b) Une activité nationale induite par les importations non négligeable

Les importations étant évaluées au prix de douane, les mesures précitées ne rendent pas compte, concernant les produits importés, de l'activité domestique engendrée en termes d'activité commerciale (marge commerciale) et de transport.

Or, l'activité domestique induite par les importations n'est pas négligeable. D'abord, au regard des marges commerciales qui représentent, en moyenne, 7,9 % du prix de vente puis, dans une moindre mesure, des marges de transport qui en représentent 1,1 % en moyenne :

DÉCOMPOSITION DES CONTENUS EN IMPORTATIONS

Poids dans la consommation finale des ménages

Importations corrigées

Réexportations

Marges commerciales

Marges de transport

Agriculture, sylviculture pêche

3,0

10,6

0,1

2,6

0,2

Industries de la viande et du lait

5,8

8,1

0,1

3,0

0,3

Autres industries agricoles et alimentaires

9,1

13,1

0,3

5,1

0,6

Habillement et cuir

4,2

38,9

0,8

22,0

0,9

Edition imprimerie

1,4

7,2

0,1

1,6

0,4

Pharmacie, parfumerie, entretien

2,8

24,8

0,6

9,4

0,5

Industries des équipements du foyer

5,3

34,5

0,4

17,0

1,0

Industrie automobile

5,9

36,8

1,4

5,3

0,6

Construction navale, aéronautique et fer

0,5

45,1

1,0

0,7

0,2

Industries des biens d'équipements mécaniques

0,3

33,2

0,6

5,1

0,6

Industries des biens d'équipements électriques

0,9

48,7

0,8

11,3

1,2

Industries des produits minéraux

0,4

17,0

0,2

4,4

1,3

Industrie textile

0,9

38,8

0,9

7,1

1,6

Industries du bois et du papier

0,6

26,6

0,5

4,0

1,1

Chimie, caoutchouc, plastiques

1,0

44,1

1,1

4,3

1,4

Métallurgie et transformation des métaux

0,5

29,6

0,7

2,7

0,8

Industrie des composants électriques

0,5

48,2

0,8

4,7

0,7

Production de combustibles et de carburants

4,4

38,5

0,1

5,2

0,9

Eau, gaz et électricité

3,2

0,4

0,0

0,0

0,0

Intermédiation financière

1,5

2,5

0,0

0,0

0,0

Assurances et auxiliaires financiers

3,5

2,5

0,0

0,0

0,0

Postes et télécommunications

2,6

2,5

0,0

0,0

0,0

Conseils et assistance

1,0

5,3

0,0

0,0

0,0

Services opérations

1,3

5,1

0,0

0,0

0,0

Recherche et développement

0,0

5,2

0,0

0,0

0,0

Activités récréatives, culturelles et sportives

3,3

3,3

0,0

0,0

0,0

Santé

2,1

0,2

0,0

0,0

0,0

Ensemble

100

13,9

0,2

7,9

1,1

Note : données issues du TES 40 pour l'année 2005. Les 3 premières colonnes expriment des résultats en % des biens consommés. Les colonnes 4 et 5 du tableau sont en % des biens importés.

Source : OFCE, données INSEE

L'activité domestique directement induite par les importations n'est donc pas négligeable. Elle s'élève à 9 euros pour 100 euros de consommation importée. Dans cette mesure, les importations directement consommées engendrent ainsi des richesses indirectes produites sur le territoire national.

Cette observation est à ajouter à la réflexion menée supra sur la façon dont le niveau des importations témoigne de l'inscription du processus de production dans la mondialisation et peut conditionner la réalisation de gains de compétitivité susceptible de faire gagner des parts de marché aux économies qui, comme l'Allemagne, s'intègrent pleinement dans la globalisation 25 ( * ) .

Il apparaît que, dans leur ensemble, les marges commerciales sont corrélées au taux de pénétration du secteur considéré ; elles s'élèvent ainsi, par exemple, à 17 % du prix de vente pour l'industrie des équipements du foyer (dont le taux de pénétration corrigé des exportations est de 34,5 %) et seulement à 3 % pour les industries de la viande et du lait (avec un taux de pénétration corrigé des exportations de 8,1 %).

* 25 Les consommations intermédiaires représentent une forte proportion des coûts de production tandis que les coûts salariaux ne s'élèvent dans l'industrie allemande qu'à moins de 50 % de l'ensemble des coûts. Sur les effets de compétitivité de l'externalisation des processus de production, voir le complément A « Externalisation à l'étranger et performance à l'exportation de la France et de l'Allemagne », par Hélène Erkel-Rousse et Marguerite Garnero, du récent rapport du Conseil d'analyse économique « Performance à l'exportation de la France et de l'Allemagne », par Lionel Fontagné et Guillaume Gaulier.

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