonction de chef de centre, qu'il ne peut en aucun cas déléguer. A ce titre, il est responsable de la bonne organisation du centre, de la distribution des sujets, du classement et de la transmission des copies vers les centres de jurys.

Le baccalauréat se passe en effet le plus souvent dans les établissements scolaires. En conséquence, l'année scolaire se trouvait bien souvent interrompue au début du mois de juin pour tous les élèves des lycées ou des cités scolaires concernés.

En effet, outre l'occupation des locaux, la mobilisation des enseignants pour les tâches de surveillance ou de correction rendait fort difficile la poursuite des enseignements pour les élèves de classes de seconde et, dans une moindre mesure, de première.

Cette utilisation des locaux scolaires avait toutefois une conséquence indirecte : elle contribuait à rendre plus difficile l'évaluation du coût du baccalauréat. En effet, la mobilisation des établissements permettait de disposer des salles nécessaires à coût direct nul, même si l'absence d'enseignement au-delà du début du mois de juin constituait un coût indirect pour la communauté éducative. Par ailleurs, la majeure partie des enseignants chargés de corriger les copies ou de faire passer les oraux n'assurant plus d'heures de cours pendant cette période, faute de salles et donc d'élèves, la rémunération des fonctions de correcteur et d'examinateur pouvait demeurer faible, les professeurs percevant déjà leur traitement par ailleurs.

LE COÛT DU BACCALAURÉAT

Le ministère de l'éducation nationale évaluait à 38 millions en 2006 le coût de l'organisation du baccalauréat, soit un coût moyen par élève :

- de 55,4 € dans les séries générales ;

- de 71,4 € dans les séries technologiques ;

- de 61,2 € dans les séries professionnelles.

Toutefois, cette évaluation restait partielle, puisqu'elle n'intégrait ni les dépenses de rémunération des personnels chargés du baccalauréat dans les services des examens et concours des académies, ni l'ensemble des coûts que l'éducation nationale n'avait pas à assumer du fait de la mobilisation de ses propres locaux et de ses propres enseignants, ni les divers frais assumés par les rectorats eux-mêmes. Comme l'a souligné l'audit de modernisation précité, il serait donc bon de suivre de manière plus détaillée les coûts effectifs des examens, en intégrant l'ensemble des dépenses qui peuvent faire l'objet d'une estimation sérieuse.

Afin de ne pas priver de cours l'ensemble des élèves de lycée au moins de juin, la session 2008 du baccalauréat voit l'expérimentation d'une nouvelle organisation des épreuves, qui doit permettre de « reconquérir » le mois de juin.

Sous ce vocable commun sont regroupées deux opérations distinctes :

- le calendrier global des épreuves du baccalauréat est décalé d'une semaine environ dans l'ensemble des académies, offrant ainsi un temps supplémentaire d'études pour les élèves de Seconde et de Première ;

- dans 15 départements, un nouvelle organisation des épreuves est mise en place afin de permettre aux cours de se poursuivre au-delà du début des épreuves du baccalauréat, en utilisant plus largement les capacités d'accueil des établissements publics et privés sous contrat, en libérant autant que faire se peut les enseignants des tâches de surveillance et en faisant appel à des correcteurs plus nombreux.

Cette expérimentation met en évidence les contraintes que fait peser sur les établissements l'organisation du baccalauréat, qui augmentent avec le nombre d'épreuves passé par les candidats. Il paraît toutefois difficile de les alléger, sauf à revoir la maquette de l'examen lui-même.