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A quoi sert le baccalauréat ?

 

3. Des sujets qui sont systématiquement « cobayés » par des enseignants

Une fois les projets de sujets rédigés, ils sont « cobayés » par au moins deux professeurs de lycée, qui disposent, pour traiter les énoncés, d'un temps égal au maximum aux trois quarts de celui de l'épreuve. Ces enseignants sont eux aussi choisis de manière à représenter la diversité des établissements et du corps professoral.

Cet essai a deux fonctions principales : il permet non seulement de repérer et d'éliminer toute erreur dans les énoncés, mais aussi d'apprécier le niveau de difficulté des exercices demandés.

Pour ce faire, les enseignants chargés du « cobayage » remplissent une fiche dont un exemple figure en annexe du présent rapport. Elle leur permet de signaler les éventuelles erreurs et de porter un jugement détaillé sur le sujet qui leur a été soumis.

Au vu des devoirs rédigés par les professeurs « cobayes » et des rapports qu'ils ont remis, les coprésidents de la commission décident de retenir définitivement le sujet ou de le modifier. Lorsque ces modifications sont substantielles, les énoncés font l'objet d'un nouvel essai.

4. Des recteurs en charge de la validation définitive du sujet

Une fois la version définitive du sujet arrêté, c'est-à-dire vers la fin du mois de janvier ou dans les premières semaines du mois de février précédant l'examen, il est présenté au recteur qui a seul compétence pour signer le bon à tirer, bien que celui-ci soit cosigné par les coprésidents de la commission.

Le dossier présenté à la signature du recteur comprend la maquette du sujet, les recommandations de correction et le cas échéant le barème, les rapports des professeurs d'essais ainsi que leurs devoirs rédigés et enfin le rapport des deux coprésidents.

Au vu de ces éléments, le recteur prend une décision dont il assumera seul les éventuelles conséquences. En cas d'erreur ou de difficultés suscitées par l'énoncé, il sera en effet personnellement responsable devant le ministre de l'éducation nationale.

Une fois l'accord du recteur obtenu, les sujets sont envoyés à l'ensemble des académies, au plus tard au cours du mois d'avril ou, plus rarement, de mai. Ils y sont reproduits, conditionnés puis stockés dans l'attente de leur convoyage vers les centres d'examens quelques jours avant les épreuves.

La surface représentée par l'ensemble des énoncés imprimés est impressionnante. Pour la session 2007, le SIEC avait ainsi reproduit et stocké l'équivalent de 6 380 864 pages équivalents A4 noires ainsi que 27 583 pages en quadrichromie. Au total, ce sont ainsi plus de 6 400 000 pages de sujets qui ont été imprimées pour la seule région parisienne.

L'ensemble de ces fonctions matérielles est à l'évidence assumée avec une grande méticulosité et un professionnalisme certain, que votre groupe de travail tient à saluer.

Cependant, la déconcentration de l'élaboration des sujets conduit à organiser des services des examens et concours dans toutes les académies et à démultiplier ainsi et la charge de travail et les coûts.

Il y aurait donc sans doute lieu d'étudier, comme le suggérait l'audit de modernisation précité, la possibilité de constituer une agence nationale de confection des sujets qui réunirait à la fois les compétences administratives des services académiques et le regard pédagogique que lui apportent les membres des commissions d'élaboration des sujets.

L'exemple même du SIEC, qui assume à lui seul 24 % de la production des sujets des baccalauréats général et technologique, alors qu'il ne bénéficie que de 20 % des crédits globaux témoigne de l'intérêt qui pourrait être attaché à une telle démarche.